In memoriam : Zao Wou-Ki (1921-2013)

Le peintre franco-chinois Zao Wou-Ki était l'un des maîtres de la peinture moderne d’après-guerre. Il s’est éteint en Suisse, âgé de quatre-vingt-treize ans. Son dernier exil n’a pas été volontaire. Atteint de la maladie d'Alzheimer, le peintre était au centre d'un âpre différend judiciaire familial. Né à Pékin en 1921, dans une famille aristocratique de lettrés et amateurs d’art, Zao s'était installé en 1948 à Paris. « En peu de temps, alors que la langue française ne lui est pas encore familière, Zao Wou-ki s'inscrit dans le mouvement qui porte alors les peintres de sa génération vers des expérimentations abstraites, chacun selon sa voie singulière », rappelle Pierre Dagen, du Monde. « L'encre lui permet de réinterpréter l'abstraction selon la conception chinoise du geste et de l'espace, comme auparavant l'huile, technique occidentale, l'avait déterminé à s'écarter de son éducation première. Dans les deux cas, les notions de rencontre et de passage sont centrales ». Il était retourné en Chine après trente-cinq ans d’exil, pour exposer, enseigner et faire découvrir l'art occidental, auparavant prohibé. L'engouement pour son art était devenu immense. Zao Wou-Ki avait obtenu la nationalité française en 1964. Ses toiles atteignent régulièrement de un à 2.5 millions de dollars aux enchères. Le sort de Zao Wou-Ki, installé en Suisse depuis l'automne 2011 à l'initiative de sa troisième épouse, Françoise Marquet, ancienne conservatrice au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, était au cœur d'une bataille judiciaire et familiale, le fils de l’artiste accusant sa belle-mère d'avoir fait déménager l'artiste en Suisse pour mettre la main sur une œuvre inestimable en évitant les droits de succession.  Jia-Ling Zhao a expliqué que son père était attaché à la France et qu'il n'avait jamais exprimé le désir de quitter son pays. Le fils avait obtenu récemment en France et en Suisse la nomination de tuteurs indépendants de l'épouse du peintre. Selon Me Hugot, l’avocat de son fils, une décision a été prise mardi, contre l'avis de son fils mais avec l'accord de son épouse, d'interrompre les soins et de "laisser mourir" Zao Wou-Ki. Sur ce point, aucune réaction n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès des proches de Françoise Marquet. Le fils avait également déposé une plainte à Paris pour abus de faiblesse qui a été classée. Après le dépôt d'une deuxième plainte, il venait d'obtenir l'ouverture d'une information judiciaire pour abus de confiance, abus de faiblesse, faux et usage de faux, selon son avocat. Dernier voyage : Zao Wou-Ki a été inhumé à Paris, au cimetière du Montparnasse.

AFP, Le Nouvel Observateur, Le Monde, 9 avril 2013. www.lenouvelliste.ch, 11 avril 2013. www.connaissancedesarts.com, 10 avril 2013. www.asianart.com/exhibitions/zao/ (œuvres peintes vers l’âge de quatre-vingt-deux ans). 

In memoriam : Margaret Thatcher (1925-2013)

La baronne Margaret Hilda Thatcher, fille d’épicier et première femme Premier ministre au Royaume-Uni (1979-1990), est décédée à l’âge de quatre-vingt-sept ans, d’un accident vasculaire cérébral. Sa santé avait commencé à se détériorer en 2001, à la suite de petites attaques et ses médecins lui avaient conseillé de ne plus avoir d’activités publiques. Sa fille Carol avait révélé en 2008 qu’elle était atteinte d’une démence affectant sa mémoire à court-terme. Cette dernière période de sa vie avait fait l’objet d’un film de Phyllida Lloyd, qui avait suscité une vive polémique à sa sortie en 2012. La force de caractère et l’intransigeance de Margaret Thatcher lui avaient valu le surnom de « Dame de fer ». Pour la BBC (British Broadcasting Service), « peu de politiciens ont exercé une telle domination durant leur mandat et peu ont suscité des sentiments aussi forts, pour ou contre ». Pour l'ancien secrétaire d'État américain Henry Kissinger (âgé de quatre-vingt-neuf ans), « c'était une personnalité courageuse, une femme qui avait appris qu'un dirigeant doit avoir des convictions fortes parce que les gens n'ont aucun moyen de se décider par eux-mêmes à moins que leurs dirigeants ne leur donnent la direction à suivre. » Inaugurant sa propre statue au Parlement britannique en 2007, Margaret Thatcher avait déclaré : « J’aurais préféré de l’acier, mais le bronze fera l’affaire. Ca ne rouillera pas. »

