Soul Journey, de Heff Turner et Sharon Marsden

« Le Voyage de l’âme » est un projet associant un film et une exposition visant à « briser les stéréotypes communs et célébrer la créativité des personnes atteintes de démence », une création de la compagnie britannique Vert de Gris, qui propose des animations en maison de retraite. Plutôt que de recourir à la réminiscence et aux activités fondées sur la mémoire, les animateurs ont développé depuis dix ans des séances hebdomadaires associant chansons, poésie, mouvement et danse autour d’un thème particulier, pour générer un espace stimulant et sécurisant, propice à la conversation, à la relation et à l’expression créative. Par exemple, le thème peut mener à un poème sur l’été, une chanson sur les vacances d’été, et une aquarelle dans les tons jaunes et oranges. Le groupe partagera la lecture, la peinture et le chant pour créer une expérience multiple, intense et riche. « Nous voulons aussi montrer aux familles qu’il est possible de refaire participer leurs proches à la vie en société, qu’ils peuvent le faire et, en un sens, laisser la démence à la porte », explique Jeff Turner, créateur de la compagnie. L’initiative Soul Journey a reçu un financement du Conseil des Arts d’Angleterre. « Une exposition de photos permet aux spectateurs du film de rester plus longtemps dans la salle, de lire les poèmes, de s’approprier le thème, et d’encourager la réflexion à partir de leurs propres expériences », dit Amy Harbour, directrice de la salle municipale de Hebden Bridge. « Le film capture l’essence du voyage de la démence, pour lequel nous ne nous embarquons pas volontiers en tant qu’aidants : nous assistons à la détresse et à la confusion de nos proches, lorsque le paysage qui leur était familier leur devient soudainement étranger », dit Tricia Stead, thérapeute cognitivo-comportementale. « Mais nous affirmons aussi ce qui est toujours présent, incarné dans la personne, que nous pouvons tous partager et apprécier avec nos proches si nous sommes préparés à les suivre dans leur voyage, où qu’il mène. »

J Dementia Care, janvier-février 2017.

Un concours de courts-métrages

« La maladie d’Alzheimer est maintenant partout. Elle n’épargne aucun pays ni aucune culture, et chaque année le problème s’accroît. Des millions de personnes à travers le monde vivent avec une démence qui progresse », écrit David Shenk, créateur et producteur exécutif du projet Living with Alzheimer Film Project et conseiller de la Fondation Cure Alzheimer [une organisation à but non lucratif fondée par des professionnels du capital-risque, qui a déjà financé des projets de recherche fondamentale pour un montant total de 45 millions de dollars (42.5 millions d’euros)]. Ce projet de financement de film est dédié à améliorer leurs vie –votre vie – à travers un récit. Racontez-nous votre histoire. Chaque film de moins de trente minutes sera qualifié pour notre concours, doté d’un grand prix de 5 000 dollars (4700 euros). Partagez vos tentatives et vos joies inattendues. Aidez les autres à mieux comprendre le chagrin, l’épuisement et la perte surréelle. Ainsi, vous aiderez à élargir la perspective, encourager les services de proximité et aider à lever des fonds pour l’accompagnement et la recherche scientifique. Nous voulons particulièrement encourager les jeunes cinéastes avec un prix spécial de 1 000 dollars (944 euros). L’initiative est soutenue par la Fondation MetLife. Le site http://livingwithalz.org/films/propose des dizaines de courts-métrages, primés ou non.

http://livingwithalz.org/, 10 janvier 2017.

Vivere, de Judith Abitbol

Pendant huit ans, la réalisatrice Judith Abitbol a immortalisé l’amour liant une mère (Ede Bartolozzi) et sa fille (Paola Bartolozzi) : « Vivere témoigne de cette relation unique, raconte cet amour partagé, dans leur village en Italie, avec la famille, les amis et les voisins. » France Alzheimer et maladies apparentées participe à la diffusion de ce documentaire, diffusé dans plusieurs cinémas à travers la France à partir du 18 janvier 2016.

