Un jardin Alzheimer, de Michèle Isenmann et Maryse Grousson

En 2003, la maison de retraite L’Orchidée, de Rhinau, a proposé à Michèle Isenmann, infirmière et conseillère conjugale,  d’exercer un travail de psychologue dans ses murs. Elle témoigne : « J’accueille ce que ces personnes me disent, je restitue, je valide leurs souffrances. Et j’en reviens chaque fois joyeuse. » En 2007, une unité Alzheimer a été ouverte. Ces malades ne sont pas exclus de ces rencontres, bien au contraire, écrit L’Alsace. Même avec eux, assure Michèle Isenmann, le dialogue et l’enrichissement mutuels sont possibles. « Vers 2006, une dame prénommée Madeleine, qui n’était pas atteinte de la maladie d’Alzheimer mais avait des moments de désorientation, m’a dit : « Vous savez, il faudrait écrire un livre pour témoigner de ce qu’on vit dans le vieillissage ! » J’ai entendu « le vieilli sage ». J’ai dit à Madeleine : « On va l’écrire ensemble, ce livre ! » Elle m’a dit : « Vous ne mettrez pas mon nom, car les gens sont jaloux ! » J’ai répondu qu’on le ferait à plusieurs… » Depuis ce jour, Michèle a noté toutes les remarques « intéressantes ou poétiques » de ces « vieux sages ». Et le livre qu’avait imaginé Madeleine, aujourd’hui décédée, existe enfin. Intitulé Un jardin Alzheimer, il concerne en réalité le grand âge de façon générale et se compose de témoignages, de photos, de peintures réalisées lors des ateliers d’expression (à Rhinau, mais aussi à Pollionay, dans le Rhône, où exerce le co-auteur Maryse Grousson, art-thérapeute), ou encore des mots relevés par Michèle Isenmann. Ces mots du « vieilli sage » qui, souvent, ont la même pertinente poésie que les mots d’enfants. Tels ceux de Berthe, nonagénaire : « J’ai fait de la gymnastique pour voir si tous mes membres étaient d’accord avec moi » ; ou encore : « Quand je ne serai plus là, je vous jetterai une étoile chaque jour. Et si elle tombe dans le Rhin, elle fera une étincelle ! ». Pour Michèle Isenmann, « une personne dans le grand âge ne se réduit pas aux couches qu’elle porte et à l’image qu’elle donne. Elle a encore beaucoup à donner. Au fond, on reste fidèles à ce que nous étions… »

Grousson M et Isenmann M. Un  jardin Alzheimer. Octobre 2012. 128 p. ISBN 978-2746828827. Eckbolsheim : Editions du Signe. http://editionsdusigne2.diatem.net/.

Le mineur et le canari, de Catherine Safonoff

« Autrefois, les mineurs emportaient avec eux au fond du puits un oiseau en cage. L’animal mourrait bien avant eux si l’atmosphère devenait dangereuse, leur laissant le temps de remonter à l’air libre. Ce texte d’une infinie douceur, bouleversant, tout empli d’inquiétude tendre, d’humour fragile, est aussi l’histoire d’une éclaircie promise », écrit Xavier Houssin, du Monde. Le mineur et le canari, dernier ouvrage de Catherine Safonoff (Suisse), « tient la chronique douce-amère de la cure d’une septuagénaire déprimée qui s’amourache de son psychiatre », qu’elle a fini par consulter après avoir tenté de « s’extirper toute seule de sa tristesse de vieillir, de la peur de l’absence, du regret des amours, d’un livre en jachère et des excès de médicaments ».

Le Monde, 2 novembre 2012. Safonoff C. Le mineur et le canari. Août 2012. 179 p. Carouge : Zoé Éditions. ISBN : 978-2-88182-872-0.

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