Soins et accompagnement à domicile en Europe

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) publie un rapport intitulé « Home care in Europe », coordonnée par Giovanni Aguzzi et Rosanna Tarricone de l’école de commerce Bocconi de Milan (Italie) et Agis D Tsouros, du bureau régional OMS de Copenhague (Danemark), et auquel ont contribué Laure Com-Ruelle de l’IRDES et Michel Naiditch de l’Université Paris Diderot. Les soins à domicile sont compris et pratiqués de façon différente en Europe. Ce rapport présente quelques-unes des meilleures pratiques au plan de l’organisation, de la délivrance des services, du financement et des politiques de santé, afin de poser un questionnement pour le débat public. Si les services de soins et d’accompagnement à domicile apparaissent dans de nombreux cas moins coûteux que l’hébergement, l’organisation d’un réseau de services à domicile est plus difficile que le management d’une maison de retraite. Ceci explique le lent développement des services à domicile. De plus, qui est l’aidant pertinent et quelle est la combinaison adéquate entre aide informelle et aide professionnelle ? Qui doit être le gestionnaire de cas pertinent pour concevoir le programme d’aide et de soins, le contrôler et cordonner les différents aidants ?
World Heath Organization Europe. Università Commerciale Luigi Bocconi. Tarricone R et Tsouros AD (coord.). The Solid Facts. Home Care in Europe. 2008. Family Caregiver Alliance , 3 décembre 2008. Alzheimer Europe Newsletter, octobre-décembre 2008.

Crise économique : quel impact sur les politiques gérontologiques ?

Aux Etats-Unis, le dernier rapport de l’association nationale des services aux personnes âgées (NASUA-National Association of State Units on Aging) , révèle que 70% des Etats anticipent des réductions dans les programmes pour les personnes âgées ou handicapées en 2009, alors que la demande s’accroît pour le transport et les repas à domicile (85% des Etats) et pour l’entretien du chauffage (62%). Ls Etats envisagent de limiter le nombre de repas servis, la durée des services, l’éligibilité aux prestations, le montant des prestations et la participation publique.
La ville de New York envisage d’arrêter le financement de ses douze accueils de jour Alzheimer, qui servent pourtant de « bouée de sauvetage » (lifeline) pour de nombreux aidants en activité professionnelle, qui ne peuvent pas payer l’intégralité des coûts de services à domicile ou d’accueil temporaire, mais qui dépassent le seuil de ressources pour être éligibles à la couverture sociale Medicaid .
Family Caregiver Alliance , 17 décembre 2008.

La France donne l’exemple

Pour Meryl Comer, présidente de l’Initiative Alzheimer de la Fondation américaine Geoffrey Beane , la reconnaissance de la maladie d’Alzheimer comme priorité européenne est largement due au leadership de Nicolas Sarkozy. La France donne l’exemple. Mais cette approche est-elle exportable ? Raphaël Radanne, conseiller technique à l’Elysée, évoque plusieurs opportunités de coopération concernant la recherche, notamment sur les sujets en cours d’identification comme les grands essais cliniques d’intervention, les essais sur les patients jeunes, les études d’association sur le génome entier, l’échange de bonnes pratiques, la définition de référentiels de soins et d’accompagnement, l’éthique. Le groupe ASG (Alzheimer’s study group) , qui réfléchit actuellement, en consultation avec les experts scientifiques du Symposium Leon Thal et des associations Alzheimer, à une réponse américaine consolidée à la maladie d’Alzheimer, cherche à collaborer avec le gouvernement français. La pression sur les finances publiques pose un défi considérable, notamment en période de crise économique. La maladie d’Alzheimer devrait être la maladie la plus coûteuse de la prochaine génération : selon Victor Fuchs, professeur émérite d’économie à l’Université de Stanford, elle pourrait absorber 30% du produit intérieur brut des Etats-Unis dans trente ans, ce qui excèderait l’ensemble des dépenses publiques. Pour Meryl Comer, concernant la maladie d’Alzheimer, le président Obama devrait être attentif « non seulement aux approches habituelles de la coopération trans-atlantique, comme le partage des données des essais cliniques, les extensions de brevets sur les médicaments et les études mondiales sur l’impact de la maladie d’Alzheimer. Il devrait mettre en place un plan dépassant le simple cadre du remboursement. Il lui appartient, en tant que nouveau leader, de redécouvrir un devoir américain du soin et de l’accompagnement (an American duty to care) pour faire face à l’épidémie qui définira une génération. Le président Sarkozy a beaucoup à dire sur le sujet et il nous incombe à tous d’apprendre un peu de français ».
Alzheimer’s and dementia. Comer M. Policy forum. French lessons: leadership in Alzheimer’s disease. Janvier 2009.

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