TF1, Le Monde, www.bbc.co.uk/news/uk-politics-10364876, Le Figaro, Le Nouvel Observateur, 8 avril 2013. 

In memoriam : Bebo Valdes (1918-2013)

Bebo Valdes, patriarche de la musique cubaine, atteint de la maladie d'Alzheimer, est décédé en Suède à l’âge de quatre-vingt-quatorze ans. Le pianiste, sorti de l'anonymat en 2000 grâce au film documentaire Calle 54, avait pris le chemin de l'exil dans les années 1960, après la révolution castriste, et n'est jamais retourné dans son pays. Il affirmait ne pas vouloir y être enterré, à moins que le régime politique ne change.

AFP, Le Monde, 23 mars 2013.

Gérontocratie

Benoît XVI a créé la surprise en annonçant sa démission, une première dans l'histoire de l'Église moderne, expliquant que la « vigueur du corps et de l'esprit » nécessaire à sa charge s'était « amoindrie » ces derniers mois. « Existe-t-il un âge limite pour occuper une fonction suprême ? » écrit le Huffington Post. « La démission de Benoît XVI dénote en tous cas la difficulté pour un octogénaire à exercer de très hautes responsabilités, exigeantes tant sur le plan physique qu’intellectuel. Les exemples de la Reine d’Angleterre Elizabeth II, âgées de quatre-vingt-six ans, et celui du président israélien Shimon Pérès, plus vieux chef d’État du monde à près de quatre-vingt-dix ans, montrent qu’on peut « parfaitement » exercer une haute fonction après quatre-vingts ans, souligne Françoise Forette, directrice de la Fondation nationale de gérontologie : « C'est plus à mon avis une question de volonté pour certains grands responsables qu'une question de possibilité. La seule chose qui peut empêcher l'exercice du pouvoir c'est une détérioration intellectuelle de type Alzheimer », explique la gérontologue. Le cap des quatre-vingts ans représente « parfois un tournant »mais « pas pour tout le monde », selon elle : « moins de 17% des plus de quatre-vingts ans ont une dépendance liée à une maladie invalidante", ce qui veut dire que « les autres sont en bonne santé » et peuvent donc rester actifs d'une façon ou d'une autre. Dans le monde des arts, l'Américain Clint Eastwood tourne encore des films à quatre-vingt-deux ans, tout comme le Portugais Manoel de Oliveira à cent quatre ans ou le Français Alain Resnais à quatre-vingt-dix ans. À quatre-vingt-cinq ans, l'actrice Emmanuelle Riva est nommée pour un Oscar. « Il y aura de plus en plus de personnes qui, à quatre-vingt ans et plus, seront capables d'exercer de hautes responsabilités », mais tous n'auront certainement pas l'envie de les exercer, « c'est une question individuelle », estime le Dr Forette.

www.huffingtonpost.fr/, 11 février 2013.

Ronald Reagan

Parmi les six premières « maladies tueuses », la maladie d’Alzheimer est la seule pour laquelle il n’existe pas de traitement, écrit le quotidien USA Today, qui illustre son article par une photographie de l’ancien président américain Ronald Reagan.

www.usatoday.com, 6 février 2013.

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