Le tueur du lac, série de Jérôme Cornuau, sur TF1 (1)

Dans le cinquième épisode de la série, Marie-Anne Chazel, âgée de soixante-six ans, incarne Marianne, atteinte de la maladie d’Alzheimer et mère du commandant de police Lise Stocker, à la recherche d’un tueur. Pour l’actrice, davantage connue pour ses rôles de comédie, avoir l’opportunité de se vieillir et d’incarner un personnage très éloigné de son caractère s’est révélé excitant. « Marianne, cette mère, malade d’Alzheimer, dont on ne sait pas trop d’ailleurs si elle l’est vraiment ou si elle en joue, participe au suspense et à l’ambiance un peu étrange de l’histoire », explique la comédienne. « Marianne a évolué dans ses rapports avec sa fille, devenus plus étroits, et elle mesure toute l’ampleur de la maladie dont elle est atteinte. Ce projet était aussi l’occasion de montrer la souffrance terrible qu’entraîne Alzheimer dans cette prise de conscience, avant de plonger dans le vide et de perdre complètement ses repères... Le personnage est bien écrit, avec une petite pointe d’humour. À jouer, c’était très jouissif. »

Le tueur du lac, série de Jérôme Cornuau, sur TF1 (2)

Marie-Anne Chazel explique que son personnage est une figure centrale de la série sans pour autant prendre part à l’intrigue principale. « Montrer des personnages plus complexes qu’avant était une volonté des auteurs. C’est une tendance dans les séries actuelles. L’héroïne a une vraie vie, comme nous tous, un amour, un enfant, des parents. Alors plutôt que de montrer des parents absents, ou éternellement en conflit, on présente un autre cas de figure, bien ancré dans la société actuelle où les enfants se retrouvent en charge de parents plus âgés, plus longtemps. » Quant à elle, l’actrice Julie de Bona, qui incarne le commandant de police Lise Stocker, a rencontré des filles de personnes vivant avec une maladie d’Alzheimer : « J’ai recueilli leurs impressions, leurs émotions et le rapport qu’elles avaient avec leurs mères pour mieux appréhender le rôle. Je suis ensuite allée dans une unité Alzheimer d’une maison de retraite afin de rencontrer des médecins et des résidents. Je me suis rendu compte que cette maladie chamboulait le quotidien des proches. Ils se sentent impuissants et ont en permanence le sentiment de ne pas faire assez bien. Les malades reprochent à la famille de les abandonner et on ne parle pas assez de la souffrance des proches. Le fait de voir ma mère dans la série perdre ses repères et la mémoire a été violent pour moi. Lise décide de fuir la situation… »

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