La mémoire du tueur (De Zaak Alzheimer), d’Erik Van Looy

« Un tueur à gages découvre qu'il est manipulé. Comme il souffre des premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer, il décide d'utiliser la police pour qu'elle l'aide à éliminer ceux dont il va bientôt oublier les noms... « « En 1995, à Anvers, le commissaire Vincke et son adjoint, l'inspecteur Verstuyft, enquêtent sur un réseau pédophile. Au cours d'une intervention, Cuypers, qui prostitue sa fille de douze ans, est tué. Parallèlement, à Marseille, Angelo Ledda, tueur à gages qui présente les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer, est chargé d'éliminer deux personnes. Très vite, Ledda se rend compte qu'on cherche à lui faire effacer les traces d'un réseau pédophile, le même que celui sur lequel enquêtent Vincke et Verstuyft. Ledda se retourne contre ses employeurs, mais sachant combien de temps sa maladie lui laisse, il décide de mettre Vincke sur ses traces. » Ce polar belge de 2003, prix de la critique internationale au Festival du film policier de Cognac 2004, réalisé par Erik Van Looy d'après une nouvelle de Jef Geeraerts, est l’un des plus grands succès du cinéma flamand, et l’un des dix films flamands les plus téléchargés. Le film n’a pas eu le même succès en Belgique francophone. Des remakes américains ont été annoncés à plusieurs reprises. En 2014, Brian De Palma a annoncé avoir un projet basé sur ce film, avec Al Pacino dans le rôle principal.

Très courts métrages : Nikon Film Festival

Le septième Nikon Film Festival est une compétition de courts métrages de moins de cent-quarante secondes, sur le thème « Je suis/une rencontre ». La perte de mémoire est abordée dans deux films. Dans sa rubrique culture, Senioractu.com écrit souligne que le sujet est « étonnamment récurrent chez les jeunes réalisateurs qui montre bien que la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées touchent bien sûr les malades eux-mêmes, mais également leur entourage. » Sur le blog de chaque court-métrage, les spectateurs dialoguent avec le réalisateur et lui apportent leur soutien.

Houdia Ponty propose « Je suis un vieux refrain », mettant en scène un retraité qui tente d’aborder une femme dans un café. « Il y a cette femme. Elle semble seule. Je ne vois pas son regard, mais celui-ci me plaît tout de même. Je l'imagine, c'est pour ça qu'il me plaît... Elle n'est pas venue ici par hasard. Elle a ses habitudes. Comme moi. Mais si elle a ses habitudes, comment se fait-il que je la voie pour la première fois ? » Senioractu écrit : « C’est l’un des plus beaux courts-métrages de cette édition. Clairement. Un homme âgé sirote son "petit noir" dans un café parisien. Une femme entre. Elle lui plaît. Il demande à la serveuse de lui offrir un café, puis des viennoiseries… Mais la dame reste imperturbable, même lorsqu’il sort le grand jeu. Puis, elle quitte le bar pour rentrer chez elle, dans l’immeuble qui se trouve juste en face. Il la suit et découvre l’improbable… »

Cédric Larcin propose « Je suis Marie-Jeanne », mettant en scène Chloé, qui rencontre une dame âgée sur sa route et lui propose de la raccompagner chez elle. Senioractu écrit : « Encore une très belle création. En effet, ce court-métrage évoque avec un grande justesse la perte de mémoire des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Une vieille dame se rend chez un ami… En route, une conductrice lui propose de l’accompagner. L’ami n’est pas là. Elles vont donc prendre un café chez la jeune femme. Elles parlent de tout et rien, comme deux inconnues pourraient le faire. La vieille dame -qui joue particulièrement bien- a les yeux dans le vide ; les questions lui semblent compliquées. Elle semble dans son monde, coupée des autres. Jusqu’à ce que les enfants arrivent et crient… Mamie ! Un film efficace, tendre et brutal à la fois. En 140 secondes, le réalisateur a totalement cerné l’une des problématiques de la maladie d’Alzheimer. La perte de mémoire d’un proche qui part se promener, qui ne reconnait plus ses enfants et les conséquences familiales que cela entraîne…

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