Maltraitance : Mickey Rooney

Mickey Rooney a fait l’une des plus longues carrières de l’histoire du cinéma, devenant célèbre dans les années 1930 comme enfant star, et tournant fréquemment auprès de Judy Garland.  Il a reçu un Oscar en 1938. Il a aujourd’hui quatre-vingt-dix ans. Il vient de témoigner devant la commission spéciale sur le vieillissement du Sénat de la maltraitance dont il est victime depuis des années. Il accuse son beau-fils de l’intimider, de le harceler, de bloquer l’accès à son courrier, de le priver de médicaments et de nourriture, et même d’avoir vendu la célèbre statuette de son Oscar. « On m’a pris mon argent et on l’a mal dépensé. Quand je demandais de l’information, on me la refusait. J’étais littéralement laissé impuissant ». Il a souffert en silence pendant des années : « je ne pouvais pas rassembler le courage de chercher l’aide dont j’avais besoin », explique-t-il. S’adressant aux victimes de maltraitance, il a déclaré : « s’il vous plaît, pour vous-même, arrêtez ce cycle de mauvais traitements, et ne vous permettez pas que l’on vous réduise au silence plus longtemps ». Il a obtenu une décision judiciaire confiant le contrôle de ses affaires à un avocat de Los Angeles, et ordonnant à son beau-fils de ne pas s’approcher à moins de cent mètres de lui ou de sa maison. Un rapport du Government Accountability Office estime que 14% des personnes âgées américaines ont subi une forme ou une autre de maltraitance (notamment financière, physique, par négligence) en 2009. Il s’agit d’une sous-estimation de la situation réelle, de nombreuses personnes restant isolées, ou ayant honte de leur situation.

Après l’audition de Mickey Rooney, le président de la commission sénatoriale Herb Kohl a déposé une proposition de loi visant à créer un Bureau de la Justice pour les personnes âgées, qui aiderait à coordonner la réponse pénale pour les agissements de maltraitance chronique des personnes âgées. 

www.reuters.com, 3 mars 2011. www.bloomberg.com, 3 mars 2011. www.femalefirst.co.uk, 4 mars 2011.

Bicicleta, cullera, poma, de Carles Bosch

Vélo, cuillère, pomme sont des mots utilisés dans les tests d’évaluation cognitive. Ce documentaire évoque la vie de Pasqual Maragall, maire de Barcelone de 1982 à 1997 et président du gouvernement catalan de 2003 à 2006, depuis l’année où il apprend qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer, jusqu’à aujourd’hui. Il discute, ainsi que sa famille et ses médecins, des questions relatives à la recherche, à l’autonomie, et au droit de la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à la liberté. Quelques séquences du documentaire ont été tournées en Inde, aux Etats-Unis et aux Pays-Bas.

Alzheimer Europe Newsletter, février 2011.
http://cineuropa.org/video.aspx?lang=fr&rdID=150831 (bande-annonce). 

In memoriam : Annie Girardot (1931-2011)

« Au début, c’est un titre de film par exemple qui s’efface. Oublier le nom d’une ville. Je suis à Londres et je crois que c’est Berlin. Puis un jour, un homme arrive avec une blouse blanche, d’un air grave, et il me dit : « Madame, vous êtes malade, vous perdez la mémoire, elle ne reviendra jamais », confiait Annie Girardot dans le film de Nicolas Baulieu Ainsi va la vie, un documentaire réalisé pendant huit mois avec l’accord de la famille et diffusé par TF1 le 21 septembre 2008. Annie Girardot, écrit Anne Jeanblanc dans Le Point, était l’une des rares personnalités françaises à avoir osé parler de sa maladie, « toujours aussi taboue et redoutée ». Jean-Marie Cavada, vice-président du Nouveau Centre, écrit : « avec la même recherche d’affection du public, elle a livré les douleurs et les méandres de son implacable maladie avec l’engagement et la dignité de celle qui sait pouvoir aider autrui ». Sandrine Blanchard, dans Le Monde, écrit : « Avec ses cheveux courts, sa voix si unique et son énergie, elle renvoyait l'image d'une femme libre et moderne. Elle a marqué des générations de femmes, nous a émus aux larmes lors de la remise de son César en 1996 et a été emportée par la maladie du siècle, cet Alzheimer tant redouté qui arrache les souvenirs. Sa volonté de rendre publique sa maladie nous l'a rendue encore plus proche, et le témoignage de sa fille a sans doute permis aux centaines de milliers de personnes qui accompagnent ces malades dans la solitude d'une chambre de se sentir moins seuls ». La fille d’Annie Girardot, Giulia Salvatori, avait déclaré le 21 septembre 2010, à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer : « elle a largué les amarres (…). Maman ne se souvient pas qu’elle a été actrice » (Le Parisien). Anne Jeanblanc écrit : « apprendre que cette femme avait désormais oublié sa carrière de comédienne, qu'une immense partie de sa vie disparaissait de sa mémoire, donnait une dimension redoutable à l'inexorable fuite en avant de cette maladie ». Depuis 2006, Annie Girardot avait dévoilé le mal qui la rongeait. « Les films que j'ai tournés, les hommes que j'ai aimés, c'est la plus belle histoire de ma vie sauf que maintenant vous la connaissez mieux que moi... Mes enfants, mes amis, je vous aime mais je vous quitte un peu », disait-elle dans Ainsi va la vie. Quand on lui expliquait qu'elle avait tourné plus d'une centaine de films, elle répondait que ce n'était « pas possible » ; elle pointait un doigt sur sa tempe et le tournait comme pour dire « vous êtes zinzin ». « Elle est partie paisiblement », a déclaré sa petite-fille. Silvia Giuliatori a publié en 2007, avec le journaliste Jean-Michel Caradec’h, une biographie intitulée La mémoire de ma mère.

La ville de Montreuil (Seine Saint-Denis) a inauguré son centre local d’information et de coordination gérontologique et l’a nommé « Espace Annie Girardot ».

www.lepoint.fr, www.lexpress.fr, www.commeaucinema.com, 1er mars 2011. www.lemonde.fr, 2 mars 2011. www.ozap.com, www.lejdd.fr, www.leparisien.fr, 28 février 2011. Le Parisien, 21 septembre 2010.

Je n’ai rien oublié, de Bruno Chiche

Gérard Depardieu interprète le rôle de Conrad Lang, soixante ans, atteint de la maladie d'Alzheimer. Alors qu'il perd peu à peu sa mémoire immédiate, des souvenirs lointains et enfouis remontent à la surface, mettant en péril l'équilibre de ses protecteurs, de riches industriels suisses. Ce nouveau film de Martin Chiche est adapté du roman Small World de l’écrivain suisse alémanique Martin Suter. Gérard Depardieu a été reçu à l’Elysée le 16 mars par Camille Pascal, nouvelle plume et conseiller médias du chef de l'Etat. Le film sort en salles le 30 mars 2011.

www.canalplus.fr, 11 mars 2011. Le Parisien, 17 mars 2011.

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