Le Père et l’ours, de John Putch

Byron Temple, un acteur retraité atteint de démence (interprété par Wil Love) rêve de remonter sur les planches une dernière fois. Contre l’avis de sa fille (Dendrie Taylor), il accepte un rôle que lui présente le nouveau directeur artistique (David Deluise) qui ignore la maladie de Byron. Le film The Father and the Bear (Le Père et l’ours) a été présenté à Dallas (Texas) au Festival du film américain, par son réalisateur John Puch et Mary Quiceno, directrice de la clinique de la mémoire de l’Université du Texas.

www.rottentomatoes.com/m/the_father_and_the_bear/, Alzheimer’s Association e-news, 19 avril 2017.

Une jeune fille de 90 ans, de Valeria Bruni-Tedeschi et Yann Coridian (1)

Le film est passé sur Arte le 7 juin à 20h55. Les journalistes sont conquis : « éblouissant moment de grâce (Télérama) ; « d’une pudeur et d’une délicatesse de tous les moments » (Le Figaro) ; « poignant, burlesque, théâtral (France Inter). Valeria Bruni-Tedeschi a coréalisé un documentaire émouvant, où l’on suit l’histoire d’amour platonique de Blanche, quatre-vingt-douze ans, et du chorégraphe venu faire un stage de danse dans un service de gériatrie de l’hôpital Charles-Foix à Ivry-sur-Seine. « Le chorégraphe est bouleversé, mais aussi - et la caméra le saisit parfaitement - un peu accablé par cette responsabilité, qui s’abat sur lui à l’improviste. Pour lui, Blanche sort de sa torpeur, de sa résignation. Son esprit altéré par la maladie retrouve des éclairs de lucidité qui semblent la porter aux nues avant de l’abattre dans une tristesse sans fond. Ce qui a commencé comme une promenade au fond des bois de la fin de vie devient une tragédie amoureuse, un peu comme si le roi Lear s’invitait chez Roméo et Juliette », écrit Le Monde. « Pour une fois, le regard porté sur la "démence sénile" (sic) ne suit pas le mouvement descendant de la perte de la mémoire puis de la conscience, mais part en prospection à la recherche de pépites - souvenirs, expressions, gestes -, que la seule présence du chorégraphe sort de leur gangue : les larmes d’une vieille dame d’origine asiatique, que l’on aurait crue catatonique, les bonnes histoires d’une autre, qui préservera jusqu’à son dernier mot un accent parisien en voie de disparition...Tout ce que la routine de l’internement, de la vie hospitalière tend à masquer est évident, par la grâce de la musique et de la danse. » Que voulait précisément montrer la réalisatrice dans ce film ? « C’est ce microcosme qui nous intéressait », dit-elle à Téléstar. On pensait préparer un spectacle avec les pensionnaires. Notre but était d’attraper ce que Simone Weil, la philosophe, appelle la compassion. Pour elle, le seul miracle qui existe est celui de deux personnes qui n’ont rien à obtenir l’une de l’autre et qui rentrent en empathie. » La chef de service nous a assuré qu’il n’y a rien de négatif dans ces émotions pour les malades. C’est juste l’histoire d’une femme qui se sent à nouveau vivante. » La réalisatrice a montré le documentaire à Blanche, aux autres résidents et aux médecins. « Blanche a même reconnu Thierry. Alzheimer est moins fort que le sentiment amoureux. C’est un grand mystère. Il faut que les médecins se penchent là-dessus ! », conclut Valeria Bruni-Tedeschi.

Une jeune fille de 90 ans, de Valeria Bruni-Tedeschi et Yann Coridian (2)

« Dis, grand-père, avec qui elle danse, la vieille dame ? » : le journaliste Yves Durand est ainsi questionné par l’un de ses huit petits-enfants. Sur un blog de La Croix, il fait part de la façon dont il a changé de regard sur la maladie à en regardant ce documentaire : « l’idée que j’allais perdre mon temps ou seulement me faire du mal n’a fait que m’effleurer, dès les premières images elle a disparu grâce à l’héroïne du film et à son complice, le chorégraphe Thierry Thieû Niang. Blanche ne connaît plus son prénom, du moins ne lui revient-il que par intermittence. Elle ne sait plus son âge, quatre-vingt-douze ans, ni l’endroit où elle est née. Dans sa chambre ou dans le patio où les résidents se trouvent réunis, elle a l’air perdu, les joues creuses, les yeux dans le vague. Mais quand le chorégraphe paraît, se produit une sorte de petit miracle. Geste après geste, mot après mot, silence après silence, l’artiste apprivoise la vieille dame qu’on voit peu à peu se métamorphoser : elle abandonne sa canne, se laisser guider, enlacer, porter tel un enfant ou telle une jeune épousée. En une série de longs mouvements au ralenti, le couple ébauche une danse, sensuelle et respectueuse. Un sourire inonde le visage de Blanche et quel sourire : magnifique, rayonnant ! « Vous reviendrez souvent nous voir ? », s’inquiète-t-elle. Amoureuse de ce beau jeune homme, Blanche avoue l’être un peu. Les autres résidents, malgré les effets de la maladie, perçoivent ce lien unique qui se crée devant eux. Tantôt avec indulgence, tantôt avec un soupçon de jalousie. Thierry Thieû Niang, de son côté, fait preuve de douceur et d’attention. On le devine tout surpris, lui-même, de ce qui se passe et de cette relation qui mène à la confiance et à l’apaisement. L’expérience ne résout évidemment pas tous les problèmes liés à la maladie d’Alzheimer. Elle permet cependant de l’aborder avec un autre regard. Ces personnes très âgées et très perturbées restent capables d’émotions et d’amour. En ce sens, le documentaire s’adresse à des publics de tous les âges, enfants et ados compris. Les deux réalisateurs d’Une jeune fille de 90 ans signent là un bijou d’humanité. Un reportage conduit avec de la bienveillance et du respect. Et de l’optimisme en prime. »

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