Parlons de la démence

C’est le slogan de la nouvelle campagne d’Alzheimer Ecosse pour « ouvrir la discussion sur la démence et sensibiliser le grand public à l’importance d’un diagnostic précoce. » Cette conversation sur la démence – avec les partenaires, la famille, les amis ou les professionnels de santé - est souvent difficile, mais être capable d’en parler peut grandement changer la qualité de vie de la personne malade et des aidants, explique l’association. Les objectifs de la campagne sont de « faire tomber quelques-uns des obstacles tels que la peur de la démence, la stigmatisation et l’inquiétude qu’il n’existe aucune aide, d’encourager les personnes malades et les familles à aller chercher cette aide, de sensibiliser à la démence pour mieux la faire comprendre. » La parole est donnée à Anne : « je savais que quelque chose n’allait pas, et je n’ai cessé de poser des questions jusqu’à ce que je sache ce que c’était. » Ian ajoute : « J’aurais aimé faire confiance à mon propre instinct plus tôt, réunir ma famille, et en discuter ouvertement. Si c’était à refaire, c’est comme cela que je le ferais. »

Au Luxembourg, du 12 décembre 2014 au 25 janvier 2015, l’Association Luxembourg Alzheimer a réalisé une campagne publicitaire affichée à l’arrière des bus, dans le Nord, le Sud et le centre du pays. Les affiches posent une simple question : « Démence ? » et donnent le numéro du centre d’appel de l’association.

www.alzscot.org/conversation, 2 février 2015. Alzheimer Europe Newsletter, janvier 2015.

La hiérarchie de la peur

Le cancer est la maladie que les Français craignent le plus aujourd’hui (86%), devant la maladie d’Alzheimer (72 %) ou encore les maladies cardio-vasculaires (49%) selon un sondage IPSOS réalisé auprès de mille personnes pour la Fondation ARC pour la recherche sur le cancer.

Martin Luther King et les opprimés de la démence

Le 20 janvier, aux Etats-Unis, est un jour férié à la mémoire de Martin Luther King. L’ergothérapeute Monica Heltemes, de MindStart, une société de vente de matériel d’animation, écrit : « ses discours étaient enthousiasmants et puissants, et ont attiré l’attention sur ce qui devait changer. Dans l’un de ses discours, il employait les mots : "la liberté n’est jamais demandée volontairement par l’oppresseur, elle doit être demandée par l’opprimé". Je pense que cela peut s’appliquer aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer qui, d’une façon singulière, vivent une oppression : la maladie impose un poids sous la forme de mots mélangés, de souvenirs perdus et de capacités déclinantes. Dans ce cas, les "opprimés" ne peuvent souvent pas parler par eux-mêmes et nous savons que la "liberté" par rapport à la maladie ne peut s’obtenir sous la forme d’un traitement. C’est un type différent de "liberté" que les personnes malades peuvent obtenir. Les aidants, professionnels et familiaux, peuvent devenir leurs défenseurs et combattre l’oppression. Ils peuvent aussi changer la donne pour aider la personne malade à préserver ce qu’elle peut de liberté, dans les limites de la maladie ».

L’or gris

« Autour du vieillissement, du maintien à domicile, de la dépendance, du quatrième âge et de la fin de vie, nous sommes longtemps restés dans un certain déni, issu du refoulé collectif sur la maladie et la mort, avant d’admettre l’évidence en restant sur un mode incantatoire, puis, enfin, de passer à l’action », écrit Arnaud Le Gal, des Échos, dans un supplément gratuit consacré à la Silver Economie. La ruée vers l’or gris s’accélère dans des domaines aussi divers que l’immobilier et le tourisme, l’alimentation et le bien-être, les objets connectés et les services de proximité, mais aussi l’assurance et la finance.

www.lesechos.fr, 28 janvier 2015.

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