Malades jeunes : qu’en pensent les spécialistes des personnes âgées ? (1)

Laëtitia Ngatcha-Ribert, sociologue et chargée d’études au pôle Etudes et recherches de la Fondation Médéric Alzheimer, a analysé l’avis personnel de trois cents professionnels ayant répondu à l’enquête sur les malades jeunes hébergés en structure collective. Elle en livre la synthèse dans un article au sein du dernier numéro de La Lettre de l’Observatoire de la Fondation Médéric Alzheimer. Dans les établissements pour personnes âgées, les professionnels indiquent que les malades jeunes auraient besoin d’un accompagnement plus soutenu et plus diversifié : « on n’aborde pas quelqu’un de moins de soixante ans comme quelqu’un de quatre-vingts ans. La singularité de l’individu reste essentielle avant tout au regard de sa pathologie », affirme l’un des répondants. La force physique des plus jeunes serait susceptible d’effrayer les plus âgés. L’ « intégration » des malades jeunes pose problème en terme de vie sociale, de temps sociaux (animation, sorties, activités physiques), le risque de dépression est accru, ce qui nécessite un suivi psychologique renforcé. Il apparaît « particulièrement important de bien connaître l’histoire de vie du résident et de cultiver le lien avec la famille ». La mixité des populations (jeune et âgée) fait débat, et les freins administratifs, juridiques et financiers constituent des obstacles importants à l’accueil des malades jeunes dans des structures collectives pour personnes âgées.

Ngatcha-Ribert L, in : Hébergement des malades Alzheimer jeunes en structure collective en France en 2011 (Fontaine D, coord.). La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°21, septembre 2011. www.fondation-mederic-alzheimer.org/fre/Observatoire-national-et-international/La-Lettre-de-l-Observatoire.

Malades jeunes : qu’en pensent les spécialistes des adultes handicapés ? (2)

Les établissements pour adultes handicapés, quant à eux, sont confrontés au vieillissement de leurs résidents. La maladie d’Alzheimer peut constituer une complication des handicaps d’origine, notamment chez les personnes trisomiques. « L’importance du handicap mental rend le diagnostic difficile, voire impossible », et il semble également « illusoire » de distinguer le vieillissement normal du vieillissement pathologique.  Dans ces établissements, le personnel se situe dans le registre éducatif et non dans celui du soin, ne pouvant assurer un suivi médical. La notion de sécurité est largement évoquée pour des personnes qui perdent leurs repères spatio-temporels. En termes d’orientation vers des structures plus adaptées, les malades jeunes sont bien souvent pris entre deux feux : ils sont trop âgés pour les foyers d’accueil médicalisés et trop jeunes pour les maisons de retraite. Certains répondants évoquent les éléments nécessaires au bon accueil de malades Alzheimer jeunes : disposer de locaux adaptés et sécurisés, mettre en place des repères visuels, former les personnels, disposer de petites unités ou de petits pavillons (de six à huit personnes), avoir un taux d’encadrement plus important ainsi qu’un projet de vie et de soins spécifiques.

Ngatcha-Ribert L, in : Fontaine D et al. Hébergement des malades Alzheimer jeunes en structure collective en France en 2011. La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°21, septembre 2011. www.fondation-mederic-alzheimer.org/fre/Observatoire-national-et-international/La-Lettre-de-l-Observatoire.

Malades jeunes : qu’en pensent les professionnels des hôpitaux psychiatriques ? (3)

Les professionnels rappellent d’abord que les hôpitaux psychiatriques ne constituent qu’une solution de courte durée en attente d’un hébergement. Le retour à domicile apparaît très complexe pour certains patients. La prise en charge en psychiatrie se fait « par défaut », en raison du manque de places, de lieux adaptés ou de solutions alternatives à la psychiatrie. En raison notamment de leurs troubles du comportement, les malades jeunes sont refusés par des établissements censés être plus mieux adaptés que les hôpitaux. La question de l’agressivité se pose, notamment à l’égard des soignants, souvent de la même génération, ou à l’égard des autres patients. La nécessité et le manque d’un personnel formé sont jugés « évidents ». La prise en charge des malades jeunes atteints de maladie d’Alzheimer n’est pas « le métier » des professionnels des hôpitaux psychiatriques : « il faut un hébergement médicalisé avec un accompagnement éducatif, paramédical suffisant et une bonne inscription dans la cité. Ces dispositifs manquent », regrette un répondant.

Ngatcha-Ribert L, in : Fontaine D et al. Hébergement des malades Alzheimer jeunes en structure collective en France en 2011. La Lettre de l’Observatoire des dispositifs de prise en charge et d’accompagnement de la maladie d’Alzheimer n°21, septembre 2011. www.fondation-mederic-alzheimer.org/fre/Observatoire-national-et-international/La-Lettre-de-l-Observatoire.

Coordination

La FFAMCO (Fédération française des médecins coordonnateurs) et la FNADEPA (Fédération nationale des associations de directeurs au service des personnes âgées) ont signé une convention nationale concernant notamment l’organisation de journées thématiques communes, des échanges informels sur l’actualité, des actions formelles de prise de position communes, l’élaboration et la diffusion d’outils à destination des établissements adhérents, la recherche et les enquêtes cliniques, épidémiologiques et médico-économiques en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

www.agevillagepro.com, 19 septembre 2011.

Hôpital de jour : centre expert Alzheimer

Nora Berra, secrétaire d’Etat chargée de la Santé et Mireille Faugère, directrice générale de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, ont inauguré les nouveaux locaux de l’hôpital de jour d’évaluation gérontologique de l’hôpital Broca de Paris, labellisé dès 2002 centre expert dans l’évaluation et la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés. Le centre est partenaire de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer à la Pitié-Salpêtrière. En 2010, le centre a réalisé quatre mille consultations externes, et pris en charge huit cents personnes. Outre l’activité de consultation mémoire de proximité et de recours, l’hôpital de jour est aussi le support clinique d’une activité de recherche dirigé par les professeurs Anne-Sophie Rigaud et Olivier Hanon.

www.agevillage.com, 3 octobre 2011.

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