In memoriam : Tom DeBaggio (1942-2011)

Tom DeBaggio avait cinquante-sept ans lorsqu’il a appris qu’il était atteint d’une forme précoce de la maladie d’Alzheimer. Il est décédé à l’âge de soixante-neuf ans. Propriétaire d’une jardinerie spécialisée dans les tomates et les herbes aromatiques à Chantilly (Virginie, Etats-Unis), il s’est mis à écrire dès qu’il a appris son diagnostic, décrivant l’inexorable progression de sa maladie, et à la raconter au grand public, dans l’émission All Things Considered de la National Public Radio. « C’est l’histoire inachevée d’un homme mourant au ralenti (a man dying in slow motion) », écrivait-il dans son premier livre, Losing My Mind (je perds mon esprit). « Il y a quelque chose d’important dans tout cela. Vous pouvez serrer quelqu’un dans vos bras, alors que vous ne l’auriez pas imaginé auparavant. Et les personnes répondent, et cela change tout, cela change toute la relation. Il y a une ouverture et une liberté lorsque vous vous ouvrez aux autres personnes et que vous leur racontez vos secrets », écrivait-il peu après son diagnostic. Il appelait la maladie d’Alzheimer un mal incontrôlable (an uncontrolled evil) : « c’est comme être lentement dévoré vivant ». Un journaliste lui demande un jour s’il lui était possible d’oublier la maladie. Tom DeBaggio répond : « non, c’est la seule chose que je ne suis pas arrivé à oublier. Je pense que c’est parce qu’une partie de ma vie ronge mon esprit, et j’en suis conscient. Je suis conscient que la maladie d’Alzheimer est là. En en fait, je la travaille comme si c’était un filon d’or, pour essayer d’en tirer quelque chose pour l’humanité. Je ne sais pas si j’en serai capable ou pas ». Jusqu’à la fin, il a souhaité témoigner auprès de ses auditeurs, qui s’inquiétaient de sa santé, en se faisant filmer : même si je ne peux plus parler, je veux que les gens voient. Je veux leur faire savoir que je suis en train de mourir. Voilà ce que j’ai à dire ». Il laisse une épouse de quarante-sept ans et un fils. Il lègue à la postérité ses livres sur la maladie d’Alzheimer, une encyclopédie de référence des herbes aromatiques dont il est co-auteur, et qui l’a rendu célèbre internationalement, ainsi que de nombreuses variétés de plantes cultivées qu’il a fait connaître, et dont l’un porte le nom de sa femme : le romarin Golden Rain (pluie d’or) Joyce DeBaggio. Un romarin pour le souvenir, titre The Economist

www.npr.org, 22 février 2011. Washington Post, 2 mars 2011. The Economist, 5 mars 2011. Tucker AO et DeBaggio T. The Encyclopedia of Herbs : A Comprehensive Reference to Herbs of Flavor and Fragrance. 604 p. ISBN 9780881929942. Portland : Timber Press. Septembre 2009.

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