Quatre professions impliquées dans la maladie d’Alzheimer

En 2011 et 2012, la Fondation Médéric Alzheimer a réalisé des enquêtes auprès de quatre professions : les ergothérapeutes, les orthophonistes, les psychomotriciens et les psychologues. Ce choix repose sur un constat : ces professionnels apportent des contributions spécifiques et complémentaires dans l’accompagnement des personnes présentant une maladie d’Alzheimer. Les résultats de ces enquêtes ont permis de mieux faire connaître leurs pratiques (intervention, approche thérapeutique, relation avec les autres intervenants ou les familles), leurs questionnements et leurs difficultés.

Aquino JP, Fontaine D, Ngatcha-Ribert L. Quatre professions impliquées dans la maladie d’Alzheimer. Revue de gériatrie 2013 ; 38 : 111-121. Février 2013. www.revuedegeriatrie.net/index.php.

Maisons de retraite : nouveaux concepts (1)

Comment penser les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) du futur ? Pour Colette Eynard, consultante en gérontologie, « les EHPAD ne doivent plus avoir une place centrale, même s’ils peuvent continuer à jouer un rôle » : « Le premier pas à franchir consisterait à sortir de l’opposition stérile entre le domicile (celui qu’on a choisi il y a plus ou moins longtemps) et l’EHPA, vécu comme une fatalité à laquelle seule la chance nous permet d’échapper. Ce qu’il nous faut à l’avenir, ce sont des lieux d’habitation individuels ou collectifs et des lieux ressources qui permettent des allers et retour entre le domicile et des lieux de répit et de soin. Mon rêve pour le futur est que les petites unités – je préfèrerais dire appartements collectifs – soient présentes un peu partout sur le territoire, que les parcours de vie soient de vrais parcours résidentiels ». Pour Philippe Denormandie, directeur adjoint du groupe Korian, qui développe actuellement les séjours temporaires en EHPAD, « les offres doivent être complémentaires, sans être binaires comme elles le sont actuellement, sans réelle alternative entre le domicile et l’établissement ». Éléonore Yon, chef du service actions autonomie au Conseil général de l’Oise, décrit quant à elle un concept d’ « EHPAD hors les murs », né d’une démarche de dix élus locaux, visant à développer une plateforme de services à domicile donnant de la visibilité à l’action du secteur médico-social et à organisant une coordination clinique de proximité. Daniel Zielinski, délégué général de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS), met en avant le rôle que pourraient jouer dans un futur proche les logements-foyers, qui n’ont pas pu mobiliser les moyens nécessaires à leur modernisation et devront se départir de leur image « vieillotte » pour être reconnus dans leur valeur ajoutée : une alternative entre le domicile et l’établissement médicalisé. Anne Sémard, directrice de l’association Agevie, reste quant à elle prudente quant au concept d’habitat regroupé, qui constitue une réponse parmi d’autres, dans le cadre de micro-projets adaptés aux besoins du territoire, sans être une réponse standardisée.

Eynard C et Denormandie P. « Il ne s’agit pas de démolir les EHPAD ». Documents Cleirppa 2013 ; 49 : 4-7. Février 2013. Yon E. Imaginer un EHPAD hors les murs. Documents Cleirppa 2013 ; 49 : 12-14. Février 2013. Sémard A. L’habitat regroupé : une formule d’avenir ? Documents Cleirppa 2013 ; 49 : 15-18. Février 2013.

Maisons de retraite : nouveaux concepts (2)

En Allemagne, le KDA (Kuratorium Deutsche Altershilfe), Conseil allemand pour « l’aide aux vieux », joue un rôle structurant dans la modélisation et l’évaluation de nouveaux concepts de maisons de retraite, rappelle Hélène Leenhardt, directrice d’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) qui propose une revue de cinq générations d’établissements allemands. La première génération, jusqu’au début des années 1960, est une « institution » où l’on « garde » le « pensionnaire/occupant ». L’hôpital est le modèle de la deuxième génération (1960-1970). La notion d’habitat prend de l’importance avec la troisième génération (années 1980), où l’établissement est pensé comme une résidence, où le résident est animé, stimulé, où la technique se fait plus discrète et où une vision globale de la personne s’impose progressivement. La quatrième génération met l’accent sur le modèle de la grande famille idéalisée, avec l’organisation des établissements en petites unités de vie (Hausgemeinschaft).  La cinquième génération, celle des « maisons de quartier » (Quartierhaus), vaplus loin : l’organisation en grande famille est bénéfique, mais ce n’est pas suffisant, il faut pouvoir en sortir, tant pour se retirer dans un espace privé que pour participer à la vie de la cité.

