Pourquoi une enquête auprès des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ? Actuellement, on estime que 86 % des personnes de plus de 80 ans ou plus vivent à domicile. Pour leur permettre de vivre dans de bonnes conditions, tout un éventail d’aides a été mis en place, services d’aide à domicile, portage de repas, services de soins infirmiers à domicile, activités physiques adaptées… Cinq ans après la première enquête réalisée auprès des SSIAD, la Fondation Médéric Alzheimer a souhaité refaire un point en 2017 avec pour objectif de suivre dans le temps les modalités de la prise en charge des personnes atteintes de troubles cognitifs et de repérer les changements de pratiques professionnelles.

Les SSIAD, services indispensables à l’accompagnement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, se sont enrichis en se croisant avec les services d’aide à domicile (SAAD) pour devenir des services polyvalents d’aide et de soins à domicile (SPASAD). Sur le plan sanitaire, il se sont également enrichis des services des équipes spécialisées Alzheimer (ESA), hélas peu nombreux et d’un fonctionnement trop limité dans le temps. Ces services viennent d’être complétés par les équipes spécialisées de prévention et de réadaptation à domicile (ESPRAD), destinées aux malades atteints de la maladie de Parkinson et aux personnes à haut risque de chute. Les SSIAD doivent continuer à être renforcés au bénéfice de la santé et du bien-être. En présence de troubles cognitifs, l’intervention à domicile est efficace lorsque les SSIAD sont en mesure d’appliquer les soins et techniques les plus élaborés et empreints de vie relationnelle.

La crise sanitaire actuelle aura-t-elle des conséquences sur la santé des personnes concernées ? La stigmatisation de leur vulnérabilité et l’isolement dû au confinement auront-ils un impact définitif ? Cette période rappelle avec force la nécessité de maintenir, en dépit des contraintes, une présence physique auprès des personnes atteintes de troubles cognitifs et de préserver leurs repères essentiels. Il est également important que les professionnels puissent s’inscrire dans une prise en charge globale de la personne malade. Cela passera, par exemple, par l’intégration systématique des SSIAD aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). C’est un objectif intéressant, qui conforte les SSIAD dans leur rôle de soutien auprès des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer.

Christiane Martel
Administratrice de la Fondation Médéric Alzheimer
Présidente de l’UNA Pas-de-Calais

La parole à... Delphine Dupré-Lévêque

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