Ecosse : un an de soutien garanti après le diagnostic

« C’est une première mondiale ». Nicola Surgeon, Premier ministre adjoint, a confirmé que le gouvernement écossais garantira un soutien d’un an après un diagnostic de démence, selon l’approche d’Alzheimer Ecosse dite des « cinq piliers » (Five-Pillar model) : soutien des liens de proximité (community connections) ; soutien des pairs ; plan d’aide et de soins prenant en compte les choix, espoirs et aspirations des personnes afin de guider les professionnels ; compréhension de la maladie et auto-gestion (self-management) des symptômes ; soutien juridique (dont les directives anticipées).

Dementia in Scotland, 28 mars 2012. www.alzscot.org/download-file/index.php?file=dis75.pdf(texte intégral).

Irlande du Nord : connaissances et attitudes du grand public

L’Ecole de sciences sociales appliquées de l’Université de Stirling (Irlande du Nord) publie les résultats du volet démence de l’enquête 2010 mesurant les attitudes du grand public face aux questions majeures de politique sociale. Si la connaissance générale de la démence apparaît assez bonne, certaines attitudes restent tenaces, comme la tendance à infantiliser les personnes malades.

McParland P et al. Dementia knowledge and attitudes of the general public in Northern Ireland: an analysis of national survey data. Int Psychogeriatr, 17 mai 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/22591515.

Finlande : plan national mémoire 2012-2020

La 8 mai 2012, la Finlande a lancé un plan national contre la démence intitulé : « programme national de la mémoire 2012-2020 ». Quatre domaines d’activité sont mis en avant : la promotion de la santé du cerveau tout au long de la vie et la prévention des troubles cognitifs ; la promotion d’attitudes positives envers les personnes atteintes de démence, afin de garantir les droits de l’homme élémentaires, dont celui à l’auto-détermination ; un diagnostic, des soins, un accompagnement et une réhabilitation de qualité, le plus tôt possible ; le soutien à une recherche de haute qualité et à la compétence des professionnels.

Fin de vie : le débat

La dépénalisation de la pratique du suicide assisté est un choix de société dans lequel le médecin doit rester neutre, déclare Fiona Goodlee, rédactrice en chef du British Medical Journal, à l’occasion de l’ouverture à Zurich (Suisse) du congrès annuel de la Fédération mondiale des associations pour le droit de mourir. Le BMJ, revue médicale de référence au niveau mondial, soutient officiellement une pétition appelant le corps médical à ne plus s’opposer à la pratique du suicide assisté pour les adultes en phase terminale. 62% des médecins britanniques seraient favorables à cette position de neutralité, et 80% de la population britannique serait favorable à la légalisation de l’aide à mourir, selon des enquêtes récentes. Pour Fiona Goodlee, « la réforme législative, avec tous les garde-fous qu’elle suppose, est une conséquence quasi inévitable d’un changement de société vers une plus grande autonomie individuelle », lorsque la mort sera perçue « comme un moment central de notre vie ». Jean-Yves Nau, de Slate.fr, rappelle une déclaration du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, pour qui « les soins palliatifs existent et ne sont pas toujours développés partout dans les mêmes conditions » : il y a donc « toute une série de progrès que l’on peut faire et qui doivent respecter la dignité de la personne et, en tout état de cause, sa libre détermination ».

Goodlee F. Assisted dying. BMJ 2012; 344 : e4075, 14 juin 2012. www.bmj.com/content/344/bmj.e4075. www.bbc.co.uk/news/health-18428265, 13 juin 2012.  www.slate.fr, 15 juin 2012.

Angleterre : le droit à la vie des personnes

Le cardinal Cormac Murphy O’Connor, ex-archevêque (catholique) de Westminster, s’insurge contre le fait de considérer les personnes âgées comme un fardeau. Il dénonce « un processus subtil et lent de déshumanisation des personnes âgées par des attitudes communément répandues » : « la perte de révérence pour l’humanité » signifie que certaines des personnes les plus vulnérables de la société sont maintenant vues comme un problème ou une menace. Pour le cardinal, les décisions politiques de réduire les budgets de services vitaux reviennent à dénier le droit à la vie, un droit fondamental pour les personnes âgées : « lorsque la société voit l’âge uniquement comme une gêne coûteuse (an expensive inconvenience), une menace pour les ressources et les styles de vie, elle ne voit plus une personne mais un problème. Si nous chargeons les personnes âgées, ou n’importe quel autre groupe, du poids des peurs – la peur de la démence et de la maladie d’Alzheimer, la peur de la dépendance progressive et de la perte d’autonomie, la peur de ressources qui vont s’épuiser – nous autorisons la violence contre ces personnes ».

Alzheimer Europe Newsletter, mai 2012. 

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