Manger-mains et qualité de vie

La résidence Les Fontaines à Lutterbach (Haut-Rhin), qui héberge soixante-dix personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, expérimente le manger-mains pour les personnes qui n’arrivent plus à se servir de couverts. Concombres taillés en bâtonnets et petites tomates crues, boulettes de légumes, quenelles de poisson ou de viande, croquettes de pommes de terre ou de céréales : les mets sont appétissants, joliment présentés sur assiettes par le cuisinier, Gérard Schmitt, devenu maître du finger food, ou plats faciles à manger avec les doigts. Édith Werrn, directrice, explique : « nous avions observé que des malades qui ne se servaient plus de couverts, même ergonomiques, trempaient les mains dans le ragoût. Avec les bouchées préparées pour être mangées avec les mains, leur dignité est conservée ». Cependant, instaurer le manger-mains dans la salle à manger commune a nécessité des explications auprès des familles, choquées par ce qui peut apparaître comme une régression : « cette phase n’est pas toujours définitive, assure Édith Werrn. Ces préparations permettent à chacun de manger à son rythme, d’avoir le choix des mets dans l’assiette, de stimuler le plaisir de manger et le sens du toucher. ». Le chef de cuisine s’est vite pris au jeu. Il a inventé et testé des recettes, jonglé avec les mixers, les épaississants et les moules en silicone aux formes variées. Il observe les patients à table pour améliorer les textures, la présentation… Pour le Dr Alain Lion, gériatre et président de l’établissement, le bilan est positif : « le poids des patients se stabilise, alors que l’on croyait l’amaigrissement inéluctable chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Leur état général est bon, il y a peu d’escarres et d’infections. Le manger-mains contribue à la qualité de vie des patients. »

L’Alsace, 20 juin 2010.

Prix CNSA / Fondation Médéric Alzheimer : lieux de vie collectifs et autonomie 2010, mention spéciale Alzheimer

A Ispagnac (Lozère), l’unité Alzheimer de la maison de retraite Le Réjal a obtenu la mention spéciale Alzheimer du Prix CNSA Lieux de vie collectifs et autonomie 2010, dotée de dix mille euros par la Fondation Médéric Alzheimer. Michèle Frémontier, directrice de la Fondation, et Kévin Charras, psychologue et responsable de programmes d’interventions psychosociales, « ont été sensibles à la diversité des lieux qui ont une vraie identité », écrit le Midi Libre. « Là, une chambre en coin plutôt curieuse, ici, un jardin où M. Dozet retrouve son ancienne passion, là-bas, la cuisine accessible à tous avec réfrigérateur, au bout, une terrasse avec beaucoup de fleurs... Tout a une explication, une raison. Les résidents sont là, les uns occupés par l'atelier de musicothérapie, d'autres dans le petit salon ou à la cuisine, la plupart intéressés par ces visiteurs ». Pour Michèle Frémontier, « quelque chose qui ne trompe pas, c’est le contact entre la direction et les pensionnaires, connus par leur nom et prénom, par leur vie, leur parcours, leurs anecdotes ».

www.midilibre.com, 28 juin 2010.

Jardin thérapeutique

Une quarantaine de bénévoles de l’entreprise Cargill, producteur et négociant de produits et de services dans les domaines alimentaire, agricole, financier et industriel, se sont mobilisés pour réaliser un jardin thérapeutique destiné aux résidents de la maison de retraite Beaupré de Haubourdin (Nord).

Blog-maison-retraite.maison-de-retraite–alzheimer.fr, 11 mai 2010.

Téléassistance (1)

L’Association française de téléassistance (AFRATA), créée en 2009, et qui regroupe les quatre principaux opérateurs (Présence verte, Attendo, Filassistance International, GTS) a organisé ses secondes journées annuelles. La demande est en forte hausse : quatre cent mille foyers étaient raccordés en 2009, contre deux cents en 2008. La profession estime que 8% à 10% des octogénaires bénéficient de ce service. Une charte d’éthique a été adoptée par le secteur. La téléassistance est un dispositif d’alerte et non d’un système de surveillance à distance, indique Claude Mordelet, président de l’AFRATA, qui ajoute que « le savoir-faire et les moyens utilisés dans la téléassistance peuvent être mis au service de l’aide aux aidants », une nouvelle activité que le secteur souhaite développer.

Dans la Creuse, le Conseil général, avec l’aide du pôle domotique et santé de la communauté de communes de Guéret-Saint-Vaury, redéfinit les contours d’un service public de téléassistance. Bernard Lapôtre, chef de projet, explique : « les technologies testées sont bien acceptées par les bénéficiaires lorsque la démarche est accompagnée et soutenue par les familles. Nous ne pouvons pas nous contenter de faire livrer du matériel. D’où l’importance de prévoir dans cette nouvelle offre de téléassistance une installation à domicile par du personnel formé et, pour la plateforme d’écoute, des écoutants connaissant le territoire. La téléassistance doit être un outil de communication pensé pour les personnes âgées. La volonté du département est de proposer un service public, un véritable offre d’accompagnement et de services gérontologiques ».

www.agevillagepro.com, 21 juin 2010. La Gazette Santé-socialjuin-juillet 2010.

Téléassistance (2)

Selon une étude Eurostaf menée auprès de quatorze entreprises du secteur, le marché de la téléassistance est dynamique, affichant une croissance annuelle de 10 à 15% par an au cours des dernières années. Ce dynamisme est porté par un effet volume avec l’augmentation du nombre d’abonnés (quatre cent quarante mille en 2010), conjugué à un effet prix (montée en gamme de l’offre). Selon Elodie Bervily Itasse, consultante d’Eurostaf, les téléassisteurs doivent relever plusieurs défis s’ils veulent profiter du dynamisme du marché : développer de nouveaux services et proposer une offre globale d’accompagnement à domicile de la personne âgée (Présence verte, Europ Assistance, Axa Assistance, GTS Mondial Assistance, Filien-ADMR) ; profiter de la désintermédiation de la distribution pour faire progresser le taux d'équipement de la population française via des campagnes de communication grand public ; élargir la cible commerciale (seniors actifs, travailleurs isolés, personnes handicapées, femmes enceintes, etc.) ; se positionner sur les segments porteurs via le développement de technologies innovantes de détection de chute, de géolocalisation, de visioassistance, etc. Selon Eurostaf, l'intensité capitalistique du secteur devrait s’accroître, les entreprises devant être en mesure de financer leur recherche et développement de façon à suivre le rythme en matière d'innovation, renforcer les budgets marketing (visibilité des marques) et soutenir la distribution directe (BtoC-business to consumer). Le secteur devrait continuer à se concentrer, après l’acquisition de 40 % du capital d’Océalis (Homveil) par Europ Assistance en mars 2010 : cette concentration permettrait d’avoir une communication plus massive, d'atténuer la pression concurrentielle et d'optimiser la distribution de l’offre.

Eurostaf. Bervily Itasse E. Le marché français de la téléassistance. www.eurostaf.fr, Les Echos, 1er juillet 2010.

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