Prévention de la perte d’autonomie : quelle politique ? (1)

Pour Michèle Delaunay, ministre chargée des Personnes âgées et de l’autonomie, « la prévention est primordiale pour retarder la perte d'autonomie et donc au final pour réaliser des économies ». Elle pense notamment au « dépistage des déficits sensoriels, qui pris à temps permettent d'éviter un isolement irrémédiable. Surveiller les signes de dépression ou de fragilité, deux allers simples pour la perte d'autonomie, est aussi indispensable. Pour autant, il est aujourd'hui difficile de mesurer l'impact de cette prévention, en raison d'un manque de recul ». Pour Matignon, « le système de santé, encore trop centré sur la prise en charge curative des personnes âgées, est insuffisamment adapté à l’accompagnement des affections chroniques. Il faut organiser aujourd’hui un renforcement de la prévention pour éviter ou diminuer la prise en charge de demain. Dans cette démarche, c’est l’ensemble des acteurs de santé qu’il faudra mobiliser, pour mieux identifier et dépister la fragilité de manière plus précoce au sein d’un dispositif de prévention graduée et organisée ».

Le Monde, 27 février 2013.  Premier ministre. Rapports Aquino, Broussy et Pinville, en vue de la future loi d’adaptation de la société au vieillissement, 11 mars 2013.

Prévention de la perte d’autonomie : quelle politique ? (2)

La culture de la prévention « doit débuter le plus tôt possible, dès le plus jeune âge, poursuit le Premier ministre. Si les professionnels de santé sont bien sûr concernés, une mobilisation citoyenne et sociale s’avère nécessaire pour changer les représentations du vieillissement, afin de donner toute la place qui revient aux personnes âgées dans la société. C’est pourquoi il s’agit d’abord d’alerter les bons relais pour préserver la santé des seniors en emploi, et en accompagnant mieux le passage à la retraite, moment clé des parcours de vie des personnes, pour que le troisième âge devienne une troisième vie. Généraliser les sessions de préparation à la retraite apparaît nécessaire ; lutter contre l’isolement des personnes âgées, facteur déterminant de la perte d’autonomie en encourageant toutes les initiatives citoyennes en la matière et en mobilisant les services sociaux autour de cette priorité nationale ; repérer les premiers signes de la fragilité : une fatigue, une vitesse de marche ralentie, une perte de poids inexpliquée, une activité physique réduite, tels sont les premiers indices qui doivent nous alerter pour ne pas laisser s’installer un processus qui peut conduire à la dépendance. Sensibiliser le grand public et mobiliser les acteurs sociaux pour mieux repérer ces signes est donc impératif afin d’agir avant que la perte d’autonomie ne devienne irréversible ».

Le Monde, 27 février 2013.  Premier ministre. Rapports Aquino, Broussy et Pinville, en vue de la future loi d’adaptation de la société au vieillissement, 11 mars 2013.

Prévention de la perte d’autonomie : quelle politique ? (2)

 « Prolixe sur la prévention ou sur la nécessaire adaptation de l'habitat au vieillissement de la population, Michèle Delaunay est moins diserte sur les moyens de financer cette réforme de la dépendance. La ministre déléguée en charge des personnes âgées et de l'autonomie assure que les aidants ne seront pas oubliés. Elle compte notamment mettre en place un guichet unique, qui permettra d'informer et d'orienter les familles. Elle prépare aussi des mesures pour diminuer le reste à charge supporté par les personnes dépendantes et leurs proches », écrivent Frédéric Cazenave, du Monde et Patrick Lelong, de France-Info. La ministre chargée des Personnes âgées et de l’autonomie évoque un financement reposant à la fois sur la solidarité nationale et sur la responsabilité individuelle. « Personnes âgées dépendantes : la France sommée de combler son retard. Trois rapports soulignent l’urgence d’une politique pour les très âgés, au-delà de son seul financement », titre Le Monde. « Dépendance acte I : après plus de cinq ans de tergiversations, la réforme de la dépendance a peut-être été lancée par Jean-Marc Ayrault », écrit Marc Landré, du Figaro. Les trois rapports Aquino, Broussy et Pinville, remis au Premier ministre, nourriront les deux premiers volets du projet de loi promis pour la fin de l'année : la prévention de la dépendance et l'adaptation de la société au vieillissement. Le troisième volet concernera « l’'accompagnement de la perte d'autonomie », autrement dit l'amélioration des aides financières aux personnes âgées dépendantes à domicile ou en maison de retraite. Il s'agit là des mesures les plus coûteuses, et donc les plus incertaines, étant donné l'état des finances publiques, écrit Vincent Collen, des Échos. Le besoin de financement est estimé à huit milliards d’euros par an à l’horizon 2030, et les trois rapports ne donnent aucune piste sur les ressources à trouver. En revanche, les deux premiers volets de la loi ne nécessiteront pas forcément des dépenses très importantes. Des « mesures simples » pour améliorer les pratiques des professionnels en contact avec les personnes âgées peuvent être prises « avec des financements qui existent déjà », a assuré Jean-Pierre Aquino. La consultation de prévention pour les plus de soixante-cinq ans, prise en charge par l'assurance maladie, pourrait ainsi être améliorée, préconise-t-il.

