Votre maman, de Jean-Claude Grumberg

« Votre maman fait partie du projet artistique « Mémoire et transmission » qui consiste à dire, par le théâtre, avec simplicité, avec humour souvent et puis gravité quand il le faut, la mémoire qui s’efface, le temps qui passe, ce que l’on oublie et ce que l’on transmet, la vie qui va et l’inexorable », écrit Théâtrecontemporain.net. « Mettre Alzheimer sur des planches, déjà, il fallait oser. Y ajouter la Shoah… Seul Jean-Claude Grumberg pouvait le faire », écrit Jean-Luc Porquet, du Canard enchaîné. « On sait qu’il est l’un de nos rares grands auteurs contemporains, qui réussit à toucher à la fois à l’Histoire et à l’intime. Justement, cette pièce fait écho à l’actualité la plus récente. La vieille dame fugue. Des gendarmes se mettent à sa recherche. "Ma maman a très peur des gendarmes, très très très peur", dit le fils. Et l’on comprend qu’il y a longtemps, des gendarmes l’ont arrêtée, sa maman et la maman de celle-ci, et les ont envoyées en camp de concentration. » Jean-Luc Porquet a regretté des « dialogues absurdement répétitifs qui visent à nous faire douter de la normalité du monde dit normal », qui donnent « une impression de facilité, de lourdeur. Le directeur demande au fils de gronder sa mère : "Et vous lui dites de ne plus le faire, s’il vous plaît !". Mais comment un professionnel de la santé peut-il formuler pareille demande à propos d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer ? », s’insurge le journaliste. « Invraisemblable, à moins que l’acteur ne fasse de ce personnage un grotesque Diafoirus, ce qui n’est pas le cas ». « Le dernier échange entre le fils et sa mère, revenue du royaume des morts, nous laisse la gorge serrée - ultime message d'amour, pour dire l'obligation de transmettre, de faire vivre la mémoire en fuite de nos aînés victimes de la barbarie nazie », écrit Philippe Chevilley, des Échos. « Vieille dame indigne, rebelle et fragile, Catherine Hiegel est bouleversante dans le rôle de la mère. Lorsqu'elle passe la visite médicale, ce n'est pas un "vrai médecin" qu'elle voit dans le docteur Klein, mais le nazi en charge de sélectionner les déportés à l'arrivée dans le camp. Et lorsqu'elle fugue, comme tant de personnes âgées frappées d'Alzheimer, c'est pour retrouver sa mère, qu'elle a laissée derrière elle, morte sur bout de chemin, pendant leur déportation », écrit Le Parisien. Le fils donne la conclusion, en forme d’avertissement : « Et quand la dernière survivante aura rejoint les siens dans le ciel de Pologne, nous laissant seuls avec pour héritage sa chancelante mémoire, qu'en ferons-nous, nous orphelins ? » « Un texte déroutant, faussement joyeux, qui ouvre de manière inattendue une porte sur la légèreté », écrit Actes Sud, qui a publié en 2012 le texte intégral de la pièce dans la collection Un endroit où aller.

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