Parcours du combattant

Pour Marie-Aline Bloch, professeur à l’École des Hautes études en santé publique, chercheuren sciences de gestion (EA7348 Management des organisations de santé) et ancien directeur scientifique de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), « les dynamiques de territoires se mettent peu à peu en œuvre, les acteurs apprennent à se connaître. C'est tout l'enjeu : nous sommes sur une approche populationnelle, la notion de parcours n'est pas centrée sur une offre de service mais une population. Il est indispensable d'embarquer tous les acteurs. » Une difficulté présente, aussi, au niveau national : le nombre de structures en présence (Haute Autorité de santé, Agence nationale d’appui à la performance, Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, direction générale de la cohésion sociale, direction générale de l’offre de soins, direction de la sécurité sociale...) rend la tâche moins aisée : « le cloisonnement du niveau national influe sur le cloisonnement au niveau local. » Les dispositifs MAIA (méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soin dans le champ de l’autonomie) et PAERPA (personnes âgées en risque de perte d'autonomie) restent encore peu opérationnels : « il ne faut pas sous-estimer la pédagogie, la communication », recommande Marie-Aline Bloch. « On ne peut pas nier que ces dispositifs sont complexes, mais répondre aux besoins d'une personne âgée, poly-pathologique, plus ou moins isolée, qui subit plus ou moins de difficultés sociales l'est également : il n'existe pas de solution simple, toute faite. » Elle préconise le rapprochement des deux démarches : « Il s'agit d'une approche parcours dans les deux cas. La MAIA apporte une méthodologie de projet permettant de faire travailler les acteurs ensemble, et le PAERPA des ressources et de nouveaux dispositifs pour favoriser les transitions a des moments clés du parcours. Si elles fonctionnent en synergie, avant de parler de fusion, c'est déjà une grande réussite. Sinon, c'est une déperdition d'énergie. »

www.agevillagepro.com, 27 février 2017.

Services à la personne : contrat de filière

Les fédérations professionnelles d'aide à domicile - dont Adessadomicile, l'UNA ou l'Union nationale ADMR - ont signé un contrat de filière "Services à la personne" avec Ségolène Neuville, Pascale Boistard et Christophe Sirugue, respectivement secrétaires d'État chargés des Personnes handicapées et de la Lutte contre l'exclusion, des Personnes âgées et de l'Autonomie, de l'Industrie. Trois objectifs sont déclinés en vingt-et-une actions pour lesquelles sont fixées des échéances de mise en œuvre. Un premier axe vise à « simplifier et harmoniser les dispositifs de soutien afin de permettre à la filière Services à la personne de réaliser son potentiel de développement ». Un second volant d'actions doit améliorer l'attractivité de la filière, en mal de candidats à l'emploi. Le troisième axe du contrat de filière porte sur "la mise en place d'une stratégie pour accompagner une demande croissante". Les signataires souhaitent également harmoniser et faciliter les démarches de certification. Enfin, la demande croissante de services à la personne passant par le développement de l'emploi à domicile, les partenaires de la filière entendent ouvrir une réflexion sur la création de structures de regroupements d'employeurs de salariés à domicile.

Actualités sociales hebdomadaires, 24 février 2017.

Nouvelles têtes

Jérôme Voiturier, âgé de quarante-six ans, est le nouveau directeur général de l'UNIOPSS (Union nationale interfédérale des œuvres et organismes privés non lucratifs sanitaires et sociaux). Fort d'une expérience de plus de vingt ans dans le champ sanitaire, social et médico-social, tant dans le secteur associatif qu'auprès des pouvoirs publics, Jérôme Voiturier a commencé sa carrière à l'Assemblée nationale, comme assistant parlementaire puis conseiller technique, avant de rejoindre le cabinet de Bernard Kouchner, ministre de la Santé, où il a notamment préparé le passage au Parlement de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. De 2002 à 2005, il a été responsable du développement international à l'INPES (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé) et a déployé des programmes locaux de prévention vers les élus. Il a rejoint ensuite la Fondation Caisses d'épargne pour la solidarité en tant que chef de cabinet. Il a été chargé de mission à la Fédération des réseaux d'accès à la santé en Ile-de-France. En mai 2014, Jérôme Voiturier a intégré le cabinet de Ségolène Neuville, secrétaire d'État chargée des Personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion, afin de préparer le volet médico-social de la loi de modernisation du système de santé. En 2015, il a contribué, aux côtés de Christian Saout, du Collectif interassociatif sur la santé (CISS), à l'écriture du rapport sur les expérimentations des projets d'accompagnement à l'autonomie prévues par le projet de loi de modernisation du système de santé. Plus récemment, il a participé à la mission du comité d'évaluation et de contrôle de l'Assemblée nationale sur l'accès aux droits sociaux.

Actualités sociales hebdomadaires, 6 février 2017.

Fin de vie : « et si on en parlait ? »

C’est le slogan d’une campagne du ministère des Affaires sociales et de la Santé et du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie pour permettre « à chaque Français de mieux connaître ses droits et d'aborder le sujet sereinement avec les professionnels de santé, mais aussi avec ses proches », explique le ministère. La loi du 2 février 2016 prolonge la loi Leonetti de 2005, en accordant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie. Elle ouvre ainsi notamment la possibilité d'une « sédation profonde et continue » jusqu'au décès pour les malades graves en phase terminale. Le texte clarifie aussi le « refus de l'obstination déraisonnable », en précisant les conditions dans lesquelles l'arrêt des traitements pourra être décidé. Il n'autorise en revanche ni l'euthanasie ni le suicide assisté. « Ce sont les professionnels de santé qui sont les mieux à même d’inciter leurs patients à rédiger leurs directives anticipées », explique la Haute Autorité de santé (HAS), qui publie des documents et des outils pour les accompagner. Ils visent à les aider à informer leurs patients sur l’intérêt et les modalités de rédaction des directives anticipées et de désignation de la personne de confiance. La HAS a également réalisé des documents à destination du grand public : un guide, un modèle de formulaire et un document sur la personne de confiance. Le Parisien note que « cette communication intervient à un moment où des divergences se font entendre sur ce thème ultrasensible, en cette année présidentielle. Benoît Hamon, pour le Parti socialiste, et Jean-Luc Mélenchon, pour La France insoumise, veulent aller plus loin dans le droit à mourir. François Fillon, à droite, mais aussi une partie de la gauche s’y refusent. » Jean Leonetti, député Les Républicains, remarque que « sur cette question ultra-complexe de la fin de vie, l’équilibre d’un texte est difficile à trouver. Celui-ci a le mérite d’être à l’équilibre entre les différents courants de pensée et d’avoir fait consensus à l’Assemblée nationale. Je souhaite bonne chance à ceux qui veulent l’améliorer. »

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