Le Monde, 27 février et 12 mars 2013.  Les Échos, Le Figaro, 12 mars 2013.

Avancée en âge, prévention et qualité de vie : le rapport Aquino (1)

« La fatalité est l’excuse des âmes sans volonté » : c’est par cette citation de Romain Rolland que débute le rapport du comité Avancée en âge, prévention et qualité de vie remis par le Dr Jean-Pierre Aquino au Premier ministre. Pour le rapporteur, assisté de Patrick Gohet et Céline Mounier, de la mission d’appui de l’inspection générale des affaires sociales, « plusieurs actions sont à privilégier : prévoir l’incidence des maladies invalidantes émergentes grâce à l’épidémiologie, prévenir des situations pathogènes en dépistant les facteurs de risque - réhabiliter la perte d’autonomie ; compenser toute incapacité sur les plans technique, humain et financier ;  évaluer les actions engagées en termes d’efficacité pour s’assurer de la bonne utilisation des financements alloués ». « La prévention en gérontologie ne peut être conçue que dans une approche globale, médicale, psychologique, sociale, mais aussi environnementale, s’appuyant sur la pluridisciplinarité des acteurs et impliquant une démarche interministérielle compte tenu des différents domaines concernés. La coordination des acteurs et des financeurs, la définition d’axes stratégiques pertinents et l’évaluation des actions conduites s’imposent. Ceci étant, l’avis des acteurs de terrain en contact direct avec les populations doit être privilégié, faute de quoi la concrétisation des mesures, aussi pertinentes soient elle, risque de se heurter à la réalité du terrain. Si des actions individuelles et collectives s’avèrent nécessaires, en particulier au moment des épisodes de rupture qui surviennent au cours de la vie, de nouveaux modes d’organisation s’imposent pour mieux répondre aux besoins de la population vieillissante. Ainsi, le développement de l’intégration des services de soins, initié par le Plan Alzheimer, se doit d’être poursuivi et généralisé. Le parcours de santé des personnes âgées en risque de perte d’autonomie doit s’adapter au contexte de la chronicité des affections en cause. La convergence des dispositifs pour l’autonomie conduit assez naturellement vers la création de maisons de l’autonomie ».

Aquino JP, Gohet P, Mounier C. Comité « Avancée en âge, prévention et qualité de vie ». Anticiper pour une autonomie préservée : un enjeu de société. Premier ministre ; ministère des Affaires sociales et de la santé ; ministère des Personnes âgées et de l'autonomie. 132 p. Paris : Documentation française. Mars 2013. www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000175/0000.pdf (texte intégral).

Avancée en âge, prévention et qualité de vie : le rapport Aquino (2)

Le rapport Aquino rappelle que « dans certains cas, la perte d’autonomie est évitable. Ce constat renvoie à des organisations insuffisamment adaptées à la population. Prévenir ces situations représente un véritable challenge, qu’il s’agisse d’interventions au domicile, avec le repérage des facteurs de risque de fragilité, dans les établissements de santé ou encore dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes. Ces actions ne pourront être menées à bien que si les acteurs sont formés et si les pratiques professionnelles sont adaptées au contexte. C’est dire aussi toute l’importance de l’innovation et de la recherche. La promotion d’une recherche pluridisciplinaire est un objectif prioritaire. Ses efforts doivent porter sur le rapprochement de deux mondes trop souvent distants : celui porté par les sciences médicales et celui porté par les sciences humaines et sociales. Le croisement des disciplines, les interfaces qui en résultent sont source d’un enrichissement qu’il faut savoir saisir. Mais, c’est un exercice difficile, insuffisamment développé en France, qui mérite une réflexion et des actions adaptées ». Le rapport Aquino conclut : « nous avons à portée de main des possibilités d’action efficaces pour développer la prévention afin de préserver l’autonomie, mais aussi de prévenir la survenue d’incapacités. Nous sommes bien dans le refus de la fatalité… Mais, au-delà des arbitrages qui s’avèrent nécessaires, il convient de poursuivre en définissant les opérateurs chargés de la mise en œuvre des actions et en procédant à une évaluation des coûts ».

Aquino JP, Gohet P, Mounier C. Comité « Avancée en âge, prévention et qualité de vie ». Anticiper pour une autonomie préservée : un enjeu de société. Premier ministre ; ministère des Affaires sociales et de la santé ; ministère des Personnes âgées et de l'autonomie. Mars 2013. 132 p. Paris : Documentation française. www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000175/0000.pdf (texte intégral).

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