Commission européenne : la démence ne sera plus une priorité

Philippe Cupers, directeur du secteur des neurosciences à la direction générale de la recherche, et Jürgen Scheftlein, responsable politique de l’unité de santé mentale à la direction générale de la santé et des consommateurs, ont annoncé que le prochain programme de santé publique fera moins d’appels à projets, privilégiant davantage les actions conjointes. La démence ne sera plus une priorité en soi, mais un « défi intégré dans des activités transversales ». Heike von Lützau-Hohlbein, présidente d’Alzheimer Europe, trouve « regrettable que la Commission s’écarte ainsi des problèmes de la démence, des aspects de la vie quotidienne et des aspects sociaux de la maladie ». Jürgen Scheftlein a répondu que « le porte-monnaie de la santé publique est limité, comme le sont les ressources de la Commission », et qu’il serait plus efficace de se concentrer sur des questions transversales (cross-cutting issues) plutôt que sur des maladies spécifiques.

Dementia in Europe, septembre 2012.

Commission européenne : éducation, culture

Androulla Vassiliou, commissaire européenne à l’Éducation, à la culture, au multilinguisme et à la jeunesse, estime qu’ »il existe un potentiel énorme pour des projets destinés aux personnes âgées et en particulier à celles atteintes de démence, et pour poursuivre les échanges intergénérationnels en Europe. Je suis convaincue que nous pouvons aider à accroître la sensibilisation concernant les aspects bénéfiques de la culture pour les personnes atteintes de démence et améliorer leur qualité de vie ».

Dementia in Europe, septembre 2012.

ADI : statut d’organisation consultative auprès des Nations-Unies

L’association Alzheimer’s Disease International (ADI) a obtenu un statut d’organisation consultative » auprès de l’Organisation des Nations-Unies. Ce statut, similaire à celui du statut de « relations officielles » entre l’ONU et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), permettra à ADI d’assister aux réunions de l’ONU et d’y délivrer des messages pour promouvoir la cause de la démence. La politique concernant les maladies non-transmissibles et le vieillissement figurent parmi les priorités de l’ONU.

Global Perspective, octobre 2012. 

Plans nationaux : Finlande (1)

En Finlande, un diagnostic de démence est porté chez treize mille personnes chaque année et on estime que cinq mille à sept mille personnes en âge de travailler ont des troubles cognitifs. Maria Guzenina-Richardson, ministre finnois (socio-démocrate) de la Santé et des services sociaux, a lancé un « Programme national mémoire » en mai 2012, avec quatre objectifs : promouvoir la santé du cerveau ; encourager une attitude plus ouverte et positive concernant la santé du cerveau, l’accompagnement, les traitements et la réhabilitation ; assurer une bonne qualité de vie aux personnes atteintes d’un trouble de la mémoire et à leurs familles, grâce à un soutien au bon moment, à un traitement, une  réhabilitation et des services adaptés ; renforcer la recherche et l’éducation. Un aidant, représentant Alzheimer Finlande, explique ce qu’il attend du plan. « Voir un changement majeur dans les attitudes : une personne atteinte de démence doit être regardée comme un membre plein et entier de la société finnoise et doit avoir droit à une bonne qualité de vie ; voir une amélioration des dispositifs et des soins pour toutes les personnes atteintes de démence, qu’elles vivent à la maison, en maison de retraite ou à l’hôpital ; voir une augmentation du nombre d’infirmières mémoire qualifiées ; voir que la qualité de service est mesurée fréquemment ; voir un diagnostic fait à temps ; voir qu’une personne atteinte de démence puisse entrer dans une maison de retraite où elle puisse vivre sans la menace de déménager lorsque sa santé se détériorera. La mise en œuvre effective du plan dépend des ressources humaines et financières, qui n’ont pas encore été définies. C’est urgent ».

Dementia in Europe, septembre 2012. Sosiaali- ja terveysministeriön raportteja ja muistioita 2012:10. Kansallinen muistiohjelma  2012–2020. Tavoitteena muistiystävällinen Suomi. Mai 2012.

www.stm.fi/c/document_library/get_file?folderId=5065240&name=DLFE-20011.pdf(texte intégral en finnois).

Plans nationaux : Finlande (2)

La députée européenne Sirpa Pietkäinen (Finlande, Parti populaire européen, centre-droit), est critique : « un changement d’attitude est certainement nécessaire. Cependant, changer les attitudes ne reflète pas le besoin plus urgent de sauvegarder les droits fondamentaux des personnes atteintes de troubles de la mémoire », en « donnant davantage de pouvoirs aux associations Mémoire pour agir en tant que représentants de l’intérêt général des personnes malades et des patients individuels, dans des situations concernant leur propre intérêt en ce qui concerne les soins, l’hébergement et d’autres domaines de la vie. Ce qui manque aussi dans ce programme, c’est un appel à innovations sociales et à l’adaptation des infrastructures de la société à l’augmentation des personnes ayant des troubles de la mémoire ». Sirpa Pietkäinen aurait aussi aimé voir « quelques mesures plus concrètes, comme un calendrier de mise en œuvre, une allocation de ressources et des objectifs d’encadrement pour les professionnels de la mémoire dans le secteur de la santé ».

Dementia in Europe, septembre 2012.

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