Commission européenne : deuxième action conjointe de recherche sur la démence

S’appuyant sur le succès du programme ALCOVE (Alzheimer Cooperative Valuation in Europe), la première action conjointe d’États membres en matière de recherche sur la démence, la Commission européennea soutenu le lancement d’une deuxième action conjointe dans le cadre de son programme de santé. Cette action sera menée par le gouvernement écossais pour le compte du Royaume-Uni, avec la participation de la Bulgarie, de la France, de la Grèce, de l’Italie, des Pays-Bas, de la Norvège, de la Pologne, de la Roumanie et du département britannique de la santé. Chypre, l’Allemagne, le Luxembourg, Malte, le Portugal et Alzheimer Europe interviendront comme « parties intéressées » à la collaboration (collaborating stakeholders). Quatre axes ont été définis : le diagnostic et le soutien post-diagnostique ; les crises et la coordination de l’aide et des soins ; l’aide et les soins en établissement d’hébergement ; les villes « amies de la démence ».

Allemagne : quel modèle économique pour les réseaux de la démence ?

Le Centre allemand des maladies neurodégénératives (DZNE), en collaboration avec des chercheurs des Universités de Brême et de Greifswald et l’Institut des sciences sociales appliquées de Stuttgart, a mené une étude qualitative auprès des responsables de treize réseaux régionaux pour la démence. Ces réseaux sont financés par des contributions de leurs membres, par les revenus des services qu’ils offrent, par des fonds publics et des paiements de municipalités ou d’opérateurs de soins. 63% des réseaux sont à l’équilibre financier. Les ressources internes et externes et les investissements des municipalités sont les principaux déterminants de cette stabilité financière. En revanche, les réseaux en zone rurale sont désavantagés en raison d’un manque d’opérateurs de santé. Un financement minimum de 50 000 euros par an pour coordonner le réseau et étendre ses relations constitue un seuil de pérennité financière.

Michalowski B et al. Financing Regional Dementia Networks in Germany: Determinants of Sustainable Healthcare Networks. Gesundheitswesen, 7 avril 2016 (article en allemand). www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/27056708.

Belgique : « Ville amie démence »

La ville de Montigny-le-Tilleul (Hainaut, Belgique) a signé la Charte « Ville amie démence ». En collaboration avec son centre public d’action sociale (CPAS), la commune s’engage via ce texte à mettre en œuvre des actions en faveur de l’inclusion des personnes concernées par la maladie d’Alzheimer, notamment à travers les aidants proches. Ce réseau “Ville amie démence” constitue un engagement et un partenariat pérennes avec la Ligue Alzheimer belge. Sur Télésambre, Nathalie Dupont, « agent de proximité démence » du CPAS, formée par la Ligue Alzheimer, explique son rôle de conseil et d’orientation auprès des familles.

Suisse : plan Alzheimer genevois

Le département helvétique de l’Emploi, des affaires sociales et de la santé (DEAS) a présenté au Conseil d’État le plan Alzheimer 2016-2019 du canton de Genève. Ce plan se décline en cinq objectifs globaux, jugés prioritaires, et quinze actions. Un groupe d’accompagnement, composé des principaux partenaires du réseau de soins genevois, sera créé afin de superviser et soutenir la mise en œuvre progressive des actions du plan, qui débutera au cours du deuxième trimestre 2016. Dans le canton de Genève, on estime que, sous l’effet de la croissance et du vieillissement de la population, le nombre de personnes ayant des troubles cognitifs liés à l’âge devrait passer de six mille cinq cents aujourd’hui à treize mille d’ici à 2040. « Cette évolution du nombre de personnes concernées est préoccupante, c’est pourquoi des mesures doivent être prises afin de faire face à l’augmentation des besoins, qui aura un fort impact sur les services de soins, ainsi que sur les proches aidants. » Les objectifs globaux sont : 1/ améliorer, à l’échelon cantonal, l’efficience du diagnostic et du suivi de personnes ayant des troubles cognitifs ; 2/ promouvoir les directives anticipées et mieux faire connaître la possibilité de désigner un représentant thérapeutique ; 3/ améliorer la communication et la coordination entre partenaires du réseau de soins ; 4/ améliorer la formation des soignants professionnels afin d’offrir de meilleurs soins aux personnes atteintes de troubles cognitifs ; 5/ améliorer le soutien aux proches aidants de personnes avec troubles cognitifs, « le terme médical utilisé pour décrire la détérioration des processus mentaux de la mémoire, du jugement, de la compréhension et du raisonnement. » Le plan Alzheimer genevois s’appuie sur un ensemble de valeurs partagées, notamment la volonté de ne pas stigmatiser les personnes confrontées à des troubles cognitifs et de respecter leur choix, et s’inscrit dans le cadre de la politique publique cantonale en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie. Il est en cohérence avec la planification sanitaire du canton de Genève 2016-2019 et avec la stratégie nationale en matière de démence 2014-2017. Un groupe d’accompagnement, composé des principaux partenaires du réseau de soins genevois, sera créé afin de superviser et soutenir la mise en œuvre des actions du plan, qui débutera avant l’été 2016.

Retour haut de page