Inclure la dépendance dans la réforme de la santé ?

La Fondation SCAN (Californie) publie un rapport de politique publique recommandant d'inclure la dépendance dans la réforme de la politique de santé, au lendemain de la publication d'un sondage national indiquant que 80% des Américains soutiendraient davantage une réforme du système de santé intégrant une meilleure couverture des services d'aide à la dépendance. Ce rapport, rédigé par Harriett Comisar et Judy Feder de l'Université Georgetown de Washington, Anne Tumlinson d'Avalere Health et Sheila Burke de Harvard, propose aux décideurs publics quatre options. Les deux premières amélioreraient la couverture dépendance pour les personnes aux revenus les plus bas, tout en modernisant le système Medicaid (pour les plus pauvres) en adaptant davantage les services aux besoins individuels et en utilisant les ressources plus efficacement. Les deux autres options visent à renforcer la protection en cas de dépendance pour une large population : d'une part par une meilleure coordination des soins médicaux et de l'accompagnement social des personnes âgées, d'autre part par l'instauration d'une couverture assurantielle pour les personnes, quel que soit leur âge ou leur revenu. Selon Harriett Comisar, les quatre options pourraient être envisagées simultanément et seraient porteuses de sens dès maintenant.

Initiative européenne (1)

La Commission européenne a adopté le 22 juillet 2009 une communication au Parlement européen et au Conseil concernant une initiative européenne sur la maladie d'Alzheimer et les autres démences. L'Union européenne soutiendra les actions menées au niveau national dans quatre domaines essentiels: la prévention, notamment par des mesures favorisant le bien-être mental et le diagnostic précoce; la coordination de la recherche dans toute l'Europe; la diffusion de bonnes pratiques en matière de prise en charge et de traitement; et la définition d'une vision commune sur les questions d'éthique (droits, autonomie et dignité des personnes souffrant de démence).

ec.europa.eu.Communication de la Commission COM(2009) 380/4 au Parlement européen et au Conseil concernant une initiative européenne sur la maladie d'Alzheimer et les autres démences. 22 juillet 2009. Alzheimer Europe Newsletter, juillet-août 2009.

L'héritage de Ted Kennedy

La commission Santé, éducation, travail et retraite (HELP) du Sénat américain, présidée par Edward Kennedy, a approuvé le 15 juillet le texte Affordable Health Choices Act (pour des choix de santé abordables), comportant un texte juridique clé, le Community Living Assistance Services and Support Act (CLASS Act ; services d'assistance et de soutien pour vivre à domicile), qui aidera les personnes à épargner en vue de leur dépendance future. Sur son lit de mort, Edward Kennedy a salué ce texte comme « un pas majeur pour atteindre les objectifs pour lesquels ses deux frères ont donné leur vie : une Amérique plus équitable et plus juste, une nation où chaque Américain peut totalement avoir droit à la promesse de soins de santé de qualité ». La secrétaire d'Etat à la Santé et aux services sociaux Kathleen Sebelius a indiqué que Barack Obama souhaite que ce texte fasse partie de la réforme du système de santé. Une analyse du bureau du Budget du Congrès indique que l'acte CLASS permettrait de réaliser des économies, en retardant l'entrée en établissement d'hébergement et en évitant l'hospitalisation par les soins à domicile.
Robyn Golden, directeur des programmes sur les personnes âgées à l'Université Rush (Chicago , Etats-Unis), indique que 40% à 50% des réadmissions de personnes âgées à l'hôpital dans les trente jours suivant leur sortie sont liées à des problèmes sociaux et au manque de services à domicile. Les réadmissions à l'hôpital coûtent au système de protection sociale des personnes âgées Medicare douze milliards de dollars par an.

Family Caregiver Alliance, 22 juillet 2009. Help.senate.gov, août 2009. newamericamedia.org, 13 août 2009. eurekalert.org, 27 juillet 2009.

Quelles options pour financer l'accompagnement social ?

Au Royaume-Uni, le secrétaire à la Santé Andy Burnham a lancé une consultation sur le futur de l'accompagnement social (social care). Il a déjà écarté l'idée d'un financement total par l'Etat, qui serait trop lourd à porter par les seules personnes en âge de travailler, ou un financement individuel laissé à l'appréciation de chacun (« pay for yourself »). Il propose trois options possibles. Une approche « partenariale », dans laquelle l'Etat paierait environ un quart à un tiers du coût des services sociaux de base, laissant le reste à charge des personnes. Un schéma d'assurance volontaire, pour laquelle l'Etat s'engagerait dans les mêmes proportions, avec des primes d'assurance de vingt à vingt-cinq mille livres (vingt-trois à vingt-huit mille euros aux prix actuels) pour couvrir le reste. Une troisième solution est un schéma d'assurance obligatoire, à un coût compris entre dix-sept et vingt mille livres (dix-neuf à vingt-trois mille euros) pour assurer un accompagnement social gratuite à tous ceux qui en ont besoin.

www.telegraph.co.uk, 14 juillet 2009.

Initiative européenne (4)

Susanne Sorensen, directrice de la recherche de la Société Alzheimer, salue l'initiative de la Commission européenne, mais fustige le gouvernement britannique : « alors que l'Europe avance, le Royaume-Uni est toujours à la traîne, derrière les Etats-Unis, l'Allemagne et la France en terme de financement de la recherche contre la maladie d'Alzheimer. Dans une lettre ouverte au gouvernement, trente-et un experts de la maladie demandent un triplement des fonds publics.

www.medicalnewstoday.com, 22 et 24 juillet 2009.

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