Happiness, d’Andy Lo Yu-Fai

Le premier long-métrage d’Andy Lo Yiu-Fai, cinéaste de Hong-Kong, est sorti en salle en août 2016. Kara Wai Ying-Hung incarne Tante Fen, une personne âgée atteinte de la maladie d’Alzheimer et qui vit seule. Carlos Chan joue le rôle d’un jeune chef cuisinier, Chan Kai-Yuk, qui a perdu sa mère, et qui a démissionné à cause d’un conflit avec la patronne du restaurant. Rejeté par son père, il vit dans la détresse : nulle part où aller. Il rencontre Tante Fen par hasard, et vient habiter chez elle. Au début, le fossé des générations crée une mésentente. Puis ils apprennent à se connaître et se comprendre mutuellement. Ils ne restent plus indifférents et sont désormais comme des proches d’une même famille. Chan Kai-Yuk devient son aidant principal. « Un film émouvant », commente LinKai Li, sur le site internet chinois NetEase. Un internaute psychologue recommande ce film, en espérant qu’il sensibilisera un public toujours plus nombreux à la maladie d’Alzheimer et à sa prise en charge : « Une comédie dramatique exquise, pleine de cœur et d’humour », écrit Edmund Lee, de South China Morning Post, qui évoque l’un des meilleurs films de Hong-Kong de 2016. « Une version plus grunge [manifestant le rejet de la société et le mal-être] d’Une vie simple, d’Ann Hui On-wah, qui évoquait la piété filiale d’un homme pour sa femme de ménage âgée. Happiness tire beaucoup de joie et de tristesse du lien improbable qui se crée entre un jeune marginal sans domicile et une propriétaire vivant seule qui l’héberge » : « un drame réconfortant sur nos responsabilités vis-à-vis des autres. »

http://ent.163.com/16/1027/08/C4CCGMCV000380D0.html, 27 octobre 2016 (site en chinois). www.scmp.com/culture/film-tv/article/2017063/film-review-happiness-kara-wai-carlos-chan-bond-one-best-hong-kong, 8 septembre 2016.

https://youtu.be/URQEPcOZ7pA (bande annonce en chinois, sous-titrée anglais). www.lovehkfilm.com/reviews_2/happiness.html. Traduction bénévole en français de Yangyang Zhang et Kaiyue Tang.

The Library, de Jason LaMotte

« Quand on aime les livres, on aime les bibliothèques, lieux mystérieux, de secrets : au détour d’une allée, d’un livre, voici que le voyage débute », écrit Nicolas Gary, d’Actualitté. Le réalisateur Jason LaMotte a monté une campagne de financement participatif sur Kickstarter pour créer un court-métrage, The Library, « un film sur un premier amour, sur les bibliothèques, et les écrits qu’elles abritent, et puis la tristesse qui entoure les maladies mentales ». « Le pitch est simple, voire simpliste : "Emily, âgée de treize ans, commence à recevoir des mots d’un admirateur secret, dans la bibliothèque. Ce qui l’emporte dans un voyage de découvertes à travers la littérature, la romance, et finalement, une histoire personnelle aigre-douce." À travers les livres, c’est une initiation, un parcours qui se dessine : quel est ce garçon qui courtise Emily si habilement ? Tout commence avec la magie de Cyrano de Bergerac – juste la référence de classement du livre notée sur un bout de papier, puis d'autres viendront. Et dans le même temps, voici l’occasion pour le réalisateur de rendre hommage à la bibliothèque de Houston, au Texas (Etats-Unis), d’où Jason LaMotte est originaire. Ce que le spectateur devinera, c’est le lien établi entre le lieu et la mémoire, un réseau de correspondances baudelairiennes, mais qui dépasse la poésie. » L’auteur des messages est en fait une bibliothécaire de quatre-vingts ans, Ruth, dont le mari, John, est décédé. Atteint de démence, John a vu son état se dégrader progressivement, et Ruth, pour tenter de l’aider, a recréé cette manière attendrissante qu’il eut de lui faire la cour, en plaçant, justement à travers la bibliothèque, des notes dans les livres. « J’espère que toutes les jeunes filles ayant un amour profond dans le cœur seront aussi chanceuses que moi », confie Ruth. Le film a reçu le soutien de la Société Alzheimer britannique.

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