In memoriam : Maurice Bonnet

« Figure incontournable du secteur de la gérontologie », « incontestable visionnaire de la cause des personnes âgées », titre Directeurs au service des personnes âgées, la revue de l’AD-PA. « Ouvrier, il fut un infatigable militant de la CFDT dans les années 1960, avant de consacrer sa vie aux politiques sociales, en particulier à destination des personnes en situation de handicap et des personnes âgées. De très nombreux élus et associations de ce secteur ont nourri leurs actions de terrain des travaux de Maurice Bonnet et continueront de le faire. Sa profonde humanité et la sincérité de son engagement manqueront terriblement à l’ensemble des acteurs de la sphère sociale », écrit le ministère des Affaires sociales et de la santé. Disparu à l’âge de quatre-vingt-sept ans, ancien vice-président du CNRPA (Comité national des retraités et personnes âgées), ancien membre du Conseil économique et social, Maurice Bonnet est l’auteur de plusieurs rapports, notamment : « Les personnes âgées et la société » (Conseil économique et social, 2001) ; « Les bonnes pratiques en soins en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes »(ministère de la Santé, 2004) ; « Pour une prise en charge collective quel que soit leur âge des personnes en situation de handicaps » (Conseil économique et social, 2004). Une vidéo diffusée sur Dailymotion montre son intervention le 8 avril 2010 à l’Assemblée Nationale lors du Colloque du Grand Orient de France pour un cinquième risque.

Directeurs au service des personnes âgées, septembre-octobre 2012.www.sante-social.gouv.fr, 23 mai 2012.www.dailymotion.com/video/xcx2lp_maurice-bonnet-pour-un-nouveau-risq_news, 12 avril 2010.

Fragilité

A une très large majorité, le conseil d’administration de la CNAV (Caisse nationale d’assurance vieillesse) a décidé de redéfinir le panier de services proposé par la Caisse en faveur des retraités les plus fragiles. Des expérimentations seront lancées en 2013 sur quelques territoires volontaires. Un cahier des charges est en préparation. Le panier de services serait défini en fonction du niveau de fragilité des bénéficiaires et non plus de la grille AGGIR (autonomie-gérontologie-groupe iso-ressources). Le rapport de l’ancienne députée Valérie Rosso-Debord consacrée à la prise en charge de la dépendance soulignait que cet outil « ne permet pas de décrire la complexité de la situation de la personne dans son environnement » Trois niveaux de fragilité pourraient être ainsi envisagés : pour des « retraités présentant des premiers signes de fragilité », le panier de services pourrait « proposer des prestations favorisant essentiellement le maintien du lien social ainsi que des informations et conseils de prévention afin d’éviter le basculement dans une plus grande fragilité » ; pour des « retraités déjà confrontés à certains critères de fragilité », les prestations du niveau précédent pourraient être complétées par des heures d’intervention au domicile du bénéficiaire ; pour les « retraités cumulant de nombreux facteurs de fragilité (économiques, sociaux, environnementaux, sanitaires) », les prestations précédentes seraient complétées par un volume plus important d’heures d’intervention au domicile.

Actualités sociales hebdomadaires, 19 octobre 2012.

Vieillir pauvre chez soi

Dans un rapport intitulé « Habitat et vieillissement : vivre chez soi, mais vivre parmi les autres ! », le Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées (HCLPD) s'inquiète notamment des difficultés pour les personnes âgées les plus pauvres, en perte d'autonomie, de disposer d'un logement adapté ou, plus spécifiquement, d'accéder à une maison de retraite médicalisée (EHPAD), en raison du coût de ce type d'hébergement. Dans un contexte inédit de vieillissement de masse de la population française, qui se conjugue avec une diminution des ressources à l'âge de la retraite, le HCLPD s'inquiète de voir le logement, qui constitue en principe « un facteur de prévention de la dépendance et de l'isolement », risquer au contraire d'aggraver l'exclusion de certaines personnes âgées. Xavier Emmanuelli, président du HCPLD, rappelle qu’un déménagement rendu inévitable par l'avancée en âge, que ce soit vers un logement indépendant ou un établissement médico-social, reste toujours un choix et un moment très délicats, et nécessite un accompagnement, car « la rupture de l'espace familier est une agression de la personne vieillissante ». Le HCPLD appelle à une programmation spécifique de l'habitat des personnes âgées, tenant compte de leurs besoins, et la création d'une offre variée d'hébergements adaptés (y compris les foyers-logements). Le rapport propose notamment de « créer un programme national d'incitation à la construction de logements pour personnes âgées en centre-bourg ». La ministre de l'Égalité des territoires et du logement, Cécile Duflot, qui salue la qualité de ce rapport, indique que « la priorité forte du gouvernement en faveur de la rénovation thermique permettra également de lutter contre la précarité énergétique » et souhaite « approfondir l'examen des expérimentations concluantes que relève le rapport pour lutter contre l'isolement et la pauvreté des personnes âgées, ainsi que les propositions qu'il formule, afin de promouvoir une diversité de réponses, adaptées aux territoires et à leurs habitants. » L'Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), rappelle que « la logique de l'habitat et du chez soi doit être dominante dans toutes les structures », et critique « la discrimination dans laquelle sont cantonnées les personnes âgées les plus fragiles qualifiées de dépendantes, terme dont on mesure à quel point il permet de les discriminer et de les sous-évaluer ». L'organisation juge « inacceptables » certaines mesures, comme le fait de « refuser à une personne âgée handicapée d'avoir accès à un réel espace privatif en prétendant que cela ne répondrait pas à ses besoins », ou de « valider que certaines entrées en établissement pourraient ne pas être un choix », estimant que « l'entrée en établissement sans accord est une maltraitance ».

