Dr House, de David Shore

Jean-Yves Nau, dans la Revue médicale suisse, analyse les représentations audiovisuelles de l’annonce du diagnostic et l’inclusion dans un essai clinique d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, dans un épisode de la série télévisée Dr House. « Alcoolisme, Alzheimer et asexualité. Que peut faire la médecine ? Les diagnostics sont là et les traitements n’existent pas. Ou si peu. "Au suivant !" », écrit le Dr Nau. « Comment vous remonter le moral quand un Alzheimer vous est annoncé ? Mieux : quand c’est le malade en personne (couvé par sa moitié comme le sont tous les Alzheimer) qui annonce lui-même le diagnostic de la maladie dont il souffre. Ceci est contraire à tout ce que l’on vous enseigne dans les amphithéâtres puisque le signe pathognomonique de l’Alzheimer est l’anosognosie. La chose est bien connue en France depuis que le secret médical concernant un chef d’État français a, une fois encore, été violé. Anosognosie : impossibilité pour un malade de prendre conscience de l’affection dont il est atteint, du moins quand l’existence de cette maladie est une certitude pour les proches de ce malade. Situation bien connue de nous tous ». Au neuvième épisode de la huitième saison de la série, un patient jeune, Andres Tavares, « déclare de son propre chef qu’il souffre d’un Alzheimer. Personne ne semble plus prêter attention à cette tendance générale qui admet sans sourciller que l’on fasse l’économie du terme maladie. De nos jours, on ne souffre plus de l’affection en elle-même mais du nom de celui qui – généralement le premier – l’a découverte. Comment interpréter cette économie régressive des mots ? La fatalité regagnerait-elle ici du terrain ? » s’interroge Jean-Yves Nau. Mais « pourquoi hospitaliser dans un centre d’excellence un patient souffrant de la maladie d’Alzheimer ? Il y a pour eux des établissements spécialisés. On invoque ici le fait que ce malade devient violent. Argument de peu de poids : les établissements susnommés sont précisément spécialisés pour prendre en charge cette douloureuse complication. La vérité, comme souvent, est ailleurs. Le nouveau contremaître hospitalier en chef, Eric Foreman, entend enrôler ce nouveau malade dans une expérience : tester les vertus d’un nouveau médicament anti-maladie d’Alzheimer ; c’est là une situation réelle et fréquente puisque les quatre spécialités actuellement utilisées sont inefficaces et potentiellement toxiques. Ce qui n’est pas dit dans la série. Mais une fois encore, la simili-perversité du Dr House (…) servira la double cause de la vérité vraie et de la médecine triomphante ».

Nau J-Y. Les derniers diagnostics du Dr House (5). Rev Med Suisse 2013; 9:438-439. http://rms.medhyg.ch/numero-374-page-438.htm.

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