La dernière chute, de Rolf Lyssy (1)

En Suisse, la sortie du film La dernière chute (Die letzte Pointe) du réalisateur Rolf Lyssy, dans de nombreuses salles alémaniques, fait l’objet d’une polémique houleuse. Le film suit les péripéties du parcours de Gertrud, 89 ans, « prise d’une peur panique de tomber dans la démence et de ne plus pouvoir choisir l’heure de sa mort ». Âgé de 81 ans, le réalisateur est un militant du « libre choix devant la mort » au sein de l’organisation Exit. La loi suisse n’autorise pas explicitement l’aide au suicide, mais ne la punit pas lorsqu’elle intervient « sans mobile égoïste », auprès d’individus en pleine conscience de leurs actes. Exit a élaboré ses propres conditions, plus restrictives : les candidats à un « accompagnement » doivent être atteints d’une maladie incurable, d’invalidité importante ou de polypathologies invalidantes, sans conséquences mortelles, mais qui altèrent le quotidien. Exit traverse une profonde remise en question. Son aile la plus libérale réclame que ce droit soit étendu aux personnes âgées quel que soit leur état de santé. Ses membres, qui défendent l’autodétermination, se sont donné un an pour examiner les conditions légales, politiques et juridiques d’une libéralisation de telles pratiques.

La dernière chute, de Rolf Lyssy (2)

Alzheimer Suisse salue le fait que le sujet tabou des démences se fraye un chemin devant le grand public, mais demande que les personnes atteintes de démence et leur entourage puissent obtenir un suivi et un accompagnement global pour leur garantir une vie dans la dignité. « Alzheimer Suisse soutient dès lors la mise en place de soins qui garantissent la meilleure qualité de vie possible et une assistance active jusqu'à la mort. Les personnes atteintes de démence doivent pouvoir compter sur des soins et une prise en charge adaptés à leurs besoins spécifiques. Il est ainsi possible que le ou la malade reprenne goût à la vie et que le désir de suicide s'estompe. Une société solidaire agit de façon préventive. »

Un débat sociétal similaire a lieu au Québec. Une législation récente (canadienne et québécoise) autorise la demande d’assistance à la mort. Le débat s’oriente maintenant vers l’extension de la loi à des personnes incompétentes. Gina Bravo et ses collègues, du centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Sherbrooke (Québec), préparent une enquête auprès des différents groupes d’acteurs (personnes atteintes de démence, aidants, médecins et infirmières) pour comparer leurs attitudes et croyances sur le sujet et la valeur qu’elles attachent à la protection de la personne.

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