Haut comité pour le logement des personnes défavorisées. Habitat et vieillissement : vivre chez soi, mais vivre parmi les autres ! 17e rapport. Octobre 2012. www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/124000572/0000.pdf(texte intégral). Actualités sociales hebdomadaires, 22 octobre 2012. Les Échos, 23 octobre 2012.

Vieillir en banlieue : quelles politiques locales ?

Aubervilliers, Cergy, Créteil, Saint-Denis : ce sont les villes ayant l’indice de vieillissement attendu le plus élevé de France. Cet indice est le rapport entre la population âgée de soixante-quinze à quatre-vingt-quatre ans sur la population âgée de quatre-vingt- cinq ans et plus. Ces communes connaitront une hausse de la dépendance plus marquée que les autres dans les prochaines années. Comment adapter les politiques locales ? « On va assister à la montée en puissance de la question de la dépendance avec des revenus qui ont peu de chance de progresser fortement. Les aidants, très majoritairement des femmes, seront à la fois relativement moins nombreux et moins enclins à prendre en charge leurs aînés dans une société où l’épanouissement personnel passe par de plus en plus d’activités extérieures au foyer, à la famille. Les Conseils généraux auront un rôle essentiel à jouer, et les inégalités en matière d’offre sur le territoire risquent d’être vécues difficilement. La question de la prise en charge sera essentielle. Soit des services publics de qualité répondent aux besoins, soit cette prise en charge est laissée au marché, ce qui renforcera les fortes inégalités déjà existantes pour l’accompagnement de la fin de vie. Les communes ont aussi leur mot à dire, notamment par le biais du centre communal d’action sociale : aide-ménagère, portage de repas, foyer-logement… Au plus près du terrain, ces communes ont aussi un rôle essentiel en matière de veuille sociale et d’expression des besoins, par le biais de leurs propres services ou en mobilisant les habitants », écrit Pierre Rebuffaud, du bureau d’études Compas, qui analyse les besoins sociaux des territoires.

Compas Études, octobre 2012.

La rigueur épargne le médico-social (1)

« La rigueur épargne le médico-social », « le grand âge sauve sa tête dans un contexte financier difficile », écrit EHPA Presse. Le premier projet de loi de financement de la sécurité sociale du nouveau gouvernement, présenté dans ses grandes orientations par Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé, affiche un objectif national des dépenses (ONDAM) médico-sociales en croissance de 4% (4.6% pour les personnes âgées), au sein d’un ONDAM global en progression de 2.7%. L’objectif global de dépenses de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) devrait atteindre 9.3 milliards dont trois cent soixante millions d’euros pour les mesures nouvelles. Plus de la moitié de cette enveloppe – cent quarante-sept millions d’euros - sera consacrée à la médicalisation des établissements. « Une priorité absolue pour améliorer la qualité des soins et éviter la maltraitance, avant la création de places nouvelles ». Cinquante millions d’euros supplémentaires débloqués par la CNSA devraient permettre à plus de neuf cents établissements de renouveler leur convention tripartite et de créer environ sept mille emplois. Cette aide s’ajoute à celle dévolue par Roselyne Bachelot dans le cadre du fonds de restructuration de l’aide à domicile (cinquante millions versés en 2012 et cinquante millions en 2013). Cette nouvelle aide est assortie de conditions : que les services en difficulté concernés présentent un plan de retour à l’équilibre, et qu’ils s’engagent résolument dans « une dynamique de professionnalisation » concernant « les évolutions de carrière, les évolutions de salaire, et la proportion des salariés à temps partiel ». Les services aidés doivent aussi s’engager dans une démarche de prévention de la perte d’autonomie.

EHPA Newsletter, 5 et 10 octobre 2012.

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