Echecs des traitements médicamenteux (1) Juillet-Août 2010
Échos d'ailleurs
Pfizer Inc., Johnson & Johnson et une demi-douzaine de laboratoires se sont engagés dans une stratégie de recherche de candidats médicaments concernant la maladie d’Alzheimer qui a abouti à une série d’échecs, le plus récent impliquant Eli Lilly & Co.
En effet, une douzaine de traitements potentiels visant à ralentir ou arrêter les dépôts de protéines dans le cerveau, ont échoué à mi-essai ou en fin d’essai depuis 2003 (traitements expérimentaux de GlaxoSmithKline, Astra Zeneca, Martek Biosciences Corp., Laboratoires Abbott, Pfizer, Medivation Inc. et Myriad Genetics Inc.). Le médicament expérimental de Lilly (semagacestat) n’a pas amélioré les fonctions cognitives et a même aggravé la capacité des patients à effectuer des activités de la vie quotidienne. Les deux mille six cents personnes participant à l’essai continueront à être suivies. L’échec de Lilly, qui s’ajoute à d’autres essais infructueux depuis sept ans, remet en question la recherche en cours sur des traitements similaires, et laisse le patient avec peu d’espoir. Les actions Lilly ont perdu 2.3% à l’annonce de l’abandon de l’essai clinique. Les chercheurs s’inquiètent pour l’avenir. Lilly a dépensé des centaines de millions de dollars pour ce développement, et il pourra s’écouler encore dix ans ou plus pour savoir si un nouveau traitement sera efficace. Pour Samuel Gandy, du centre médical Mount Sinai de New York, « les échecs n’apportent ni énergie ni enthousiasme. Le marché est toujours là, mais les échecs l’affaiblissent ». La méthodologie des essais fait aussi débat.
news.businessweek.com, www.nytimes.com, 18 août 2010.