L’action sociale de l’AGIRC-ARRCO

Pour proposer un autre niveau d’intervention que le versement de prestations financières, l’AGIRC et l’ARRCO, fédérations des régimes de retraite complémentaire des salariés du secteur privé, ont développé une action sociale dont les axes prioritaires sont la prévention, l’autonomie à domicile, l’accompagnement de la perte d’autonomie en établissement. Comment devenir force d’innovation dans ce domaine ? En accompagnant des actions exemplaires dans les quelque soixante-dix établissements gérés par les régimes complémentaires, sur des projets d’accompagnement des professionnels dans l’évolution de leurs pratiques, l’organisation du travail collaboratif, le prendre soin, l’adaptation de l’architecture aux déficits sensoriels, puis en fédérant et en partageant ces expériences auprès des groupes de protection sociale opérateurs, expliquent Jean-Claude Barboul, président de la commission de coordination de l’action sociale ARRCO, et Anne Saint-Laurent, directrice de l’action sociale AGIRC dans un entretien vidéo à Agevillagepro.

www.agevillagepro.com, 26 mai 2010.

Architecture : prix CNSA 2010 « lieux de vie collectifs et autonomie » (1)

L’architecte Aymeric Zubléna, président du jury, Laurent Vachey, directeur de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), Alain Bérard, adjoint au directeur de la Fondation Médéric Alzheimer et Gérard Vincent, délégué général de la Fédération hospitalière de France, ont décerné le prix CNSA 2010 « lieux de vie collectifs et autonomie », soutenu par la Fondation Médéric Alzheimer et le Comité national de Coordination de l'Action en faveur des personnes handicapées (CCAH). Le prix, destiné aux gestionnaires d’établissements médico-sociaux et de leurs architectes, récompense la réflexion commune des maîtres d’ouvrage et des architectes pour construire ou moderniser des établissements qui prennent en compte le projet de vie de leurs résidents. Le concours d’idées encourage les étudiants en architecture à réfléchir à des idées novatrices dans la conception de lieux de vie pour les personnes en perte d’autonomie.

Le prix de la réalisation médicale pour personnes âgées, d’un montant de trente mille euros attribués par la CNSA, a été décerné au Hameau de la Pelou, établissement public d’hébergement de personnes âgées dépendantes (EHPAD), situé à Créon (Gironde), pour un projet réalisé avec les architectes Denis Debaig et Alain Loisier, qui ont créé un espace chaleureux et rassurant articulé autour d'une rue intérieure rythmée par ses activités et desservant les espaces de vie (cabinet médical, salon de coiffure, salle de kinésithérapie, salons d'accueil, restaurant, etc.), ses jardins à thèmes, ses vastes terrasses. Le hameau est composé de six unités conçues comme de petites maisons séparées par un jardin privatif. L’unité d’hébergement renforcé (UHR) maintient un contact visuel sur les activités du pôle. Les architectes ont aménagé des petits salons au centre de chaque maison pour accueillir les familles, une salle à manger spacieuse qui facilite la circulation et permet le rassemblement lors d'occasions particulières, un grand salon avec une bibliothèque, un espace de kinésithérapie équipé de vélos et un espace réservé à l'accueil de jour. Les jardins comprennent une zone réservée à des activités sportives intergénérationnelles, en partenariat avec les écoles primaires du bourg). 

prix-autonomie-cnsa.fr, www.agevillagepro.com, 25 mai 2010.www.lemoniteur.fr, 21 mai 2010.

Architecture : prix CNSA 2010 « lieux de vie collectifs et autonomie » (2)

La mention spéciale Alzheimer (dix mille euros attribués par la Fondation Médéric Alzheimer) a été décernée à l’EHPAD Le Réjal, géré par le Centre d’orientation sociale d’Ispagnac (Lozère), pour un projet réalisé avec le cabinet SCP Bonnet et Teissier. La transformation des anciens locaux a permis de créer une unité protégée accueillant onze personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés. Située au rez-de-chaussée, elle est volontairement placée au plus près du hall d'entrée, véritable lieu de vie. Elle ne se veut surtout pas lieu d'exclusion. Sa situation au cœur de l'établissement et son ouverture sur un jardin qui peut donner accès à l'extérieur en témoignent. La circulation, conçue autour d'un îlot central triangulaire, distribue les onze chambres et dessert directement la pièce à vivre caractérisée par un jeu de lumière et d'ouverture de l'espace. Le jury a également apprécié le lieu de vie qui propose une cuisine, une salle à manger, et un salon favorisant, par sa familiarité, la convivialité, les activités de la vie quotidienne et l'intégration des familles. Les liens vers l'extérieur sont privilégiés. Un balcon, muni d'un garde-corps, permet de profiter du plein air. Un jardin clos, mais pas hermétique, permet l'accès au village ou de la promenade aux alentours de l'établissement. Un jardin thérapeutique y verra prochainement le jour. Les chambres sont décorées en tenant compte des particularités des résidents. Chaque porte est d'une couleur différente et comporte une signalétique et des informations concernant le résident (nom, photo, etc.). Les familles sont invitées à personnaliser le plus possible la chambre de leur proche afin de maintenir des repères identitaires. Chaque chambre est dotée d'une salle d'eau vaste et sécurisante (douche à l'italienne, sol antidérapant, etc.). L'équilibre entre hygiène et sécurité est recherché, mais les options prises privilégient toujours un matériau qui rappelle le plus possible le domicile.

prix-autonomie-cnsa.fr, www.agevillagepro.com, 25 mai 2010.www.lemoniteur.fr, 21 mai 2010.

