Aide à l’habillage

Aux Etats-Unis, Diane Mahoney, directrice du centre de recherche et développement en gérontechnologies à l’Institut des professions de santé du Massachusetts General Hospital à Boston (Etats-Unis), en collaboration avec des infirmières et des informaticiens du groupe de recherche en environnement motivationnel de l’Université d’État de l’Arizona (Etats-Unis), ont interrogé vingt-cinq aidants familiaux de personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sur les difficultés rencontrées durant l’aide à l’habillage. Les aidants ont évoqué le besoin d’une assistance pratique pour réduire leur frustration quant au temps passé à répéter des instructions et aux « luttes de pouvoir » quand la personne malade doit s’habiller. Les ingénieurs ont développé une application prototype d’ « aide intelligente affective à l’habillage tenant compte du contexte » (smart dresser context aware affective system). Les vêtements sont équipés de puces électroniques pour les identifier. Une tablette numérique iPad, mimant un écran de télévision familier, donne à la personne en train de s’habiller des indices audio-visuels sur la façon d’associer les vêtements du haut et des vêtements du bas. Le système permet actuellement l’identification correcte de 100% des chemises et de 50% à 82% des pantalons, selon des scénarios d’habillage préalablement définis.

Mahoney DF et al. Prototype Development of a Responsive Emotive Sensing System (DRESS) to aid older persons with dementia to dress independently. Gerontechnology 2015 ; 13(3) : 345–358. 27 août 2015. www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4551505/pdf/nihms715181.pdf(texte intégral).

Promouvoir l’expérience de soi

Pour Andrea Bosco et Giulio Lancioni, du département des sciences de la formation, de la psychologie et de la communication à l’Université Aldo Moro de Bari (Italie), « les preuves scientifiques s’accumulent pour montrer l’importance des interventions de réhabilitation qui promeuvent la persistance du sentiment de soi chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence. Les technologies d’assistance peuvent contribuer au développement des interventions visant à améliorer les réponses d’adaptation à des demandes environnementales, ce qui, en retour, peut promouvoir la conscience de soi. Des interfaces capables d’enregistrer et de reproduire des contenus autobiographiques multimédia peuvent être très utiles durant les tâches de réminiscences proposées par les professionnels assurant le soutien de ces personnes. » Les auteurs proposent une revue sur le sujet.

Bosco A et Lancioni G. Assistive Technologies Promoting the Experience of Self for People with Alzheimer’s Disease. Rivista Internazionale di Filosofia e Psicologia 2015 ; 6(2) : 406-416. 31 juillet 2015. www.rifp.it/ojs/index.php/rifp/article/view/rifp.2015.0039/476 (texte intégral en anglais).

Photographie de l’environnement sur un journal numérique : précautions éthiques

Kate Irving, docteur en sciences infirmières, est responsable de la clinique Memory Works (« la mémoire travaille ») à l’Université de la Ville de Dublin (Irlande). Son équipe a étudié l’utilisation d’un appareil photographique porté par une personne atteinte de démence (SenseCam, qui capture jusqu’à trois mille images par jour), qui lui permet d’identifier des repères visuels et de l’encourager à partager ce dont elle se souvient. L’équipe s’est appuyée sur cette technologie pour stimuler la cognition de la personne malade avec pour seul objectif le maintien de son identité. L’équipe propose des recommandations et des limites d’utilisation de cette technologie pour le bien-être des personnes dans le respect des droits de l’homme.

Piasek P et al. Exploring Boundaries to the Benefits of Lifelogging for Identity Maintenance for People with Dementia. Int J Mobile Human Computer Interaction 2015; 7(4). Doi 10.4018/IJMHCI.2015100105. 6 juillet 2015. www.insight-centre.org/content/exploring-boundaries-benefits-lifelogging-identity-maintenance-people-dementia.

