Investir dans la recherche biomédicale (1)

Sandra Day O’Connor, ancien juge à la Cour suprême des Etats-Unis, Stanley Prusiner, prix Nobel de médecine 1997 et directeur de l’Institut des maladies neurodégénératives à l’Université de San Francisco, et le consultant Ken Dychtwald, psychologue et gérontologue, écrivent dans le New York Times : « notre gouvernement ignore ce qui va probablement devenir la plus grande menace pour la santé des Américains : la maladie d’Alzheimer, qui est incurable à 100% et fatale à 100%. Elle attaque les riches et les pauvres, les cols blancs et les ouvriers, les femmes et les hommes, quel que soit leur appartenance politique. Maladie dégénérative, elle vole inexorablement à ses victimes leur mémoire, leur jugement et leur identité, souvent en épuisant leurs aidants et leurs familles à la fois émotionnellement et financièrement (…). Comme le président Kennedy, en 1961, avait engagé les Etats-Unis à poser un homme sur la lune à la fin de la décennie, nous devons maintenant nous donner un objectif pour arrêter la maladie d’Alzheimer à l’horizon 2020. Les scientifiques sont d’accord pour dire qu’une percée est possible avec un plan Alzheimer bien conçu et suffisamment financé. Nous devons déployer suffisamment de ressources, de talents scientifiques et de technologies de résolution de problèmes pour sauver notre avenir collectif (save our collective future) ».

The New York Times, 27 octobre 2010.

Investir dans la recherche biomédicale (2)

« Aujourd’hui, pour chaque centime dépensé par les Instituts nationaux de la santé (NIH-National Institutes of Health) pour la maladie d’Alzheimer, nous dépensons plus de 3.50 dollars (2.51 euros) pour les soins et l’accompagnement des personnes malades. Ceci explique pourquoi le coût financier d’une insuffisance de recherche est si élevé. Les Etats-Unis dépensent 172 milliards de dollars par an (123 milliards d’euros) pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. La facture cumulée en 2020 atteindra 2 000 milliards de dollars (1 432 milliards d’euros) ». Les auteurs comparent les investissements et les retombées pour l’industrie pharmaceutique : la lutte contre le SIDA a obtenu environ 10 milliards de dollars pendant dix ans, au milieu des années 1980, pour développer les traitements antirétroviraux, « qui ont apporté 1 400 milliards de dollars à l’économie américaine. Les NIH continuent à dépenser 3 milliards de dollars (2.15 milliards d’euros) pour la recherche contre le SIDA, alors que la maladie d’Alzheimer, avec cinq fois plus de personnes malades, ne reçoit que 469 millions de dollars (336 millions d’euros). Un projet de loi prévoit de porter ce montant à 2 milliards de dollars (1.4 milliard d’euros), et exige que le président désigne un pilote unique pour l’exécution d’un plan Alzheimer. Si les législateurs étaient capables de voter cette loi durant la session parlementaire boiteuse qui s’annonce, ils prendraient un bon départ pour atteindre l’objectif 2020 ».

The New York Times, 27 octobre 2010.

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