Qualification professionnelle, droits de l’homme

La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) recommande « un accompagnement au plus proche des équipes, par des professionnels qualifiés, qui peuvent apporter une écoute et un soutien, et peuvent identifier ou prévenir les risques d’une souffrance exprimée ou sous-jacente. » La CNCDH recommande également « qu’une plus grande importance soit donnée à la nécessité de dispenser des formations tout au long de la carrière du personnel, afin d’actualiser les pratiques professionnelles. Le personnel employé pour une période de courte durée doit également bénéficier d’une formation. »

Commission nationale consultative des droits de l’homme. Avis sur l’effectivité des droits des personnes âgées. 27 juin 2013.

Silver economy : quel enjeu pour la gériatrie ?

« Après des discussions non achevées entre la protection collective et le care (fondé sur une solidarité interpersonnelle), la silver economy semble être une voie alterne qui autorise à poser l’équation de manière différente et moins conflictuelle par rapport à la professionnalisation des métiers du service à la personne. L’émergence de ce secteur provoque des positions contrastées », écrit le Professeur Gilles Berrut, chef de service de médecine aigüe gériatrique au CHU de Nantes et nouveau président de la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG). « Pour les uns, il s’agit d’un concept facile. Des gadgets seront proposés par un secteur marchand toujours avide d’aubaines qui, à grand renfort de communication bien huilée, crée un segment de marché, ou de consommation, visant un public de seniors aisés. » Pour d’autres, et c’est évidemment le discours institutionnel, ces nouveaux produits et services seront des promoteurs de synergies entre recherche et entreprises nationales et la création de métiers et emplois nouveaux. « Les médecins gériatres et les professionnels paramédicaux de la gériatrie observent ce mouvement de manière dubitative », constate Gilles Berrut. S’agit-il des personnes âgées qu’ils côtoient ou des seniors argentés, est-ce que les gadgets du domicile sont des menaces ou des outils pour améliorer leur qualité de travail, est-ce que les personnes âgées seront in fine bénéficiaires ? Il est trop tôt pour répondre à toutes ces questions. Ce qui semble déjà sûr, c’est la nécessité de convaincre que la recherche et le développement dans ce domaine doivent s’appuyer sur les connaissances, les concepts et le savoir-faire acquis par la discipline de gériatrie ; c’est l’importance de distinguer handicap et vieillissement dans la validation des produits, et, de manière urgente, c’est la nécessité que soient construits avec les gériatres des critères de qualité pour tous les produits et services afin de garantir une qualité de service rendu pour les personnes âgées. »

Berrut G. La silver economy : un enjeu pour les gériatres ? Editorial. Geriatr Psychol  Neuropsychiatr Vieil 2013 ; 11(2) : 116.

Panorama du secteur médico-social

L’Agence nationale d’appui à la performance (ANAP), avec la participation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), propose une publication visant à mieux faire comprendre aux professionnels la complexité et la richesse du secteur médico-social. La première partie s’adresse plus particulièrement aux acteurs du champ sanitaire. La seconde partie présente les principales perspectives de ce secteur et les conditions, identifiées par des gestionnaires médico-sociaux eux-mêmes, pour faciliter l’évolution et l’adaptation des établissements et services intervenant auprès des personnes âgées et des personnes handicapées : axes de simplification et/ou de clarification pour mieux adapter l’offre de services, initiatives que les opérateurs pourraient d’ores et déjà envisager (dynamique collective, coopérations, outils nécessaires), leviers pouvant faciliter le changement au sein des organisations médico-sociales.

Agence nationale d’appui à la performance, Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie. Le secteur médico-social - Comprendre pour agir mieux. 138 p. Juillet 2013.www.anap.fr/uploads/tx_sabasedocu/secteur_medicosoc_comprendre_pour_agir_mieux.pdf (texte intégral).

Accompagnateur à la mobilité

Promenades, démarches administratives, courses : l’accompagnateur à la mobilité accompagne les personnes âgées, malades ou handicapées dans leurs déplacements au quotidien. Ce métier, encore mal défini, se développe essentiellement dans les entreprises de services à la personne. Le marché se développe notamment grâce au dispositif « Sortir plus », expérimenté en France depuis 2002, qui finance les transports de personnes âgées de plus de quatre vingts ans hors de leur domicile, pour des raisons utilitaires ou de loisirs, via des prestataires agréés. Cette fonction n’est répertoriée dans aucune convention collective. L’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles) estime qu’ »il n’existe pas de métier spécifique émergent dans ce secteur » : « les aides à domicile exercent naturellement cette fonction qui fait partie intégrante de leur fiche de poste ». Pour Didier Duplan, directeur général adjoint de la fédération Adessadomicile, l’accompagnement se doit d’être global, et « il n’est pas nécessaire de le segmenter en multipliant les intervenants ».

Direction(s), juillet-août 2013.

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