Ministère des Affaires sociales et de la santé

Libération signale le retour du mot « santé » dans le titre ministériel de Marisol Touraine. Avant d’engager la « grande bataille des économies », Marisol Touraine « garde donc la haute main – seule – sur les comptes sociaux ».

Libération, 10 avril 2014.

Report du projet de loi sur l’autonomie

Quelques jours avant le remaniement ministériel, Annie de Vivie, d’Agevillage, écrivait : « la future loi Delaunay parie sur la prévention, et souhaite réduire le nombre des personnes qui seront en perte d’autonomie au cours des dix ou vingt prochaines « L’absence dans le gouvernement Valls de Michèle Delaunay, ex-ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’autonomie du gouvernement Ayrault, trouble les acteurs médico-sociaux », écrit Hospimédia. A la veille de la présentation aux parlementaires de la future loi sur l’autonomie, le départ précipité de celle qui a soutenu la conception de ce texte inquiète. Le projet de loi lui survivra-t-il ? » Pour Claudy Jarry, président de la FNADEPA (Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées), la disparition de la délégation ministérielle « rend la cause des personnes âgées moins lisible, le secteur a perdu en influence dans le gouvernement et cela n’est pas bon. » Le texte du projet de loi devait être présenté en conseil des ministres le 9 avril 2014. Le nouveau gouvernement a reporté le projet à une date ultérieure. Ce matin-là, place de la Bourse à Paris, à l’appel de France Alzheimer et maladies apparentées, une centaine de personnes a déployé un grand drapeau sur lequel on pouvait lire « Loi autonomie : Monsieur le Président, ne remaniez pas vos promesses de campagne. » Marie-Odile Desana, présidente de l’association, s’interroge : « ce report signifie-t-il que l’État considère cette réforme comme un projet secondaire, malgré l’enjeu qu’elle représente pour tous les citoyens ? Que dire également de l’absence totale de toute référence aux futures actions de santé publique dans le discours de politique générale prononcé le 8 avril à l’Assemblée nationale par le Premier ministre ? »

Hospimédia, 3 avril 2014. France Alzheimer et maladies apparentées, 10 avril 2014.

L’œuvre de Michèle Delaunay

EHPA Presse écrit : Michèle Delaunay, ex-ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’autonomie, aura été « au cœur de deux changements fondamentaux. Elle a d’abord sorti la question du grand âge de son ghetto médico-social en développant l’idée que le vieillissement devait entraîner toute une série d’adaptations touchant des pans entiers et divers de la société française. Jamais avant elle, la politique du grand âge n’avait pris cette dimension panoramique. Jamais, le vieillissement n’avait été présenté à ce point-là comme une opportunité heureuse pour la société et non comme une calamité ingérable. Le lancement de la filière Silver économie participe de cette philosophie : le vieillissement comme opportunité économique et industrielle, comme générateur d’activités et de croissance. Les pisse-froids ont vu là une façon de marchandiser la vieillesse ou de transformer les vieux comme une potentielle source de profit sans voir que cette évolution marquait au contraire un vrai changement de regard de la société sur la vieillesse. On sort de la commisération pleurnicharde pour donner une perspective heureuse et positive à « l’avancée en âge ». Michèle Delaunay aura amorcé une seconde révolution : celle du domicile. Les précédents gouvernements érigeaient le domicile en priorité en paroles plus qu’en actes. Michèle Delaunay aura fait du domicile, ou plutôt du maintien à domicile, l’axe principal de son œuvre. »

EHPA Presse écrit : Michèle Delaunay, ex-ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’autonomie, aura été « au cœur de deux changements fondamentaux. Elle a d’abord sorti la question du grand âge de son ghetto médico-social en développant l’idée que le vieillissement devait entraîner toute une série d’adaptations touchant des pans entiers et divers de la société française. Jamais avant elle, la politique du grand âge n’avait pris cette dimension panoramique. Jamais, le vieillissement n’avait été présenté à ce point-là comme une opportunité heureuse pour la société et non comme une calamité ingérable. Le lancement de la filière Silver économie participe de cette philosophie : le vieillissement comme opportunité économique et industrielle, comme générateur d’activités et de croissance. Les pisse-froids ont vu là une façon de marchandiser la vieillesse ou de transformer les vieux comme une potentielle source de profit sans voir que cette évolution marquait au contraire un vrai changement de regard de la société sur la vieillesse. On sort de la commisération pleurnicharde pour donner une perspective heureuse et positive à « l’avancée en âge ». Michèle Delaunay aura amorcé une seconde révolution : celle du domicile. Les précédents gouvernements érigeaient le domicile en priorité en paroles plus qu’en actes. Michèle Delaunay aura fait du domicile, ou plutôt du maintien à domicile, l’axe principal de son œuvre. »

Augmentation du niveau moyen de dépendance des personnes aidées à domicile

Pour Francis Contis, président de l’UNA (Union nationale de l’aide, des soins et des services au domicile), « de plus en plus de personnes nécessitent aujourd’hui des interventions lourdes et complexes (plusieurs fois par jour pour l’aide au lever, au coucher, à la toilette, à la prise des repas…). La réponse à ce type de besoins doit offrir des garanties de qualité et de fiabilité. Cette adaptation aux besoins entraîne mécaniquement une augmentation des coûts », pour tenir compte de l’adaptation des horaires aux besoins, le temps de coordination, les majorations salariales des dimanches et jours fériés, les astreintes du personnel d’intervention et de l’encadrement, l’augmentation des frais et temps de déplacement en raison de la parcellisation des interventions et parfois d’un habitat à dominante rurale et dispersé. » Pour le président de l’UNA, « les services d’aide à domicile ne peuvent plus répondre aux besoins de personnes très dépendantes (maladie d’Alzheimer, de Parkinson, fin de vie, handicaps lourds...) par des "petits boulots". Les intervenants doivent être compétents et formés si nous voulons rester bientraitants envers les personnes fragiles. Le personnel d’encadrement et administratif doit être en nombre suffisant, professionnel et qualifié pour mettre en œuvre et suivre les plans d’aide, dans le respect de nos obligations légales et conventionnelles. » L’UNA demande un tarif horaire pour l’intervention auprès des populations en APA qui « ne doit pas être inférieur à 22 euros », et accompagnera des recours contentieux dans plusieurs départements.

UNA. La Lettre du Président, 27 mars 2014.

Peu de Français sont couverts par une assurance dépendance (1)

Selon l’Association française de l’assurance (AFA), environ 1.6 millions de Français avaient souscrit une garantie principale dépendance auprès d’une société d’assurance en 2012. Une garantie dépendance pouvant être couplée à d’autres (santé, prévoyance ou épargne), mais offrant alors des couvertures beaucoup plus réduites, environ 3,9 millions de Français sont ainsi protégés. Ces différents contrats donnent généralement lieu à plusieurs types de prestations : une rente viagère (de 300 à 2 100 euros mensuels en cas de dépendance lourde en règle générale et de 50% à 60% de ces montants en cas de dépendance partielle), le versement d’un capital et des services d’assistance. David Dorn, directeur du marché Santé, prévoyance et dépendance individuelle chez AXA France, explique : « les assurés pensent être suffisamment couverts avec les contrats où la dépendance est couplée à une complémentaire santé. Or, les rentes servies par ces contrats sont faibles, de l’ordre de 250 euros en moyenne alors que le reste à charge mensuel en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes se situe autour de 1 600 €. »

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