Royaume-Uni : quelle place pour la médecine de proximité ?

Ian Greaves, médecin généraliste dans le Staffordshire et David Jolley, professeur de psychiatrie du grand âge à l'Université de Manchester (Royaume-Uni), remettent en cause les hypothèses, les priorités et les prévisions économiques de la stratégie nationale pour la démence en Angleterre, publiée en février 2009. Pour les auteurs, encourager le recours aux soins spécialisés (secondary care centres) et exagérer l'efficacité des interventions pour améliorer les résultats cliniques tout en réduisant les coûts, peut conduire à une déception et une frustration, alors que l'on aurait pu renforcer les activités de soins primaires, notamment pour éviter des problèmes majeurs lorsque les patients présentent des symptômes sévères et complexes. Selon eux, la prise en charge serait mieux adaptée dans le cadre d'un modèle collaboratif respectant les connaissances et l'engagement des familles et des médecins généralistes, mais cela nécessiterait une importante redistribution des ressources.

Br J General Practice. Greaves I et Jolley D. National Dementia Strategy: well-intentioned-but how well founded and how well directed. Mars 2010.

Etats-Unis : la qualité des maisons de retraite notée par étoiles

Les Centres Medicare (pour les personnes de plus de soixante-cinq ans) et Medicaid (pour les personnes démunies) ont mis en place un système de notation de la qualité des maisons de retraite allant de une à cinq étoiles. Les notes sont attribuées après inspection sanitaire (plus de deux cent mille rapports d'inspection), du temps de personnel par résident et par jour, et de dix indicateurs de qualité, physiques et cliniques, tels que la prévalence des escarres ou les modifications de la mobilité des résidents. Cette information est recueillie par les équipes infirmières. Plus de douze millions d'évaluations de l'état de santé ont déjà été recueillies.

www.cms.gov, US Department of Health and Human Services, 26 avril 2010.

Allemagne : municipalités vieillissantes, gérontocratie et concurrence fiscale

Anna Montén et Marcel Thum, de l'Institut Ifo de recherche économique de Dresde (Allemagne), ont développé un modèle de concurrence fiscale pour les municipalités vieillissantes. Au cours du vieillissement, les gérontocraties et les planificateurs substituent graduellement les biens et services publics destinés à la population jeune par des biens et services destinés aux personnes âgées. Ce processus de substitution ne dépend pas simplement du vieillissement, mais aussi de la distribution régionale des personnes âgées. Pour les deux économistes, la concurrence fiscale éviterait l'exploitation de la jeune génération. Lorsque la proportion de personnes âgées est suffisamment importante, les gérontocraties locales offriraient davantage de biens et services aux jeunes que les planificateurs.

Eur J Political Economy. Montén A et Thum M. Ageing municipalities, gerontocracy and fiscal competition. Juin 2010.

Norvège : pas d'altruisme pour les vieux

Pour Jørn Rattsø, du département d'Economie de l'Université de Science et technologie de Trondheim, et Rune Sørensen, de la Norwegian School of Management d'Oslo (Norvège), qui ont mené une revue de la littérature sur le rôle de l'altruisme familial et les politiques locales de protection sociale entre 1992 et 2004, l'altruisme entre en compte dans les dépenses d'éducation, mais pas dans celles de la dépendance ou celles de la santé. Pour les vieux, c'est chacun pour soi, concluent-ils.

Eur J Political Economy. Rattsø J et Sørensen RJ. Grey power and public budgets: family altruism helps children, but not the elderly. Juin 2010.

Royaume-Uni : quels coûts pour la démence dans vingt ans ?

L'équipe de Martin Knapp, de l'unité PSSRU (Personal social services research unit) de la London School of Economics and Political Science de Londres, a utilisé une approche de type Delphi (avis d'experts) pour modéliser la demande future de soins pour les personnes âgées atteintes de démence et les coûts associés. Les experts suggèrent une faible réduction de la prévalence de la démence dans les cinquante années à venir, un gel de l'effectif des résidents en maison de retraite, et une augmentation des qualifications et de la rémunération des assistants de soins. Les projections estiment que les dépenses liées à la prise en charge de la démence pourraient représenter entre 0.82 et 0.96% du produit intérieur brut en 2031.

Int Psychogeriatr; Comas-Herrera A et al. Future costs of dementia-related long-term care: exploring future scenarios. 8 avril 2010.

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