Poetry, de Lee Chang-Dong

Lauréat du prix du meilleur scénario au festival de Cannes 2010, Poetry (Poésie) du coréen Lee Chang-Dong, est un « film audacieux, qu’il faut regarder des deux yeux : un sur le pire de l’humanité, l’autre sur le meilleur », écrit Jean-Luc Douin, du Monde. Le meilleur, c’est Mija, une attachante grand-mère qui élève son petit-fils, et qui s’enfonce dans la maladie d’Alzheimer tout en suivant des cours de poésie, apprenant à regarder le monde autrement, de façon aérienne, en flânant. Ce que voit l’autre œil est sordide. Son petit-fils est impliqué dans le viol collectif d’une collégienne qui s’est suicidée. Les pères des jeunes criminels ont décidé de dédommager la mère de la suicidée, pour la convaincre de ne pas porter plainte, avec la complicité du directeur du collège. Mija doit participer, et trouver cinq millions de wons (trois mille trois cents euros). Mija ne peut pas payer : elle est aide à domicile chez un vieil hémiplégique. « Elle perd peut-être la mémoire, mais pas sa lucidité ni son sens moral », écrit Jean-Luc Douin. Cette vieille femme agit avant de se perdre dans l’admiration des fleurs, les rimes sensuelles, l’appréhension aérienne des choses. Ce que lui a enseigné la poésie est un sens de la vérité ». « Images harmonieuses, sans recherche d’effet, mise en scène sobre et fluide, Poetry est une œuvre sublime, traversée du mystère de l’immensité intérieure », écrit Arnaud Schwartz, de La Croix. « L’oeuvre, aussi, d’un moraliste questionné par les maux terribles de nos sociétés dites évoluées, dominées par la dissolution du lien, l’inaccessibilité des êtres, l’absence de compassion et le rôle réservé à l’argent. Elle est humaine, cette mamie, elle est multiple, mais de laisse traverser par cette révélation qui modifie son rapport aux autres et dévoile l’ultime beauté ». « Un abricot se jette sur le sol, meurtri, foulé, en vue de son renouveau », écrit-elle dans son carnet ». « Une femme qui oublie les mots, mais qui en trouve d’autres, plus rares, plus essentiels. L’idée est magnifique », écrit François-Guillaume Le Lorrain, du Point.

www.lemonde.fr, 20 mai 2010. www.la-croix.com, 20 mai 2010. www.lepoint.fr, 19 mai 2010.

Une grande bouffée d’amour, de Sylvain Siboni, Jacques Meaudre et Aigue Marine C°

Ce DVD de cinquante-deux minutes est un outil de formation destiné aux responsables d’établissement, soignants, familles, aidants, en utilisant un vocabulaire accessible à tous, pour leur permettre de reconnaître au quotidien les symptômes de la maladie d’Alzheimer et apporter des réponses adaptées « afin d’éviter l’échec et permettre aux personnes malades le plaisir de vivre jusqu’au bout ». Cette « proposition de réflexion » est le fruit de seize ans de pratique professionnelle multidisciplinaire en accueil de jour, au Forum Jean Vignalou de l’hôpital Charles-Foix de Villejuif, dirigé par le psychologue Sylvain Siboni. Ce film a reçu le prix Handica 2005 et le prix du Public 2010 au festival Entr’2Marches de Cannes.

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