Plan Alzheimer : quel bilan à quatre ans ?

Au 1er février 2012, 486 pôles d’activités et de soins adaptés (PASA) et 118 unités d’hébergement renforcés (UHR) accueillent des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, tandis que 185 PASA et 36 UHR n’attendent plus que leur visite de conformité pour démarrer leur activité. 65 unités cognitivo-comportementales (UCC) ont été ouvertes, 193 équipes mobiles pluridisciplinaires accompagnent les personnes malades à domicile et 142 gestionnaires de cas interviennent dans 55 MAIA (maisons pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer). 11 000 places dans 1 730 accueils de jour et 68 plateformes d’accompagnement et de répit étaient en activité fin 2011. « Il reste encore une année de ce plan pour avancer », a déclaré le président de la République.

Actualités sociales hebdomadaires, 10 février 2012.

Plan Alzheimer : enjeu électoral

A quelques mois de l’échéance du plan Alzheimer, le chef de l’Etat, qui estime qu’ « Alzheimer ne doit pas appartenir à un débat droite-gauche », a souhaité que ce plan se poursuive lors du prochain quinquennat. Le lendemain, François Hollande a promis la poursuite du plan Alzheimer dans un discours sur la santé. France Alzheimer estime qu’ « au-delà de 2012, l’ensemble des mesures touchant directement la vie quotidienne des familles et des personnes malades (mesures 1, 2 et 6) doivent être poursuivies et pérennisées. Après quatre années d’investissement humain et financier, la fin de ces mesures constituerait une immense déception pour toutes les familles ». France Alzheimer, qui souhaite « un vrai projet et non pas du saupoudrage », publie une liste de « dix propositions aux candidats à l’élection présidentielle 2012 pour améliorer la vie des personnes malades et de leur famille » : lancer un quatrième plan Alzheimer ; pérenniser financièrement les dispositifs d’accompagnement et de répit existants ; développer des établissements spécialisés et entièrement dédiés aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer ; ouvrir le champ de la prise en charge aux approches thérapeutiques non médicamenteuses ; reconnaître et valoriser l’engagement des aidants familiaux en leur accordant des droits et des soutiens spécifiques ; pérenniser financièrement les actions de formation des aidants familiaux ; diminuer le reste à charge des familles en établissement ; mettre en place un plan d’aide personnalisé et de qualité pour tous ; engager une réforme du financement de la perte d’autonomie ; mobiliser les ressources nécessaires au financement de la perte d’autonomie.

Actualités sociales hebdomadaires, 10 février 2012. www.francealzheimer.org, janvier 2012. www.lejdd.fr, 31 janvier 2012.  www.lcp.fr, 2 février 2012. www.espacedatapresse.com, www.europe1.fr, www.cinquieme-risque.fr, 1er février 2012.

Dépendance : enjeu électoral, enjeu assurantiel (1)

Nicolas Sarkozy a confirmé que la réforme du financement de la perte d’autonomie attendra « des jours meilleurs ». « J’assume tout à fait la décision que j’ai prise de décaler la réforme de la dépendance », a déclaré le chef de l’Etat : « je ferai cette réforme quand j’aurai les moyens de la financer de manière crédible et non pas pour créer un gouffre ou pour se trouver avec des structures dont on ne pourra pas payer le personnel, ou des structures où il n’y aura pas assez d’encadrement et où on ne pourra faire face ». « Traiter ce dossier de façon exhaustive dans le contexte actuel n’aurait pas été responsable, tout simplement parce qu’on ne peut pas traiter la dépendance simplement en créant de la dette, et donc en reportant son financement sur les générations futures ».

Michèle Rivasi, porte-parole d’Eva Joly (candidate d’Europe Ecologie-Les Verts), a déclaré dans une tribune libre sur Senioractu.com : « Alzheimer ne doit pas faire oublier la réforme de la dépendance ». « A l’instar du financement des retraites, on peut constater que Nicolas Sarkozy préfère privilégier les intérêts du privé en offrant ce marché juteux aux sociétés d’assurance et autres fonds de pension, plutôt que de raboter certaines niches fiscales qui n’ont pas lieu d’exister. Pour mieux prendre en charge la maladie d’Alzheimer, il faut continuer à mettre à disposition des personnes dépendantes davantage de maisons d’accueil, pour soulager les familles qui n’ont pas la capacité de les prendre en charge. Ces personnes dépendantes représentent un danger pour elles-mêmes quand elles n’en représentent pas pour les autres, comme l’ont illustré de nombreux faits divers ». Par ailleurs, Michèle Rivasi met en avant la sur-médication, la consommation chronique de tranquillisants et de somnifères et l’aluminium dans l’eau potable comme facteurs de risque de développer la maladie d’Alzheimer. François Bayrou souhaite lancer un plan « face à la dépendance » pour « faire jouer tous les leviers disponibles », et « inciter fortement, ou rendre obligatoire, à partir d’un certain âge, une démarche de prévoyance qui combinera solidarité nationale et mutualisation des risques ».

Ainsi, « à défaut d’avoir été engagée lors de ce quinquennat, la réforme de la dépendance pourrait marquer la campagne électorale. Pendant ces débats, les acteurs de l’assurance multiplient les initiatives, notamment en direction des aidants », écrit François Limoge, de L’Argus de l’assurance. Selon un baromètre dépendance de l’Union d’institutions de prévoyance OCIRP publié fin 2011, 74% des particuliers interrogés estiment en effet que la dépendance doit être un des enjeux de la campagne. 

