Président de la République : quelle politique pour les personnes âgées ?

« Emmanuel Macron mise sur une société inclusive, intergénérationnelle », résume Annie de Vivie, d’Agevillage. « Il veut revaloriser de 100 €/mois le minimum vieillesse via l’allocation de solidarité aux personnes âgées, et développer la prévention dans le champ de la santé (remboursement à terme des prothèses optiques, dentaires et auditives, déploiement d'activités sportives adaptées avec quarante mille étudiants). Il va mobiliser cinq milliards d'euros dans le cadre d’un plan d'investissement sur la Silver économie, le maintien à domicile, l'aide aux aidants, le parcours résidentiel, les métiers de l'aide. »

La génération pivot : celle des soixante-huitards

Joëlle Huillier, députée de l’Isère, auteur du rapport « Du baluchonnage québécois au relayage en France – Une solution innovante de répit », adéclaré : « N’oublions pas que les vieux d’aujourd’hui, ce sont les soixante-huitards d’hier. Ils ont appris à s’exprimer sur les barricades. Cette génération dite "pivot" a certes "bien vécu", mais elle est aujourd’hui prise en sandwich entre ses parents et ses enfants. Il va falloir répondre à leurs besoins. Autrement, on va vers une révolution. Je crois que 68 n’est pas loin ! »

Le Journal du domicile, avril 2017.

Prévention

« Il est fondamental de développer une véritable politique de prévention, afin de reculer autant que possible la survenue des premiers signes de la maladie d’Alzheimer », explique Alain Bérard, directeur adjoint de la Fondation Médéric Alzheimer. « À titre d’exemple, si l’on repoussait de cinq ans la survenue de la maladie, cela diminuerait de moitié le nombre de personnes malades. La prévention est l’une des clés du modèle économique à imaginer pour garantir le financement de la dépendance. Pour preuve : les EHPAD (établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) eux-mêmes projettent désormais leurs ressources au domicile, soit en y organisant des ateliers individuels (cuisine, musique…), soit en faisant venir les personnes concernées non résidentes pour suivre en établissement des ateliers collectifs. Cette démarche présente en outre l’intérêt d’éviter une rupture dans le parcours de vie, en créant un véritable continuum entre le domicile et l’établissement. »

Géroscopie pour les décideurs en gérontologie, mai 2017.

Prise en charge de la maladie d’Alzheimer : attentes déçues

Bastien Terrade et Sarah Roblet, du Journal du domicile, font le point sur les disparités territoriales en matière de taux d’équipement, de la mise en œuvre du plan maladies neurodégénératives, de la multiplication des dispositifs de coordination et d’évaluation. « L’attente importante des familles a été largement déçue car elles n’ont pas encore vu les fruits du plan Maladies neurodégénératives ; les usagers ont particulièrement souffert des effets d’annonce », déclare France Alzheimer, pour qui la défaillance tient à l’élargissement du champ d’action du plan mais aussi du manque de réactivité des pouvoirs publics. « Des constats intéressants ont été dressés au moment de l’évaluation du plan 2008-2012. On a relancé un nouveau plan sans que les réponses aux problèmes soulevés aient été apportées. »

Le Journal du domicile, avril 2017.

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