Leenhardt H. Déjà la cinquième génération d’établissements en Allemagne. Documents Cleirppa 2013 ; 49 : 22-24. Février 2013. www.kda.de/, mars 2013.

Résidences services en centre-ville

À Rotterdam (Pays-Bas), le rapport Pinville relève que c’est en 1996 qu’a été inauguré un bâtiment conçu à l’initiative de la Fondation Humanitas, bailleur social subventionné par les pouvoirs publics. Cet ensemble immobilier est situé dans le quartier du Vieux Nord, en plein centre-ville. Il comprend notamment cent quatre-vingt-quinze appartements indépendants ainsi qu’un centre de court séjour pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (ou de pathologies apparentées). La gestion de cet immeuble a été confiée à la Fondation Humanitas, qui y fait intervenir d’autres organismes, y compris les services sanitaires et sociaux de la ville de Rotterdam. Ce qui distingue ce bâtiment, c’est à la fois sa conception architecturale et son ancrage dans le tissu urbain environnant. Les fonctions sont bien distinctes selon les étages de l’immeuble. Au rez-de-chaussée se retrouvent les différents services de soins, avec des intervenants professionnels dédiés (infirmiers, médecins, kinésithérapeutes, orthophonistes). Ces services sont accessibles aux résidents, soit sur place, soit à leur domicile. Un grand centre commercial se trouve également à ce niveau, ce qui permet d’ouvrir le bâtiment sur le quartier dans lequel il est implanté. Toujours au rez-de-chaussée, les habitants du quartier peuvent bénéficier de plusieurs lieux de garde pour leurs enfants. Ces services s’adaptent en outre à la diversité du quartier en proposant des lieux adaptés aux contextes culturels d’origine (avec en particulier des intervenants qui respectent les modes de vie et la langue dans laquelle les parents souhaitent élever leurs enfants). Au premier étage se situe l’atrium, un bassin de plus de cinquante mètres de long, contenant cent soixante mètres cubes d’eau, dans lesquels nagent des poissons d’ornement. Un restaurant a été installé à ce niveau, de même que plusieurs cafés où les résidents et les habitants du quartier peuvent se retrouver tout au long de la journée. C’est également à ce niveau qu’ont lieu les activités sociales : conférences, marché de Noël, cours d’informatique pour tous les âges, célébration des anniversaires. On trouve également au premier étage les services administratifs d’aide et d’information aux personnes âgées et à leurs proches (sur les questions relatives au logement, aux prestations sociales, etc.). Les étages suivants sont dédiés aux logements des personnes âgées.

Pinville M. Relever le défi politique de l’avancée en âge. Rapport remis au Premier ministre. Paris : Documentation française. 81 p. 11 mars 2013. www.ladocumentationfrancaise.fr/docfra/rapport_telechargement/var/storage/rapports-publics/134000174/0000.pdf.

Soins infirmiers à domicile

Une large majorité (73%) de services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) « déclarent recueillir l'assentiment des personnes atteintes de troubles cognitifs lorsque celles-ci ne sont pas en mesure de formuler leur consentement à la prise en charge, alors que 25% recueillent uniquement celui de la famille », selon une enquête de la Fondation Médéric Alzheimer, réalisée en 2012 auprès de plus de mille six cents services. Deux services sur trois (64%) déclarent avoir été souvent confrontés à des situations d'épuisement des aidants familiaux. Plus de la moitié des services (60%) indiquent aussi avoir « été parfois conduits à limiter la liberté d'action ou de mouvement de la personne pour des raisons de sécurité », tandis que 51% des SSIAD ayant répondu au questionnaire de la Fondation rapportent « avoir été confrontés à des cas de négligence ou de maltraitance ». Une formation spécifique pour la prise en charge des personnes présentant des troubles cognitifs a été suivie par 84% des personnels, pour qui la principale difficulté réside dans « les troubles de l'humeur et du comportement »des personnes aidées. Enfin, près d'un tiers des SSIAD (29 %) ont été amenés, en 2011, à suspendre ou interrompre leurs prestations auprès de personnes atteintes de troubles cognitifs et, dans 58 % des cas, « à cause du refus des soins exprimé par la personne ».

Actualités sociales hebdomadaires, 8 mars 2013. Association de tutelle et d’intégration d’Aquitaine, Conseil général de Seine-Maritime, 11 mars 2013.

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