Architecture : prix CNSA 2010 « lieux de vie collectifs et autonomie » (3)

Le concours d’idées pour la conception d’un lieu de vie collectif pour personnes âgées a été remporté par Carole Lamarle et Sarah Tenenbaum, élèves à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Marseille, pour un projet intitulé Voyage à travers les âges ! Escale à Marseille. Ce projet vertical de quatre mille trois cents mètres carrés est implanté au cœur du quartier Euroméditerranée de Marseille, sur une passerelle d'autoroute désaffectée. Le bâtiment est conçu pour s'élever comme un vaisseau, sur un pont-vestige transformé en jardin suspendu. Le projet se développe autour de formes géométriques simples pour une évidence fonctionnelle. L'ensemble des unités est enveloppé d'une structure proliférante et distribué par une colonne en verre. Ce lieu de vie collectif propose d'accueillir quatre-vingts personnes âgées dans des chambres souvent dotées d'une loggia et disposées autour de salons avec vue sur la mer, coin cuisine et bibliothèque. Un pôle d'activités et de soins adaptés, au rez-de-chaussée, et une unité de vie spécifique, dans la maison la plus haute, sont destinés aux personnes souffrant de la maladie d'Alzheimer. Les étudiantes ont aussi mis l'accent sur la mixité entre générations, en consacrant l'une des unités à une école maternelle. Le jury a souligné une vision urbaine et « branchée » de la vieillesse. Il a reconnu que le projet était porteur d'une esthétique d'avant-garde. La structure en résille béton permet d'avoir une façade non figée, sans aucun point porteur à l'intérieur du bâtiment, adaptable aux besoins. L'orientation du bâtiment participe à sa durabilité. Il bénéficie d'un ensoleillement sur ses quatre façades. La façade nord est plus opaque, tandis qu'au sud, elle est complètement ouverte. A l'ouest, elle se transforme en brise-soleil mais maintient la vue sur la mer. Au sud, la résille béton devient treille pour protéger de la chaleur durant l'été et conserver un ensoleillement l'hiver. Les toitures sont recouvertes de végétaux (rétention d'eau, inertie thermique et acoustique). La toiture la plus élevée et celles des serres sont équipées de capteurs thermiques. L'énergie solaire est alors utilisée pour chauffer l'eau sanitaire et les pièces (plancher chauffant). Le projet Euroméditerranée 2 prévoit la mise en place de pompes à chaleur dans tout le quartier. L'implantation au cœur d'un quartier réduit les déplacements polluants : le quartier est desservi par le tramway et par une gare TER.

Soins infirmiers à domicile la nuit

Sept arrondissements parisiens et vingt-quatre villes de Seine-Saint Denis bénéficient des services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) de nuit d’Ile-de-France, un dispositif créé par la Fondation hospitalière Sainte-Marie en 2009. Ces SSIAD de nuit offrent un relais aux SSIAD de jour entre vingt heures et sept heures. Il assure une prise en charge des soins d’hygiène, de confort, de suivi des traitements médicamenteux, de prévention des risques liés à la dépendance, et apporte une aide humaine aux aidants familiaux. Ce service permet notamment aux personnes dépendantes, handicapées ou âgées, de se coucher à des heures plus tardives, ou encore de bénéficier d’une toilette plus tôt le matin, par exemple avant une visite médicale. L’activité est surtout concentrée sur les premières heures de la nuit, avant de reprendre à partir de six heures du matin, explique David Viaud, directeur général de la Fondation. « Cette offre permet un retour plus précoce à domicile pour des patients dépendants ou une réduction de la durée d’hospitalisation, tout en garantissant une prise en charge continue et personnalisée à chaque bénéficiaire », précise-t-il. Le coût s’élève à quarante euros par intervention, remboursables sur prescription médicale. Les infirmiers coordonnateurs coopèrent avec leurs homologues des SSIAD de jour : « nous avons les mêmes patients, ce qui nous permet d’assurer une réelle continuité des soins », explique Marie-Jo Abguillerm, infirmière coordonnatrice du SSIAD de nuit de Paris. En un an, cent trente-six personnes ont été prises en charge, et les SSIAD de nuit de Paris et de Seine-Saint-Denis ont des listes d’attente. Forte de son succès, la Fondation a obtenu des autorisations pour quarante places supplémentaires en Seine-Saint-Denis et pour la création de cinquante places à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Soins gérontologie, mai-juin 2010.

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