Pékoloce rend visite à sa mère, de Yuuichi Okano

Les premières planches de ce qui allait devenir un livre en 2012 ont été publiées à compte d’auteur. Aujourd’hui, le succès de ce manga (bande dessinée japonaise) est retentissant et tout à fait inattendu.  Un film doit sortir à l’automne. Pékoloce rend visite à sa mère raconte, avec beaucoup d’humour, la vie quotidienne à Nagasaki du dessinateur, Yuuichi Okano, soixante-trois ans, avec sa mère Mitsué, quatre-vingt-dix ans, souffrant de la maladie d’Alzheimer. Recourir au dessin permet, selon Yuuichi Okano, de prendre du recul pour vivre les conséquences pénibles de cette maladie et d’en percevoir la dimension parfois amusante. C’est aussi le moyen pour lui de se détendre à la fin de la journée, une fois son travail de journaliste terminé et les soins prodigués à sa mère achevés. C’est en tout cas, selon lui, le dessin qui facilite ses relations avec sa mère. Quant à son surnom de Yuuichi Okano le doit à son crâne dégarni qui ressemble à un « pékoloce », espèce d’oignon apprécié des Japonais. Dans une scène du manga, on le voit d’ailleurs offrir son crâne aux doigts de sa mère pour qu’elle puisse le taper afin de rééduquer sa main. Yuuichi Okano estime que sa chance a été de ne pas avoir vraiment de connaissances  sur cette maladie et, à l’opposé des familles qui se lamentent au seul énoncé de son nom, de l’avoir acceptée comme un phénomène de vieillissement naturel. « Je ne ressentais pas de tristesse en voyant l’état de santé de ma mère se dégrader mais un sentiment d’affection et de tendresse, surtout quand je songeais à ce qu’elle avait été autrefois. J’ai vu, pour la première fois, ma mère sourire d’un sourire innocent qui était celui d’un petit enfant. » La manga permet de traiter avec une douce ironie des sujets les plus difficiles à supporter, comme des sous-vêtements sales que l’on cache ou les accusations de vol proférées à l’encontre des proches. Yuuichi Okano confesse qu’en réalité, il était souvent fâché contre sa mère mais que, lorsqu’il réfléchissait à la façon de traiter ces scènes par le dessin, il en arrivait à une perception plus objective et à une meilleure compréhension de ses comportements. Yuuichi Okano admet cependant qu’aujourd’hui, en raison de l’évolution de la maladie de sa mère, il lui est beaucoup plus difficile de conserver cette distance par rapport à la réalité et que ses planches les plus récentes reflètent davantage ses souhaits que son vécu quotidien.

Yomiuri Shinbun, 2 avril 2013 (texte en japonais, résumé en français de Kyoko Ito-Siegel). Okano Y. Pecoros, goes to meet a mother. 19 juillet 2012. ISBN: 978-4816708534 (livre en japonais). www.yesasia.com/us/pekorosu-no-haha-ni-ai-ni-iku/1031096618-0-0-0-en/info.html.

Al Zimmeur, de Thibaut Lambert

Le dessinateur Thibaut Lambert, animateur de Café Alzheimer en Belgique, a dédicacé son album Al Zimmeur (2011) à Maillezais (Vendée).  Pour sensibiliser et expliquer ce qu'est la maladie d’Alzheimer, la priorité a été donnée aux images et à la métaphore avec cette bande dessinée, fruit d'une collaboration entre l’auteur, la Ligue Alzheimer de Belgique et une maison d'édition. Dans l'esprit du héros de l'histoire, la maladie d’Alzheimer prend ainsi la forme d'un agresseur prénommé Al Zimmeur. Un dossier pédagogique illustré complète l'ouvrage et permet de replacer l'histoire dans un contexte réaliste et quotidien. Thibaut Lambert est lauréat du prix jeune talent au concours de bande dessinée de la ville de Ganshoren, et a été sélectionné au concours espoir de la quinzaine de la BD organisé par la ville de Bruxelles.

Lambert T. Al Zimmeur. Préface de Sabine Henry. Dubuy : Coccinelle, 2011. 63 p. ISBN :978-2-930273-62-4.www.bibliotheques.province.luxembourg.be/. La Nouvelle République, 29 mai 2013. 

Retour haut de page