Logé Nourri

La société privée de services à la personne Bien à la maison a lancé depuis 2006 le concept de Logé Nourri : une auxiliaire de vie au domicile, cinq jours et quatre nuits par semaine, du lundi à huit heures au vendredi à dix-huit heures, pour accompagner des personnes âgées ou handicapées. Ce dispositif permet des interventions continues, ce qui tranquillise le bénéficiaire et les familles. « La permanence de la présence auprès de la personne âgée ou handicapée exige de mettre sa propre vie entre parenthèses pour une immersion totale dans celle de la personne aidée », explique Mireille Daget, auxiliaire de vie vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Mais ce dispositif présente des avantages pour le professionnel : le gîte, le couvert, un niveau de salaire satisfaisant.

Le Journal du Domicile des services à la personne. Avril 2010.

Relais assistants de vie

L'Institut FEPEM de l'emploi familial (Fédération nationale des particuliers employeurs) a passé convention en 2007 avec la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) pour le développement de « relais assistants de vie ». Ainsi, tous les quinze jours, au sein d'une salle de mairie principalement, des mini-sessions de formation et d'accompagnement sont proposées aux assistants de vie. La première heure est dévolue aux échanges de pratiques, suivie dans la deuxième heure de l'intervention d'un spécialiste sur un thème défini au préalable : maladie d'Alzheimer, maltraitance, nutrition, manutention... La troisième heure est une séance de questions-réponses avec l'animateur et l'expert. D'ici à 2011, la CNSA prévoit l'ouverture de vingt relais assistants de vie.

Le Journal du Domicile des services à la personne. Avril 2010.

Du soulagement de l'aidant à la prise en compte du couple aidant-aidé

Selon N. Bouttier, d'Union sociale, le plan Alzheimer a apporté « une révolution culturelle » dans l'approche des familles, à travers des journées de formation et un droit au répit. Pour Marie-Jo Guisset-Martinez, responsable du pôle Initiatives locales à la Fondation Médéric Alzheimer, « on est passé du soulagement de l'aidant à la prise en compte du couple aidant-aidé » : l'évolution plus ou moins rapide de la maladie se jouant aussi dans la capacité à accompagner le conjoint. Elle cite plusieurs initiatives encouragées par la Fondation : dans l'Ain, la Mutualité sociale agricole (MSA) propose des cafés mémoire itinérants : dans un bistrot, pendant trois heures, une équipe pluridisciplinaire rencontre des familles ; des personnes sortent de leur isolement, s'informent, parlent de leurs difficultés face à la maladie. Une autre voie à explorer, souligne Marie-Jo Guisset-Martinez, est celle de l'accueil familial temporaire. Cette solution, largement pratiquée en Angleterre, en Espagne ou en Australie, est testée par des Conseils généraux qui forment des familles à accueillir des personnes malades : « ce n'est pas simplement un moyen pour le proche de quitter son fardeau. C'est aussi un temps de vacances pour la personne malade qui sort de son propre univers parfois étouffant ». Cette formule ne convainc pas Joëlle Le Gall, présidente de la FNAPAEF (Fédération des associations de familles et de résidents en maisons de retraite), qui estime que « l'accueil temporaire ne convient pas forcément aux familles. Se posent, en effet, les questions du coût des transports et de la solitude des aidants pendant cette période ». Pour elle, la priorité est d'avoir un personnel formé, qui trouve « les bons mots ». « Nous avons besoin de géronto-psychiatres qui accompagnent dans une même thérapie l'aidant et le malade ».

Union sociale, mars 2010.

Activités intergénérationnelles en domicile partagé

A Beignon (Morbihan), des domiciles partagés sont conçus pour accueillir en colocation huit personnes âgées désorientées souffrant de maladie d'Alzheimer ou de maladies apparentées. La location du logement est assurée par la commune, et l'aide à domicile vingt-quatre-heures sur vingt-quatre par le service aux personnes de l'association Clarpa. L'auxiliaire de vie coordonnatrice, Béatrice Tanguy-Briant, explique : « nos trois locataires s'entendent bien. Elles vivent à leur rythme, participent quand elles le souhaitent aux préparatifs des repas, regardent la télévision ou font avec nous des jeux de société. Les écoliers et les assistantes maternelles nous rendent de temps en temps des visites de voisinage ». Les résidents voient les enfants de l'école maternelle publique voisine jouer pendant la récréation. Ils jardinent et chantent avec eux.

www.ouest-france.fr, 8 mai 2010.

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