Recherche européenne

Le projet Jumpahead, un projet de trois ans financé par le 7ème programme-cadre européen (FP7 2007-2013) et  lancé le 1er septembre 2010, réalise une cartographie de la recherche sur les maladies neuro-dégénératives et des ressources allouées dans vingt-trois pays membres. Cette action de coordination permettra de programmer la recherche collaborative européenne (JPND-Joint programming of neuro-degenerative research).

Alzheimer Europe Newsletter, février 2011. 

Nouvelles têtes

Au Canada, Julian Fantino, officier de police retraité et élu du parti conservateur à la Chambre des communes en novembre 2010, a été nommé le 4 janvier 2011 ministre d’Etat aux Aînés.

Canada : aides spécifiques au maintien à domicile pour personnes atteintes de troubles cognitifs

En Nouvelle Ecosse (Canada), la ministre de la Santé Maureen MacDonald a annoncé un programme doté de 1.4 million de dollars canadiens (1.1 million d’euros), permettant d’attribuer 500 dollars par mois (360 euros) à des personnes ayant des troubles cognitifs pour qu’elles puissent payer des services à domicile (Nova Scotia Supportive Care Program, www.gov.ns.ca/health). Une aide supplémentaire de 495 dollars par an (356 euros) est prévue pour payer des services de déneigement. Deux cent trente personnes par an devraient être éligibles à ces prestations. Les critères d’éligibilité sont l’âge (soixante-cinq ans et plus), le revenu net annuel du ménage, qui ne doit pas dépasser 18 785 dollars (13 516 euros) pour une personne seule et 35 570 dollars (25 593 euros) pour un couple marié, une évaluation par un coordonnateur de soins montrant une perte importante de mémoire et des troubles cognitifs affectant le fonctionnement dans la vie quotidienne, un besoin non satisfait de vingt-cinq à quarante heures par mois de services de soutien à domicile, et un représentant légal (substitute decision-maker).

Plan Alzheimer de l’Etat de Californie

L’Etat de Californie, ainsi que dix-huit autres Etats américains, élabore un plan Alzheimer (State Plan for Alzheimer’s Disease) proposant des actions à dix ans pour faire face à l’augmentation du nombre de personnes atteintes de la maladie, qui devrait doubler d’ici à 2030 pour atteindre 1.1 million de personnes malades. Cette évolution sera encore plus marquée dans les communautés d’origine asiatique et latino-américaine, qui anticipent un triplement des cas dans les vingt années à venir. Le coût des soins et de l’accompagnement devrait augmenter de 16 à 31 milliards de dollars (11.5 à 22.2 milliards d’euros) durant cette période. La sénatrice démocrate Elaine Alquist a associé plus de deux mille cinq cents personnes dans une consultation préalable, comprenant des personnes malades, des collectivités locales, des opérateurs, des chercheurs, des enseignants, des aidants familiaux, des juristes en droit des personnes âgées. Le plan prévoit une rationalisation des échelons de décision, une réduction des coûts et une meilleure utilisation des ressources existantes, et recommande d’investir dans la recherche et l’organisation de la prise en charge, afin de minimiser la stigmatisation de la maladie et améliorer la détection, le diagnostic, le traitement et l’accompagnement des personnes malades et des familles. Le plan indique qu’»une formation et un soutien adéquats des familles peut aider à prévenir (forestall) la demande de prise en charge dans des services publics coûteux, tels que l’hôpital, les services d’urgence et les établissements d’hébergement. Les fondations SCAN, California Endowment, Rosalinde and Arthur Gilbert et Archstone sont associées au plan de financement, dans le cadre d’un partenariat public-privé.

PR Newswire, www.thestreet.com, 9 mars 2011. 

Plan Alzheimer wallon

Le gouvernement wallon a adopté, fin décembre 2010, un plan dédié aux maladies d’Alzheimer et aux maladies apparentées, doté d’un budget de 250 000 euros. Trois axes sont fixés : mieux connaître et prendre en compte ces pathologies ; améliorer la qualité de vie des personnes malades et de leurs aidants ; collecter des données et favoriser une dynamique régionale. Début 2011, des projets pilotes ont été lancés en matière d’approche non médicamenteuse. Un centre Alzheimer sera créé pour former, informer et apporter une expertise. Un colloque serait aussi organisé. Plus de trente-cinq mille personnes sont concernées.  Ce plan fait suite à plusieurs initiatives : les études de la Fondation Roi Baudouin, le projet Qualidem, le Plan national démence, défini en 2008 par le Comité consultatif des maladies chroniques. Un groupe de travail a formulé à l’Inami (assurance maladie) un ensemble de propositions pour améliorer l’accompagnement des personnes atteintes de démence en maison de repos, et dont plusieurs seront concrétisées. En Flandre, le ministre Vandeurzen a lancé le plan Naar een dementievriendelijk Vlaanderen »(pour une Flandre amie de la démence).

Jean-Marc Rombeaux, économiste et conseiller en maison de repos, est dubitatif. Dans La Libre Belgique, il écrit, dans un article intitulé Un plan dans l’oubli : « Modifier l’image de la maladie ? Bien vu. Mais il n’y a toutefois pas de moyen clairement assigné en 2011 à cet objectif primordial. Même si des associations le font déjà, c’est judicieux et existe de longue date en Flandre. Un ixième colloque sur la maladie d’Alzheimer ? Ça ne mange pas de pain. Un plan qui tombe à pic ? En fait, il a été préparé avec un panel limité d’experts. Quelle adhésion suscitera-t-il auprès des acteurs qui n’ont pas été consultés ? 0.25 million d’euros pour 35 000 individus ? En moyenne, c’est 0.60 euro par mois par personne. C’est symbolique. Même si le ciel budgétaire est plombé, les personnes atteintes et leurs proches auraient mérité un soutien plus décidé. Des projets sur les approches non médicamenteuses ? La Fondation Roi Baudouin appuie déjà trente initiatives de ce type en Belgique francophone et nombre sont connues. Le hic ? Il manque d’études rigoureuses pour apprécier leur efficacité ».

La Libre Belgique, 7 mars 2011.

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