Présences pures, de la compagnie Ophélia Théâtre et Laurent Poncelet

« La vérité est ce qui brûle. La vérité est moins dans la parole que dans les yeux, les mains et le silence ». La formule, poétique, est signée Christian Bobin. Le comédien Laurent Poncelet, qui met en scène ce texte, écrit « Christian Bobin est face à son père, fragilisé par la maladie d’Alzheimer. Par une écriture lumineuse, il parvient à faire jaillir toute la beauté d’une relation différente de ce qu’elle a pu être, il va au-delà des premières impressions et ressentis pour découvrir et révéler toute la force d’une présence si brûlante et unique. Une présence pure. » Le texte est accompagné d’une création musicale avec voix et instruments, jouée sur scène. La pièce est produite par Ophelia Théâtre avec le soutien du Conseil du département de l’Isère, de la ville de Grenoble, de la 5ème saison et du Théâtre de La Mure.

http://espacejeanferrat.fr/events/presences-pures-theatre/, www.facebook.com/Ophelia-Th%C3%A9%C3%A2tre-183216902121139/, 17 novembre 2017.

Bobin C. La Présence pure et autres textes. Paris : Gallimard. 8 janvier 2008. ISBN : 978-2-0703-4982-1. www.gallimard.fr. http://dicocitations.lemonde.fr/citations/citation-18356.php.

Jeanne, de Jean Robert-Charrier / Les Nœuds au mouchoir, de Denis Cherrer

Les tourments du grand âge sont de retour au théâtre,titre l’Agence France Presse.Ces dernières années, Michel Bouquet dans Le Roi se meurt et Robert Hirsch dans Le Père, troublant de vérité, ont rempli les salles à Paris en tutoyant sur les planches la vieillesse, la maladie et la mort. Deux nouvelles pièces à l’affiche, Jeanne et Les Nœuds au mouchoir, entretiennent la tendance.

« Un jour, Jeanne reçoit la visite d'une élue locale lui proposant de bénéficier du service d'aide à la personne. La retraitée accepte à contrecœur. Dans une relation complexe, deux solitudes vont alors s'entrechoquer: la sienne et celle de l'employé chargé de lui porter chaque jour ses repas et de lui faire un peu de conversation. Écrite par Jean Robert-Charrier, jeune directeur du Théâtre de la Porte Saint-Martin et du Petit Saint-Martin, et mise en scène par Jean-Luc Revol, « cette pièce inédite, entre comédie et drame, est aussi une critique acerbe de l'électoralisme, avec une maire-adjointe cynique dont le seul but est de s'assurer un bulletin de vote », écrit l’Agence France Presse. « Malgré ses méchancetés et ambigüités, Jeanne est attachante. J'aurais pu la cantonner à cette femme âgée un peu pénible. J'ai eu envie de comprendre comment et pourquoi elle en est arrivée là », explique l'auteur.

Avec une tout autre approche, Anémone fête cinquante ans de carrière à l'affiche du Palais des Glaces avec Les Nœuds au mouchoir, pièce de Denis Cherrer qui prend le parti d'évoquer la maladie d'Alzheimer dans une comédie douce-amère, mise en scène par Anne Bourgeois. Confrontés à la perte d'autonomie de leur mère et au choix de la faire entrer en maison de retraite médicalisée, les deux fils d'Augustine s'affrontent dans des moments « cocasses et émouvants ». Avec le soutien de France Alzheimer, l'auteur et son frère Pierre-Jean ont retranscrit de vrais dialogues avec leur propre mère confrontée à cette maladie dégénérative : « Je ne sais plus qui j'aime et qui je suis... Pourquoi ce n'est plus comme avant ? Je voudrais qu'on m'explique... », lance la vieille dame. Par le rire, je pense que nous pouvons sensibiliser le public de façon différente », dit Denis Cherrer.  « Les situations sont réalistes et les dialogues sonnent juste », écrit Nathalie Simon, du Figaro.

Comme une ritournelle, d’Aurélien Jumelais

Comme une ritournelle, d’Aurélien Jumelais

C’est qui le proche aidant ?, de Guylaine Thériault

On est-tu supposés s’connaître ?, de Roselle Bérubé

Le mystère d’Aloïs, de Thierry Nadalini

De nombreux acteurs locaux font appel au théâtre pour sensibiliser le public à la maladie d’Alzheimer et à ses conséquences sur les proches. Dans la pièce Comme une ritournelle, d’Aurélien Jumelais, une famille essaie de gérer au mieux la situation quand elle s’aperçoit que Jacqueline, la mère, perd de plus en plus la mémoire. L’entrée en établissement ne se fait pas sans difficulté. Le corps médical et la famille passent par des situations à la fois drôles et émouvantes, écrivent les associations En mémoire d’eux et Al’fa Répit. Un débat a été organisé à la fin de la représentation à Plessé (Loire-Atlantique). À Lille-sur-Tarn, une conférence-spectacle, intitulée Le mystère Aloïs, a été organisée par l’ADMR du Gaillacois pour sensibiliser le public aux troubles comportementaux associés à la maladie d’Alzheimer. La partie spectacle utilise la magie et des effets spéciaux pour faire ressentir à chacun les différents symptômes, et porter un regard positif sur les personnes malades.

« Je t’entends pleurer, pis ça me fait penser qu’il mouille dehors ». La troupe La Comedia de la Ria fait du théâtre d’intervention depuis trente-cinq ans. À Saguenay-Lac-Saint-Jean (Québec), Guylaine Thériault, directrice du développement de la Société Alzheimer locale, a écrit pour elle, sur le mode humoristique une pièce pour faire comprendre aux proches de personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer qu’il est important de se faire aider. « On a de la difficulté à reconnaître qu’on est un proche aidant. Quand on pense qu’on n’en est pas un, on pense qu’on n’a pas besoin d’aide. » Au Québec encore, dans On est-tu supposés s’connaître ?, de Roselle Bérubé, douze comédiens, enfants et adultes, proposent une « comédie, en chanson et musique, pour transporter le public dans un univers empreint de réalité » et « faire rayonner la culture régionale. »

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