Europe : Stratégies nationales Alzheimer

Alzheimer Europe présente, dans son rapport 2012, les stratégies nationales en termes de diagnostic, traitement et recherche dans trente-deux pays de l’Europe élargie à la Turquie. Si certains pays, notamment la France grâce au plan Alzheimer 2008-2012, ou le Royaume-Uni ont notablement avancé, de nombreux pays n’ont pas de stratégie nationale concernant la démence.

Alzheimer Europe. Dementia in Europe. Yearbook 2012. Décembre 2012. www.alzheimer-europe.org.

Royaume-Uni : intégration de la recherche sur les politiques sanitaires et sociales

Le NICE britannique (National Institute for Clinical Excellence, homologue de la Haute autorité de santé française) a, depuis la loi Health and Social Care Act de 2012, la responsabilité de mener des études scientifiques sur le coût et l’efficacité des interventions d’accompagnement social. Le SCIE (Social Care Institute for Excellence) britannique a remporté l’appel d’offres du NICE pour devenir le centre collaborateur du NICE en matière d’accompagnement social. Les organismes de recherche partenaires sont le centre EPPI (Evidence for Policy and Practice Information and Co-ordinating Centre) de l’unité de recherche en sciences sociales à l’Institut de formation de l’Université de Londres, l’unité de recherches sur les services sociaux (PSSRU) de la London School of Economics and Political Science et l’Université du Kent, Research in Practice et Research in Practice for Adults.

SCIE e-Bulletin, 9 janvier 2013.

Royaume-Uni, Etats-Unis : approches ethniques et culturelles

À Londres, la proportion de Blancs dans la population atteint 44.9%, faisant de la capitale britannique la première région du pays où les Blancs sont minoritaires. La proportion croissante des minorités ethniques dans une population vieillissante a incité le gouvernement à développer des politiques pour développer des approches culturellement adaptées pour garantir l’accès aux services de santé et aux services sociaux, notamment aux services de santé mentale pour les personnes atteintes de démence et de dépression issues des minorités. Il s’agit d’assurer le financement d’une prise en charge généraliste plutôt que spécialisée, de recruter du personnel issu des minorités ethniques, de surmonter les obstacles linguistiques, de former les professionnels aux besoins spécifiques des minorités ethniques, et de délivrer une information culturellement adaptée. Aux Etats-Unis, Philip Sayegh et Bob Knight, des départements de psychologie et médecine préventive de l’Université de Californie du Sud à Los Angeles, proposent un modèle socioculturel des croyances en santé pour développer des approches transculturelles de l’accompagnement de la démence. Jef Laguna et ses collègues gérontologues de la même université proposent un cadre conceptuel pour l’accès des Noirs et des minorités ethniques aux soins de fin de vie.

Le Monde, 12 décembre 2012. Bhattacharyya S et Benbow SM. Mental health services for black and minority ethnic elders in the United Kingdom: a systematic review of innovative practice with service provision and policy implications. Int Psychogeriatr, 19 novembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23158766. Sayegh P et  Knight BG. Cross-cultural differences in dementia: the Sociocultural Health Belief Model. Int Psychogeriatr, 14 décembre 2012. www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23237243.  Laguna J  et al. Racial/ethnic minority access to end-of-life care: a conceptual framework. Home Health Care Serv Q 2012; 31(1): 60-83.

www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/01621424.2011.641922 (texte intégral).

Royaume-Uni : campagne nationale « les amis de la démence »

Le Premier ministre britannique David Cameron a lancé la campagne nationale Dementia Friends (les amis de la démence), une initiative de la Société Alzheimer britannique visant à changer le regard sociétal porté sur la démence et sur les personnes vivant avec une démence « en changeant la façon dont la nation pense, parle et agit. En 2015, nous voulons qu’il y ait un million de personnes ayant le savoir-faire pour aider à ce que les personnes atteintes de démence se sentent comprises et incluses dans leur communauté ». La Société Alzheimer explique : « la démence peut transformer en combat la vie de tous les jours : beaucoup d’entre nous trouvent facile de faire des courses, aller à la banque ou pratiquer leur activité de loisirs préférée. Mais les personnes atteintes de démence sont confrontées à de nombreux obstacles pour accomplir ces tâches apparemment simples. Des itinéraires qu’elles connaissaient bien peuvent ne plus leur sembler familiers, les horaires de bus deviennent inutilisables, les transactions financières source de confusion, et les groupes sociaux intimidants (daunting). Lorsque le cerveau s’éteint peu à peu, les personnes atteintes de démence ont parfois besoin d’un coup de main (a helping hand) pour la vie quotidienne, afin qu’elles puissent vivre chez elles le plus longtemps possible. Rendons la vie meilleure pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Les études de la Société Alzheimer montrent que presque deux tiers des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer se sentent seules, et près de la moitié déclarent perdre leurs amis suite au diagnostic. Si une personne sur trois est susceptible de développer une démence après l’âge de soixante-cinq ans, il est vital que nous changions ce tableau. Nous savons que les gens, en général, ne souhaitent pas tourner le dos aux personnes atteintes de démence. Cependant, s’ils ne comprennent pas pourquoi ou comment une personne atteinte de démence puisse avoir besoin d’un soutien, il est beaucoup plus difficile d’apporter ce soutien aux personnes malades. En donnant aux gens un nouveau degré de compréhension de sensibilisation, Dementia Friends vise à les rendre acteurs du changement (to empower people to make a difference) ». La Société Alzheimer promet : « nous vous formons à comprendre la démence et comment apporter votre aide, et à vous d’agir pour le reste. Nous voulons des amis de la démence dans chaque commune, dans chaque service hospitalier, à la poste, dans les lieux de culte et dans chaque rue. Notre but est d’atteindre un million de personnes en 2015, et nous avons bon espoir de dépasser cet objectif ».

J Dementia Care, janvier-février 2013. www.dh.gov.uk/health/2012/11/dementia-friends/, 8 novembre 2012.

Chine : protection des droits des aînés

La Chine vieillit et manque d’aidants familiaux après trente ans d’application de la politique de l’enfant unique. Selon Chine nouvelle, la Chine comptait en 2011 plus de cent quatre-vingt-quatre millions de personnes âgées de plus de soixante ans (13.7% de la population). En 2013, elles seront plus de deux cent millions (+8.7% en deux ans). Le Congrès national du peuple a adopté le 28 décembre 2012 une législation protégeant les droits des personnes âgées, qui exige notamment que les membres de la famille vivant séparés de leurs aînés leur rendent de « fréquentes visites », sans préciser toutefois les sanctions en cas de manquement ou le rythme des visites. La loi indique que si les droits et les intérêts des personnes âgées sont violés, ces dernières peuvent chercher de l'aide auprès des autorités ou porter plainte devant la justice. La loi inclut également des clauses concernant les conflits intra-familiaux et prévoit des obligations de soutien financier et de logement ainsi que des sanctions pour les personnes qui abusent des personnes âgées, ne leur apportent pas de soutien ou leur interdisent de se marier.

Associated Press, Huffington Post, Financial Times, 28 décembre 2012. AFP, Le Monde, 29 décembre 2012.

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