Les fins dernières d'un poète / Finvezoù diwezhañ ur barzh, de Naïg Rozmor et Chantal Gombert (2)

« En ce moment, je suis terrassée par la maladie », dit Naïg Rozmor. « Je suis démantibulée. Dans les grandes épreuves de la vie, la plume a été ma providence. Ces crayons-là sont capables de me ressusciter ! Je vais mieux, moi-même, je n'en reviens pas ! J'étais en train de perdre de la vitesse, j'étais inquiète... Je suis contente de ce que j'ai retrouvé car, si tu t'éteins, tu meurs. Écrire, c'est un effort heureux. Les mots ont des directions mystérieuses. On les trouve au fond de nous. Ils nous attendent ». « Pourquoi je perds les mots ? Ici, je vis dans un gîte. Tout est fermé autour de moi, je suis coincée. Avec toi, avec ce que tu introduis, je m'échappe. Mes évasions sont artificielles peut-être mais elles existent, elles font du bien. Il y a quelque chose de mystérieux, de sacré qui passe entre nous. On n'a pas besoin d'en connaître les détails, c'est comme un partage », confie Naïg Rozmor à la psychologue. « Ça va en réveiller quelques-uns, ce petit livre-là. Des gens ont dû penser que je n'existais plus. Ils vont se dire : "Mais elle est vivante !" »

www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/naig-rozmor-la-poesie-malgre-alzheimer-21-02-2013-2012484.php, 21 février 2013. Rozmor N et Gombert C. Les fins dernières d'un poète / Finvezoù diwezhañ ur barzh. Simon B (trad.), Guiriec JP (illustr.).64 p. ISBN 978-2-36758-006-7.Février 2013. www.skolvreizh.com/.

Les fins dernières d'un poète / Finvezoù diwezhañ ur barzh, de Naïg Rozmor et Chantal Gombert (1)

« La poésie, il faut la mettre en condition. Il faut l'encourager pour qu'elle s'ancre. Elle flotte dans l'univers, il y a une force mystérieuse qui anime tout ça. Elle vit en nous, autour de nous, alors on ouvre une lucarne, on la saisit. Il ne faut pas la laisser s'échapper sinon on ne retrouve plus sa route », dit Naïg Rozmor, poétesse bretonne âgée de quatre-vingt-dix ans, atteinte de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années, et qui vit en maison de retraite. Claire Vannier, du Télégramme, écrit : « la force des mots est intacte, la poésie explose. Attentive à ce qui se dit autour d'elle, et sur elle, Naïg Rozmor a pourtant l'air un peu perdu. » « Cette grande dame de la littérature bretonne travaille depuis deux ans avec la psychologue Chantal Gombert. Quand elles se sont rencontrées, Naïg Rozmor s'enfonçait doucement dans un univers qui n'avait plus ni passé, ni lendemain. Mais, dès les premiers ateliers de peinture proposés par la thérapeute, des étincelles ont éclairé l'artiste, la ramenant, pour un moment, dans le présent. Pour les deux femmes, l'expérience était un défi. Celui de permettre, malgré la perte de la mémoire, la résurgence d'une vie poétique. Le résultat tient en un ouvrage d'une soixantaine de pages, Les fins dernières d'un poète, illustré par Jean-Pierre Guirizec et traduit en breton par Bob Simon. Mais, il s'agit surtout d'un témoignage généreux et émouvant, rempli d'espoir pour les personnes touchées par la maladie ».

www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/naig-rozmor-la-poesie-malgre-alzheimer-21-02-2013-2012484.php, 21 février 2013. Rozmor N et Gombert C. Les fins dernières d'un poète / Finvezoù diwezhañ ur barzh. Simon B (trad.), Guiriec JP (illustr.).64 p. ISBN 978-2-36758-006-7.Février 2013. www.skolvreizh.com/.

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