Assurance maladie : un euro sur deux non remboursé pour les dépenses de médecine de ville

Si le taux global de remboursement par l'assurance maladie est plutôt satisfaisant par rapport à d'autres pays, il commence à baisser : 45.5% en 2008, contre 77% en 2007, s'inquiète Didier Tabuteau, responsable de la chaire santé de Sciences Po, pour qui ce taux global dissimule une double réalité : les dépenses d'hospitalisation et d'affection de longue durée (ALD), prises en charge à 90% et 100%, augmentent alors que les remboursements des soins courants (médecine de ville) baissent. Il a proposé au Haut conseil sur l'avenir de l'assurance maladie de créer un nouvel indicateur, le taux « apparent » de remboursement, correspondant au niveau de remboursement des soins hors hospitalisation et ALD. Selon Didier Tabuteau, ce taux apparent s'afficherait aujourd'hui à 55%, soit un euro sur deux non pris en charge par l'assurance maladie pour les dépenses de soins de ville, ce qui explique la perception des Français d'une dépense de santé plus coûteuse et l'évolution vers une « privatisation » de la protection sociale. Le recentrage des dépenses sur les maladies lourdes lui apparaît tendanciel et logique, mais « pas inéluctable, si l'on choisit d'investir dans la santé comme élément-clé du pacte social » : un choix profondément politique.

Le Monde, 13 janvier 2010.

Cohésion sociale

La direction générale de la cohésion sociale (DGCS) remplace la direction générale de l'action sociale (DGAS) dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. L'enjeu est « d'avoir une vision plus stratégique et un rôle renforcé de pilote des politiques publiques », explique Fabrice Heyriès, directeur général de l'action sociale et prochain directeur de la DGCS. Cette nouvelle direction comprend trois pôles : politiques sociales et médico-sociales (insertion et lutte contre l'exclusion, enfance et famille, autonomie des personnes âgées et handicapées) ; droits de femmes et égalité entre les femmes et les hommes ; politiques d'appui (services financiers, budgétaires, animation territoriale, professions sociales, modernisation des secteurs social et médico-social). Outre le cabinet et le bureau des affaires européennes et internationales, deux missions sont rattachées au directeur général de la cohésion sociale : une mission « analyse stratégique, synthèses et prospective », et une mission « innovation, expérimentation sociale et économie sociale ». Les acteurs du terrain craignent d'y perdre en lisibilité et en visibilité.

Actualités sociales hebdomadaires, 15 janvier 2010. Décret n° 2010-95 du 25 janvier 2010 relatif à l'administration centrale des ministères chargés des affaires sociales et portant création d'une direction générale de la cohésion sociale ; Arrêté du 25 janvier 2010 portant organisation de la direction générale de la cohésion sociale en services, en sous-directions et en bureaux. JO du 26 janvier 2010.

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