Maladies apparentées ?

Comment vivre son métier de comédien tout en souffrant de sclérose latérale amyotrophique (maladie de Charcot) ? Thierry Monfray a trouvé la réponse : s’adapter et vivre coûte que coûte sa passion, malgré l’atrophie progressive de ses cellules nerveuses. En 2010, il a partagé la scène du Théâtre Hébertot avec Clémentine Célarié. La comédienne prépare Debout, un documentaire consacré à Thierry, son « jardinier de la joie ». Clémentine Célarié présentera ce film à l’Université d’été de l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer. « Dans son esprit même, le plan Alzheimer 2008-2012 a porté une « grande attention aux "maladies apparentées", à ce regard que l’on se doit de porter là où les maladies interrogent les solidarités et nous investissent de responsabilités politiques au vif de la société », écrit l’EREMA.

Ne m’oublie pas, de David Sieveking (1)

Dissidenz Films distribuera en salles Ne m’oublie pas (Forget me not- Vergiss mein nicht), un « documentaire filmé comme une fiction » du réalisateur allemand David Sieveking, récompensé par le Grand Prix de la Semaine internationale de la critique au Festival du film de Locarno (Italie), par le prix de l’Institut Goethe au Festival DOK de Leipzig (Allemagne) en 2012, et nominé aux Festivals du film de Berlin et de Rotterdam en 2013.  La sortie nationale de ce long métrage en France est annoncée pour le 25 septembre 2013. « Filmée et racontée de façon très simple, cette approche de la maladie d'Alzheimer est touchante par le respect et l'amour du fils réalisateur pour sa mère malade, et surtout par l'humour dont il fait preuve », écrit Waltraud Verlaguet, de Webarchiv Pro-fil. « Sa mère, c'était quelqu’un: belle, intelligente, avant-gardiste, activiste, féministe... elle était admirée par tous. Elle a gardé la vivacité de son esprit, sauf que, faute de pouvoir s'appuyer sur une mémoire qui permettrait de mettre les choses à leur juste place, ses remarques tombent constamment à côté, ce qui provoque constamment la bonne humeur des spectateurs tout au long du film, malgré la gravité du sujet. Heureusement, personne n'a songé au suicide assisté car l'affection de la famille rapproche ses membres entre eux autour de ce pôle d'amour maternel d'autant plus précieux qu'il est fragile et menacé. Un vibrant hommage à la dignité intangible de l'humain ».

Ne m’oublie pas, de David Sieveking (2)

« Actifs dans le mouvement estudiantin de mai 1968, les parents de David avaient une relation de couple libre. Celle-ci est maintenant mise à rude épreuve par la maladie. Les changements chez la mère obligent les membres de la famille à régler leurs conflits et à trouver une nouvelle manière d'être ensemble, plus chaleureuse. Pleine d'humour et de franchise, la chronique de Sieveking se distingue par le naturel des protagonistes et par un regard tendre, plein de sympathie. C'est l'humain qui est au centre, bien plus que la maladie ». L’Institut Goethe écrit : « le film réussit à préserver l’équilibre délicat entre émotions personnelles et distance artistique. Ainsi, une histoire très privée devient un récit universel sur la maladie, la mort, l’amour et la responsabilité. » La distributrice Bich-Quân Tran pense que « ce film peut offrir une vision réellement apaisée de la maladie et sensibiliser le public sans l’effrayer, tout en mettant à sa disposition des supports et outils pédagogiques pour mieux appréhender la maladie »

Ne m’oublie pas, de David Sieveking (3)

Un développement important du film a été le rapprochement des parents du réalisateur. David Sieveking témoigne : « mes parents étaient à l’origine un couple d’intellectuels soixante-huitards. Ils ont toujours beaucoup discuté et avaient peu d’intérêt pour le romantisme. Je ne les ai jamais vus se tenir la main. Dans la maladie, parce que ma mère avait oublié qui elle était auparavant, elle s’est mise simplement à prendre la main de mon père, juste quand elle en avait envie. Et maintenant, ils sont beaucoup plus câlins, l’un avec l’autre. Ce qui est formidable, c’est qu’après un moment, cela a plu à mon père, et il reconnaît que c’est merveilleux de simplement pouvoir se dire : »je t’aime ». En soignant ma mère, il a aussi découvert comme il était important d’âtre là pour quelqu’un, d’être une personne dont on a besoin. J’ai trouvé cela touchant, la manière dont mes parents se sont retrouvés, et pour moi c’était pareil. Par le passé, j’ai rarement pris ma mère dans mes bras et encore moins mon père. C’était vraiment merveilleux : le film n’était pas une tragédie sur la maladie d’Alzheimer, mais au contraire un chaleureux hymne à l’amour et à la vie. »

Heavy Girls, d'Axel Ranisch

« Sven, employé de banque, laisse tous les matins sa mère, atteinte de la maladie d'Alzheimer, aux bons soins de Daniel, qui vient la garder à domicile. Un temps, cet arrangement paraît idyllique. Daniel est attentif, et la forme que prend la maladie de la vieille dame est tout à fait charmante. Daniel, marié, père d'un garçon, s'aperçoit que son employeur est tombé amoureux de lui et cède à ses avances, après avoir été mis à la porte de chez lui par sa compagne ». Thomas Sotinel, du Monde, écrit : « dans des décors d'une banalité qui aurait à nouveau fait pleurer Edith Piaf, l'histoire de Daniel et Sven n'emprunte pourtant pas les chemins que l'on pourrait attendre, et il semble bien que Heavy Girls (traduction anglaise du titre allemand, dicke Mädchen, "de grosses filles") aspire à un anticonformisme plus radical que la simple défense du droit à aimer pour tous. Le film a suffisamment plu dans de nombreux festivals pour y remporter plusieurs prix du public. Il faut croire qu'il se trouve de nombreux spectateurs capables de surmonter la laideur apparente pour se laisser emporter par l'élan vital indéniable qui parcourt Heavy Girls », un film du réalisateur allemand Axel Ranisch.

Retour haut de page