Qualité des soins et de l’accompagnement de la dépendance : que dit l’OCDE ? (1)

Dans les pays de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), le nombre de personnes âgées de quatre-vingts ans et plus doublera d’ici 2050, et leur part dans la population passera de 3.9% en 2010 à 10% en 2050 (de 4.7% à 11.3% dans les pays de l’Union européenne-UE27). Entre un quart et la moitié d’entre elles, atteintes d’incapacités fonctionnelles ou cognitives, auront besoin d’aide pour les activités de la vie quotidienne. La qualité des soins et de l’accompagnement est importante pour trois raisons, écrit l’OCDE : les usagers des services de soin et d’accompagnement exigent d’être mieux écoutés et avoir un degré de maîtrise sur leur vie ; les coûts des services de prise en charge de la dépendance iront croissant (1.6% du produit intérieur brut en 2010, doublement attendu en 2050) et les services devront mieux maîtriser leurs coûts ; les gouvernements ont la responsabilité de protéger les personnes âgées de maltraitance potentielle.

OECD. A Good Life in Old Age ? Monitoring and Improving Quality in Long-Term Care. Policy Brief. Juin 2013. www.oecd.org/els/health-systems/PolicyBrief-Good-Life-in-Old-Age.pdf.

Qualité des soins et de l’accompagnement de la dépendance : que dit l’OCDE ? (2)

L’OCDE souligne que la mesure de la qualité dans le domaine de la dépendance est très en retard par rapport au domaine de la santé, et propose une définition : « une bonne qualité des soins et de l’accompagnement de la dépendance [long-term care : « soins de long terme »] préserve ou, lorsque cela est faisable, améliore le fonctionnement et la santé des personnes âgées fragiles, atteintes de maladie chronique et d’incapacité physique. Trois aspects sont généralement considérés comme critiques pour la qualité de la prise en charge : l’efficacité et la sécurité ; l’orientation centrée sur le patient et la capacité de réponse ; la coordination des soins et de l’accompagnement. Les soins et l’accompagnement de la dépendance comprennent une gamme de services pour aider les personnes atteintes d’incapacité dans les activités de base de la vie quotidienne (ADL) et les services médicaux de base, les soins infirmiers, la prévention, la réhabilitation et les soins palliatifs. Ils peuvent aussi inclure de l’aide aux tâches ménagères et de l’aide aux tâches administratives ».

OECD. A Good Life in Old Age ? Monitoring and Improving Quality in Long-Term Care. Policy Brief. Juin 2013. www.oecd.org/els/health-systems/PolicyBrief-Good-Life-in-Old-Age.pdf.

Qualité des soins et de l’accompagnement de la dépendance : que dit l’OCDE ? (3)

Trois approches principales sont utilisées dans les pays de l’OCDE et de l’Union européenne pour améliorer la qualité des soins et de l’accompagnement des personnes âgées dépendantes : la réglementation (règles minimum concernant le travail et les infrastructures) et les actions pour faire respecter la réglementation ; les référentiels de normalisation des bonnes pratiques, et le suivi d’indicateurs de respect des objectifs ; des incitations de marché pour les services et les utilisateurs, comprenant des incitations financières et des scores de performance. La plupart des approches réglementaires concernent les institutions et les règles minimum. Pour l’OCDE, il existe un potentiel important de standardisation des processus de soin et d’accompagnement. La transparence et les incitations financières pour les usagers et les opérateurs n’ont pas encore démontré d’impact robuste sur la qualité : le potentiel existe, selon l’OCDE, mais des expérimentations sont nécessaires.

OECD. A Good Life in Old Age ? Monitoring and Improving Quality in Long-Term Care. Policy Brief. Juin 2013. www.oecd.org/els/health-systems/PolicyBrief-Good-Life-in-Old-Age.pdf.

Des biens et des services adaptés aux personnes âgées

« L’ampleur du changement démographique auquel les pays de l’Union européenne font face est sans précédent. Le nombre de personnes âgées de soixante ans et plus augmente d’environ deux millions par an, avec pour conséquence une hausse rapide du taux de dépendance », écrit Asghar Zaidi, du centre de recherche sur le vieillissement de l’Université de Southampton (Royaume-Uni) et du centre européen de politique et de recherche sur la protection sociale à Vienne (Autriche). « Si en 2010, il y avait quatre personnes en âge de travailler pour chaque personne de soixante-cinq ans et plus, on s’attend à ce que ce ratio baisse de moitié d’ici 2060. De nombreux risques sont liés à cette tendance (tels que la menace pour la viabilité des finances publiques), mais il existe aussi de nombreuses opportunités. Réagir à la fois à ces risques et à ces opportunités a été défini comme une priorité par le trio des présidences polonaise, danoise et chypriote du Conseil de l’Union européenne au cours de la période 2011-2012. L’année 2012 a aussi été proclamée « Année européenne du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle ». Les politiques reposent sur deux axes de réflexion : d’une part, les personnes âgées représentent un atout précieux pour la société, et peuvent contribuer au bien-être de la société et à la cohésion sociale entre les générations ; d’autre part, « l’économie des seniors » représente un nouveau marché en expansion et ouvre de nouvelles perspectives pour l’offre de biens et services, et par conséquent pour l’emploi.

Commission européenne. Des biens et des services adaptés aux personnes âgées - une opportunité de développement social et économique. Rapport de synthèse. 2013.

Économie politique de la dépendance

Robert Nuscheler, du département d’économie de l’Université d’Augsburg, et Kerstin Roeder, du département d’économie de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich (Allemagne), proposent un modèle d’économie politique prenant en compte le financement de l’offre de prise en charge de la dépendance et la redistribution du revenu. Deux conflits agitent l’électorat. Le premier oppose les familles favorables à un programme public pour la dépendance, parce que leurs parents ont besoin d’aide, et celles dont les parents n’ont pas d’incapacité et qui sont contre un financement public de la dépendance. Le second conflit oppose les pauvres et les riches, les premiers préférant alourdir l’impôt sur le revenu. Le facteur d’ajustement permettant d’arriver à un point d’équilibre est l’aide informelle (aide non rémunérée apportée par les aidants familiaux).

Nuscheler R et Roeder K. The political economy of long-term care. Eur Econ Rev 2013; 62: 154-173. Août 2013. www.accessecon.com/pubs/PET11/GeneralPDFPET11/PET11-11-00092S.pdf (texte intégral).

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