Amour, de Michael Haneke

« A l'approche de la mort, Georges (Jean-Louis Trintignant) et Anne (Emmanuelle Riva) ne cherchent pas d'autre secours que leur amour », écrit Thomas Sotinel, du Monde. « Il n'y a pas d'au-delà pour ces mélomanes professionnels. Elle a été professeure de piano ; lui, on ne sait pas trop, un intellectuel, sans doute, à en juger par les rayonnages de livres. Ils croient en l'art, en la raison. Mais Anne ne peut plus jouer de piano, la musique se tait peu à peu. Le jeune pianiste leur rend visite, sa peur panique face à la condition d'Anne met les vieillards dans une sainte colère. Cette bataille n'a qu'un temps, elle est perdue d'avance : vaincue par des accidents circulatoires à répétition, Anne sombre dans la démence, pendant que Georges organise la solitude, écartant tous les importuns quelle que soit leur légitimité. Eva, la fille (Isabelle Huppert, qui se tient très légèrement en retrait), comme les infirmières, comme les concierges à la sollicitude envahissante. A sa fille, Georges dit : « Ça se passera comme ça s'est passé jusqu'ici. Ça ira de mal en pis. Ça durera, et puis un jour ça sera fini. » Quand Anna lui demande : « Que dirais-tu si personne ne venait à ton enterrement ? », Georges répond : « Rien, probablement. » L'ironie sèche de Trintignant, décuplée par le timbre de sa voix, a déclenché un éclat de rire comme on n'en a rarement entendu dans le Théâtre Lumière. Le film a obtenu la Palme d’or au Festival de Cannes. « Et si on essayait d’être heureux, ne serait-ce que pour donner l’exemple ? » a dit Jean-Louis Trintignant, citant un poème de Prévert. « Plaidoyer pour l’amour à mort, en forme de chronique à huis clos de la fin de vie », écrivent Gérard Lefort et ses confrères de Libération. « Traitée sans pathos, avec réalisme, cette œuvre bouleversante sur un couple d’octogénaires, professeurs de musique à la retraite, confrontés à la maladie et à la dépendance, concrétise l’engagement que le cinéaste autrichien a pris avec sa femme de ne jamais se quitter, s’ils venaient à se retrouver en semblable situation », écrit Jean-Claude Raspeingeas, de La Croix. « La fin brutale et inattendue de ce film relancera sans doute le débat sur l’euthanasie ».Le film « démontre les limites supportables dans un couple confronté à la maladie et à la fin de vie » : « le mari finit par tuer sa femme et son geste est évidemment un sujet délicat, même s’il n’est pas une incitation à l’euthanasie », écrit Charles Martig, directeur de la section cinéma du Centre des médias catholiques en Suisse alémanique. Il recommande toutefois aux lecteurs de La Croix d’aller voir ce film. 

Duo, de Sheila O’Connor

L’actrice Sheila O’Connor a perdu son père des suites de la maladie d’Alzheimer. « Il est tombé malade jusqu’à la fin des années 1980, je m’en suis occupé jusqu’à sa mort en 1993. C’est très dur de voir quelqu’un se flétrir », raconte-t-elle. De cette épreuve, qui lui a appris « un autre langage avec les humains », elle avait écrit le scénario d’un long métrage. Sur les conseils de sa société de production, les Films du ZeBu, elle a finalement opté pour un court métrage d’une vingtaine de minutes, qu’elle tourne actuellement en Picardie. Duo met en scène une jeune fille de vingt ans devant s’occuper de son père atteint de la maladie d’Alzheimer, en 1989. « Je la traite du point de vue du soignant », explique-t-elle. A l’époque, il n’y avait pas d’association d’aide aux familles ; celles-ci devaient se débrouiller seules, se souvient-elle ». Face à son père, la fille s’assagit, elle devient sa mère, sa référente. On est dans une situation psychologique intéressante, entre Haneke, Polanski et Dostoïevski ». Acheté par France 2, Duo sera diffusé fin 2012 ou début 2013.

www.courrier-picard.fr, 4 juin 2012. 

Arrugas, d’Ignacio Ferreras

En espagnol, arrugas signifie les rides. Ce long métrage d’animation en deux dimensions, réalisé par Ignacio Ferreras, un « cocktail détonant d'amitié, d'esprit de résistance et de vitalité dans le cadre inhabituel d'un centre de soins pour personnes âgées », a été présenté dans le cadre de la compétition officielle du Festival international du film d’animation d’Annecy, où il a été récompensé par une mention spéciale. Olivier Bachelard, d’Abusdecine.com, écrit : « récit d'une dégradation annoncée, Arrugas fait du coup office de fable sur la recherche de la dignité, montrant à la fois les dégâts de la maladie d'Alzheimer et les stratagèmes pour la faire reculer ou la dissimuler, tout comme pour diminuer la solitude. Ne cachant pas les dysfonctionnements des maisons de retraite, l'auteur préfère en faire une peinture distanciée, du point de vue des patients. Il écarte ainsi les visiteurs, les médecins, ne leur donnant la parole qu'à de rares occasions, et se concentre sur les lieux : une piscine jamais utilisée, mais élément de vente du « séjour », un étage dédié aux cas graves qui sonne comme la menace d'une prochaine étape... L'amitié naissante entre les deux vieux messieurs, Emilio et Miguel, aux caractères opposés, forme avec la thématique de l'entraide les deux piliers d'une histoire dont la tristesse est contrebalancée avec régularité par un humour toujours sur le fil du rasoir. Le résultat est un dessin animé aussi magique que cruel, à l'animation simple centrée sur les attitudes, dont les deux personnages principaux ne pourront que vous revenir en mémoire au moment de prendre la décision de mettre ou non vos parents en maison spécialisée ».

« It’s not a disgrace… It’s dementia », d’Alzheimer Australie

Alzheimer Australie (branche de la Nouvelle-Galles-du-Sud) a lancé le troisième court métrage d’une série intitulée : « Ce n’est pas la honte, c’est la démence ». Le film, en langue khmère sous-titrée en anglais, est destiné à la communauté cambodgienne et vise à encourager l’acceptation de la démence comme une maladie et non un effet du vieillissement normal, afin que davantage de personnes aient recours à un avis médical, une évaluation et un soutien. D’autres films ont été produits pour les communautés portugaise, ukrainienne, assyrienne et croate. Ces films, produits en partenariat avec Why Documentaries et le Conseil des communautés multiculturelles d’Illawara, ont été soutenus par le département australien de la Santé et du vieillissement, et des services du vieillissement, de l’autonomie et de l’accompagnement à domicile de l’Etat de la Nouvelle-Galles-du-Sud.  Ces films sont disponibles en DVD et peuvent également être visionnés sur le canal YouTube d’Alzheimer Australie.

www.alz.co.uk, 14 juin 2012. Réseau transculturel Alzheimer Australie : www.fightdementia.org.au/understanding-dementia/cultural-diversity.aspx. It’s not a disgrace… It’s dementia. Vidéos : http://71.45.131.15/doc/archives/7170(khmer). www.youtube.com/watch?v=KW87V90FAcU(croate) www.youtube.com/watch?v=RrpfCL-LwbU (ukrainien). 

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