Robots compagnons : peuvent-ils apporter un soutien psychologique ?

Kerstin Dautenhahn, professeur d’intelligence artificielle et ses collègues, de l’École des sciences informatiques et de l’École de santé et de travail social de l’Université du Hertfordshire (Royaume-Uni), ont demandé à des résidents de maison de retraite ce que pourrait leur apporter un robot, que l’aide humaine n’apporte pas.  L’une des résidentes répond que le plus important pour elle est l’accompagnement psychologique : « que je puisse me sentir une belle personne au fond de moi, qu’il m’encourage, qu’il rende les choses différentes… Je veux danser avec lui. J’aimerais que le robot puisse bavarder et qu’il fasse un signe de la tête pour montrer qu’il m’a entendue. » Si les auteurs ne plaident pas pour que les robots remplacent les aidants ou le contact humain en général, ils estiment que dans des situations où le contact humain est très faible, les robots pourraient aider les personnes à se sentir moins seules, à travers une interaction directe avec le résident, ou en tant que médiateur entre résidents  ou entre résidents et aidants. L’article, présenté au quatrième symposium sur l’interaction homme-robot de l’Université de Cantorbéry, est intitulé : « y a-t-il quelqu’un qui veuille me parler ? »

Dautenhahn K et al. Does anyone want to talk to me? – Reflections on the use of assistance and companion robots in care homes. 4th International Symposium on New Frontiers in Human-Robot Interaction. 21-22 avril 2015, Canterbury (Royaume-Uni). www.cs.kent.ac.uk/events/2015/AISB2015/proceedings/hri/18-Dautenhahn-doesanyonewant.pdf (texte intégral).

Robots d’assistance personnelle : interaction vocale

L’équipe d’Alex Mihailidis, de l’institut de réhabilitation de Toronto (Canada), a étudié les interactions vocales entre un robot mobile et dix personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, dans leur environnement domestique. La reconnaissance de la parole reste difficile, notamment lorsque les personnes malades réalisent des tâches de la vie quotidienne. Dans les comportements verbaux indiquant la confusion, les personnes malades ignorent le robot dans 40% des cas.

Rudzicz F et al. Speech Interaction with Personal Assistive Robots Supporting Aging at Home for Individuals with Alzheimer’s Disease.ACM Transactions on Accessible Computing (TACCESS) 2015; 7(2), Juin 2015. http://dl.acm.org/citation.cfm?id=2744206.

Représentation des objets : le design industriel des vêtements

Sonja İitanen, de l’École d’art, design et architecture de l’Université d’Aalto, et Päivi Topo, professeur de sociologie et gérontologie sociale à l’Université de Jyväskylä et directrice de l’Institut de l’âge de Finlande, décrivent les processus de représentation des objets à partir de trois études de design industriel des vêtements centré sur le vieillissement et la démence. Cette approche « facilite la discussion portant sur des objets concrets et sur des questions sensibles comme la personnalisation et les relations de pouvoir.

İitanen S et Topo P. Object elicitation in interviews about clothing design, ageing and dementia. J. Design Res 2015; 13(2): 167-184. Juin 2015. www.inderscience.com/info/inarticle.php?artid=69759/

Le médico-social doit passer au numérique

« Qui aurait imaginé que des jeux vidéo viendraient soutenir la mémoire qui se fragilise ? Que nous serions facilement connectés à une vingtaine d'objets sur nous (téléphones, tablettes, bracelets) ou chez nous (capteurs, domotique...) ? Que les serious games (jeux sérieux) ou les robots de compagnie, s'installeraient à domicile et en EHPAD (même si la recherche scientifique doit encore attester de leur impact) ? » interroge Annie de Vivie, d’Agevillage, pour qui « il semble évident que le secteur médico-social ne pourra plus se passer des technologies et du numérique », qui devrait « soulager un secteur en tension » en raison d’une démographie médicale en berne et l’explosion des besoins d'aide et de soins. Mais douze ans après la grande canicule, alors qu'un nouvel épisode de forte chaleur s'installe dans notre pays, des systèmes d'assistance à distance font encore souvent défaut. Remplaceraient-ils la relation humaine directe ? Annie de Vivie n’en est pas sûre : « celle-ci n'est pas financée non plus. On compte beaucoup sur l'implication des professionnels et la bonne volonté des citoyens, des voisins, des aidants. Autre frein au développement du numérique : les systèmes ne sont pas interopérables. Le dossier de soin de l'hôpital ne parle pas avec celui du médecin traitant, ni avec le système de suivi du service à domicile ou du CLIC (centre local d'information et de coordination gérontologique). Chacun investit alors dans son propre système d'information.  Et quid du secret professionnel ou du risque liés aux big data (traitement des données de masse) : qui héberge ces données ? Comment sont-elles protégées ? A qui pourraient-elles servir ? Sans parler du coût de ces technologies, de leur maintenance, de leur hébergement sécurisé et surtout de la formation des utilisateurs. Qui investira dans le matériel, les logiciels, leurs mise à jour et dans la formations des utilisateurs ? »

www.agevillagepro.com, 29 juin 2015.

Retour haut de page