Le Quotidien du médecin, 2 février 2012. www.argusdelassurance.com, 6 février 2012. www.cinquième-risque.fr, 24 janvier 2012. www.mediapart.fr/files/media_61379/, 11 février 2012. 

Dépendance : enjeu électoral, enjeu assurantiel (2)

Le groupe AG2R-La Mondiale, pionnier de l’assurance dépendance au début des années 1980, propose désormais une offre spécifique pour les aidants familiaux, couvrant une hospitalisation imprévue de plus de vingt-quatre heures ou une immobilisation de plus de cinq jours (mise à disposition d’une aide-ménagère, ou d’une auxiliaire de vie), à partir de 11 € par mois. Allianz, en collaboration avec Mondial Assistance, propose dans les garanties d’un contrat d’assurance dépendance, une palette de services destinés à aider le souscripteur en cas de dépendance d’un de ses proches : bilan de vie, soutien psychologique, accompagnement dans la recherche d’un hébergement… Europ Assistance et Capitis Conseil SA, société lyonnaise indépendante de gestion de patrimoine, commercialisent un contrat d’assistance aux aidants, selon deux formules. La première, proposée au tarif de 35 €/mois, intègre quatre prestations permettant d’établir un diagnostic de la situation et d’analyser les besoins à couvrir : conseil social par une assistante sociale, audit de l’habitat, diagnostic financier, évaluation multidisciplinaire des besoins de la personne aidée. Une seconde formule, proposée au tarif de 48 €/mois, ajoute un soutien psychologique pour l’aidant, une écoute conviviale pour la personne aidée, la livraison de médicaments et de repas au domicile, la recherche d’une auxiliaire de vie, le remplacement de l’aidant en cas d’hospitalisation, la gestion des travaux à domicile, la mise à disposition d’un coffre-fort électronique pour l’archivage des documents importants. Le contrat peut être co-souscrit par les membres de la famille afin de répartir le coût de la mensualité. Pour les épargnants détenant un contrat d’assurance vie avec un clause de sortie en assurance dépendance, la crise économique a fortement dégradé les rendements : ainsi, le taux du contrat Groupama Epargne, qui représente la moitié de l’encours géré en épargne individuelle pour l’assureur, est passé de 4.5% fin 2008 à 3.10% fin 2011.

www.argusdelassurance.com, 6 février 2012. www.cinquième-risque.fr, 24 janvier 2012. www.senioractu.com, 6 février 2012. http://votreargent.lexpress.fr, 9 février 2012. 

Dépendance : enjeu électoral, enjeu assurantiel (3)

Les syndicats disent « non à la privatisation de la dépendance ». Pour Yves Vérollet, nouveau président de l’UNA (Union nationale à domicile), secrétaire confédéral de la CFDT, membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE), avec seulement trois milliards d’euros, « il est possible d’améliorer nettement la situation, sans avoir à bouleverser tout le système de financement. Certes, on pourrait envisager de basculer la protection de la dépendance. Mais le CESE a voté, de manière unanime, y compris les représentants des organisations patronales, pour garder un socle essentiellement public – les complémentaires existeront encore. Nous avons estimé qu’il n’y avait pas besoin non plus de basculer ce risque sur l’assurance-maladie ou l’assurance vieillesse, mais qu’il fallait trouver les sommes nécessaires sans alourdir les prélèvements pris sur les revenus du travail. Le CESE a donc fait deux propositions. La première concerne le patrimoine : en alternative à des propositions, en particulier sénatoriales, qui envisageaient une récupération des prestations dépendance sur les successions des personnes elles-mêmes, nous avons privilégié l’idée d’une taxe sur toutes les successions, à taux faible, qui abonderait la moitié des trois milliards d’euros recherchés ». Pour Monique Weber, pharmacienne, responsable des relations avec les professions de santé au CESE et représentante de la CGC, « les successions et donations ne sont pas imposées actuellement. La taxe ne concernerait donc pas seulement les personnes aidées. La solidarité de leur famille est aujourd’hui très fortement mobilisée, leur demandant des sacrifices importants. Nous ne pensons pas qu’il soit juste de les pénaliser doublement ». La seconde proposition du CESE (sur laquelle plusieurs organisations se sont abstenues) suggère d’augmenter la CSG (contribution sociale généralisée) payée par les retraités, ce qui permettrait de trouver le 1.5 milliard d’euros restant. Yves Vérollet et Monique Weber invitent à mettre en œuvre une meilleure prévention et une meilleure coordination, pour éviter « du gâchis » : « un aidant appelle le service d’aide médicale d’urgence (SAMU) après un malaise de la personne âgée, alors qu’une bonne prévention eût coûté bien moins (qu’on pense à l’effet canicule…) ! L’hospitalisation a un coût en elle-même, mais elle coûte aussi après. La personne âgée hospitalisée est désorientée et n’est pas préparée pour son retour au domicile. Sa dépendance débute à l’hôpital ! Une aide mieux coordonnée en amont, ce n’est pas un coût mais une économie ». 

CERAS. Projet n°326. Février 2012. www.ceras-projet.org/index.php?id=5672.

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