Manipulation d’objets : tableau mural interactif

« Les troubles de la déambulation et de la manipulation incessante d’objets sont un phénomène fréquent chez les personnes malades à un stade avancé de la maladie d’Alzheimer. Leur prise en charge est très complexe pour les institutions et peu de solutions satisfaisantes ont jusqu’à présent été proposées », écrivent Stéphanie Buisine et ses collègues, de l’Ecole d’ingénieurs Arts et Métiers Paris-Tech, en collaboration avec Christine Roosen et Christophe Trivalle, de l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif. Les chercheurs ont développé un « tableau interactif pour patients atteints de troubles sévères de la maladie d’Alzheimer (Tipatsma) », qui met à portée de main un support d’activités sensorimotrices et cognitives placé sur le parcours de déambulation. La conception et l’évaluation de ce dispositif ont été menées dans une démarche constructiviste, en définissant de façon conjointe le besoin et la solution tout au long du projet. Deux itérations successives ont permis de mieux cerner les besoins des personnes malades et d’apporter de nouvelles pistes d’amélioration des solutions proposées. Un prototype de première génération a été construit d’après les spécifications : stimuler les sens (vue, toucher, ouïe et odorat, le goût étant exclu pour des raisons d’hygiène et de faisabilité en environnement collectif) ; stimuler la motricité, en soutenant des activités d’exploration et des actions à réaliser porteuses d’effet ; prendre en compte la sécurité des personnes malades, le design et les matériaux devant inscrire le produit dans un univers non infantilisant, robuste et non dangereux. Devant la perplexité des personnes malades, une seconde génération de tableaux a été conçue, avec deux prototypes. Le premier, qui mêle esthétique industrielle, mécanique et domestique, est une composition de formes circulaires. Un cadran d’horloge abrite un jeu d’engrenages qui peuvent être mis en mouvement par une manivelle. Quatre pastilles lumineuses sont disposées sur la surface du tableau, commandées par des poussoirs et un variateur pour contrôler les couleurs et le rythme de variation. Des accroche-torchons proposent des carrés de textiles amovibles à emporter, à replacer. D’autres éléments peuvent être explorés : des boules de caoutchouc à presser, un panneau aimanté, un émetteur radio… Un cadran de téléphone rotatif rappelle une manipulation d’autrefois, associée au bruit caractéristique du disque qui se remet en place après la composition du numéro. Le second prototype, composé de formes linéaires, propose un circuit de manipulation sous forme de rails dans lequel circulent des boutons de porte. Lorsque le bouton arrive en butée, il illumine toute la branche. Un carillon mobile propose une activité musicale adaptée à des personnes ayant une dextérité réduite.

Duchossoy M et al. Conception de tableaux interactifs pour patients atteints de troubles sévères de la maladie d’Alzheimer (Tipatsma). NPG Neurologie Psychiatrie Gériatrie 2015 ; 15(89) : 281–289. Octobre 2015. www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1627483015000343. 

L’expérience du jeu

Hester Andriesen, de l’Université de technologie de Delft, et ses collègues de l’Université libre d’Amsterdam, de l’Université de Groningue et de l’Université Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas) ont souhaité savoir quelles étaient les expériences de jeu les plus adaptées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à ses différents stades. En s’appuyant sur une revue de la littérature de neuroimagerie, de neuropathologie et les essais cliniques, les auteurs ont identifié vingt-deux expériences de jeu. Chez toutes les personnes malades, quel que soit le degré de sévérité de la maladie, les expériences basées sur la sensation, la relaxation et la réminiscence semblent appropriées. Aux stades léger à modéré de la maladie, ce sont aussi les expériences de jeu faisant appel au réconfort (nurture), à la sympathie, à la camaraderie, à l’expression, à l’humour, à l’érotisation, à la subversion et au défi.

Anderiesen H et al. Play Experiences for People with Alzheimer’s Disease. Int J Design 2015; 9(2): 155-165. Août 2015. www.ijdesign.org/ojs/index.php/IJDesign/article/viewFile/1865/688(texte intégral).

Retour haut de page