Réseau de maisonnées

Quelle doit être la taille d’une petite unité de vie ? Philippe Dahan, architecte et enseignant-chercheur à l’Université de Compiègne, qui travaille sur l’architecture et l’aménagement pour un habitat adapté à la maladie d’Alzheimer et maladies apparentées, utilise le concept de « maisonnées », dont « la dimension idéale résulte de débats entre différentes contraintes : dimension familiale, coût du personnel, règles incendie ». « si l’on considère la dimension familiale, l’idéal défendu par les divers acteurs se situe dans la composition d’un groupe de six à douze personnes maximum. Au-delà de douze à quatorze, « on commence à être dans la gestion industrielle, mais une bonne organisation et motivation du personnel peut sans doute répondre à ce problème, l’idéal étant alors de redécouper les vingt personnes en deux fois dix ». « La gestion d’un petit nombre de personnes confinées dans un espace clos et restreint est un vrai problème qui, mal géré, peut augmenter l’agressivité des malades et créer des dysfonctionnements dans les pratiques (contention…). Le « réseau de maisonnées », idée que développent Philippe Dehan et d’autres acteurs français européens, « permet à la fois d’offrir un groupe intime, une gestion plus souple du personnel et surtout de laisser une plus grande liberté aux résidents ». Un système de rue intérieure entre maisonnées facilite les déambulations. Selon Philippe Dehan, la dimension doit aussi être pensée en terme de plateforme globale de services et de polyvalence du personnel.
www.agevillagepro.com , 17 février 2009.

Comment ne pas être perdu ?

La Mutualité française de Côte-d’Or-Yonne mène une étude de six mois auprès de cinquante personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, porteurs de bracelets de géolocalisation. La qualité de vie de la personne malade et des aidants est mesurée sur une période de six mois, avec une adaptation des structures d’accueil et une formation des aidants.
Mutadom téléassistance. www.bourgogne.mutualite.fr , www.vivapresse.fr , 5 février 2009.

Guichet unique

La Caisse régionale d’assurance maladie (CRAM) Bourgogne-Franche-Comté et l’association France Alzheimer Côte d’Or ont signé le 29 janvier une convention de partenariat pour améliorer la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et l’accompagnement de leur famille. Un guichet unique sera ainsi mis en place pour faciliter les démarches. Si besoin, le service social de la Cram apportera son soutien aux travailleurs sociaux de l’association. Les signataires s’engagent également à mener des actions de coopération, notamment l’organisation de séminaires d’aide aux aidants, de cycles d’échanges, de groupes de parole.
www.bienpublic.com , 15 février 2009.

Economie sociale raisonnée

La Fondation Léopold Bellan, déclarée d’utilité publique, a soigné ou accompagné soixante-sept mille patients ou personnes âgées en 2008. Son ambition est de leur offrir un accompagnement de qualité pour leur fin de vie. Elle doute que le privé à but lucratif soit à même de le faire, et redoute que le nombre de laissés pour compte augmente. « Les retraites de plus de deux mille euros mensuels sont rares », souligne son directeur, Joël Linhardt. La Fondation prévoit de doubler son nombre de lits pour personnes âgées et d’ouvrir ou de reprendre une dizaine d’établissements dans les cinq ou six prochaines années. Les regroupements sont devenus une nécessité pour faire des économies d’échelle, et pour développer la qualité du service : « nous allons essayer de maintenir le taux d’encadrement actuel (0.6 soignant par lit) avec un prix de journée de soixante-deux euros. Nous facturons à coût réel sans rémunérer le capital. Les produits sont réaffectés aux investissements ». Un management unique, évitant les clivages corporatistes, selon Jean-Yves Ruaux, de Seniorscopie , source d’une bonne adéquation entre un projet et sa concrétisation. Mais pour tous ces projets où la Fondation envisage d’innover ou de prendre le relais d’associations ou de groupements moins organisés, les montages financiers sont complexes. En effet, ils font appel à plusieurs sources de fonds (conseil général, conseil régional, caisses de retraite complémentaires... ). Pour plus de souplesse, la fondation Léopold Bellan envisage de créer une société ad hoc avec la Caisse des Dépôts et Consignations afin de tirer des opérations un profit permettant le réinvestissement. Pour Jean-Yves Ruaux, la fondation Léopold Bellan représente aujourd’hui « un modèle d’économie sociale raisonnée. Sa croissance et son modèle éthique performants prouvent que l’initiative de l’altruisme et de l’aide sociale n’ont pas forcément à être abandonnées à la discrétion de la puissance publique. L’organisation et les règles des structures publiques ne favorisent pas toujours la réactivité ni la souplesse d’adaptation à une situation » : la fondation Léopold Bellan, ayant constaté la difficulté à rendre viables des accueils de jour disséminés, a choisi de les adosser à ses établissements.
www.seniorscopie.com , 17 février 2009.

Textures appétissantes

A Chasseneuil-du-Poitou (Vienne), la maison de retraite « Les Doyennés de la Clairière aux Chênes » du groupe Médica-France accueille quatre vingts résidents, dont certains, atteints de la maladie d’Alzheimer, ont du mal à se nourrir, en raison de difficultés à mastiquer ou à avaler. Ces difficultés peuvent être la source de dénutrition ou d’exclusion. Les trois cuisiniers de l’établissement ont mis au point des mets à texture modifiée : « l’aliment émulsionné garde toutes ses qualités nutritionnelles. Par exemple, une betterave rouge est mixée et on y ajoute un liant naturel à base de maïs, qui ne modifie en aucun cas le goût, mais a la particularité de lisser la texture. L’avantage de cette préparation est d’être présentable, appétissante.
Les résidents qui consomment ces aliments retrouvent le plaisir de manger et on évite ainsi le sentiment de frustration… »
La Nouvelle République , 20 février 2009.

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