Accompagnement psychosocial à domicile

Depuis près de dix ans, une entreprise sociale rouennaise, Ologi, forme des professionnels (les Alzami) à un nouveau type d’intervention chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : un accompagnement psychosocial sur le long terme qui vise à stimuler les capacités cognitives des personnes et à soulager les aidants. Lors du plan Alzheimer 2008-2012, la démarche a été soutenue par la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) qui y voyait une complémentarité avec les équipes spécialisées Alzheimer. Une étude d’impact réalisée dans le cadre de la convention passée avec l’agence régionale de santé de Normandie et le département de Seine-Maritime a permis de réaliser une première évaluation des accompagnements psychosociaux menés par les Alzami. Elle montre une baisse de 88 % des réactions d’agressivité des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’une diminution de l’apathie pour neuf personnes sur dix. En outre, plus d’une fois sur deux, les méthodes développées par les professionnels d’Ologi permettraient de trouver une solution aux troubles du comportement perturbateur. Tous les aidants interrogés dans le cadre de cette même étude affirment, quant à eux, avoir une meilleure compréhension de la maladie et de ses troubles cognitifs grâce à l’intervention de l’Alzami, et 77% d’entre eux disent trouver auprès de ces professionnels des réponses leur permettant de mieux appréhender les symptômes de leur proche. L’Alzami semble également être un relais important pour orienter les aidants dans leurs démarches. Ils seraient ainsi 75 % à solliciter les professionnels d’Ologi pour trouver des aides complémentaires. Au-delà de cette première évaluation, une étude scientifique menée avec l’appui d’un gérontopôle est d’ores et déjà prévue pour affiner ces résultats, assure Olivier Lanos, cofondateur d’Ologi.

Actualités sociales hebdomadaires, 17 novembre 2017.

Pour une société accueillante vis-à-vis des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : prix conjoint Fondation de France – Fondation Mé...

Le grand prix, d’un montant de 10 000 euros, a été décerné à l’accueil de jour Mignoned Rewis de Sarzeau (Morbihan), qui propose aux personnes malades de nombreuses activités ancrées dans la vie locale, visant à préserver leur citoyenneté et leur participation active dans la vie de la cité : implication dans des actions caritatives, sorties au cinéma, shopping, échanges intergénérationnels avec le conservatoire, récolte de fruits dans les jardins des habitants de la ville…). Un soutien aux aidants est également mis en place par le biais de réunions mensuelles et d’activités aidants-aidés. L’ensemble de ces actions régulières contribue à construire un environnement bienveillant à l’égard des personnes vivant avec un handicap cognitif et permet de « transformer le quotidien en un moment extraordinaire ». Le premier prix, d’un montant de 9 000 euros, a récompensé l’EHPAD La Clairière de Lussy à Bordeaux, pour son projet Odyssée temporelle : un autre regard sur les troubles cognitifs. Une photographe a réalisé des portraits des résidents afin de créer un photomontage dans un lieu évocateur pour chacun d’entre eux. Plusieurs expositions montrant les photos associées aux paroles des personnes malades ont eu lieu, dans l’établissement, dans une médiathèque et une université. En appréhendant différemment l’histoire de vie des résidents, les professionnels ont modifié leur perception de la maladie et leurs pratiques professionnelles. Ce projet artistique montre que faire changer le regard sur la maladie passe aussi par les institutions elles-mêmes et par les professionnels qui y travaillent.

Pour une société accueillante vis-à-vis des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer : prix conjoint Fondation de France – Fondation Mé...

Le deuxième prix, d’un montant de 7 000 €, a distingué l’EHPAD Les 5 sens à Limoges, où résidents et professionnels ont aménagé des jardins thérapeutiques dans les patios. L’établissement a profité de ces jardins nouvellement créés pour s’ouvrir sur l’extérieur et organiser une journée « troc plantes ». Cette journée mobilise les familles des résidents mais aussi des associations locales, des commerçants, une crèche… Tous profitent des plantes pour se retrouver lors d’un moment convivial. Les résidents sont impliqués lors de l’événement mais sont aussi partie prenante de l’entretien des jardins au quotidien. L’établissement impulse un changement de regard sur la maladie en permettant aux personnes malades de donner et recevoir comme tout un chacun. Le troisième prix a récompensé l’EHPAD Bouic Manoury à Fauville-en-Caux (Seine Maritime). Les résidents ont exprimé le souhait d’être plus souvent en lien avec de jeunes enfants. L’équipe a organisé, deux fois par mois, avec la halte-garderie voisine, des temps de rencontre avec les enfants. Lors de ces échanges libres et spontanés, les résidents apprennent des comptines aux enfants et partagent des souvenirs. L’établissement fait ainsi le pari de passer par les jeunes générations pour faire changer le regard sur le handicap cognitif. La construction d’une aire de jeux au sein de l’établissement est en projet afin de permettre aux résidents d’accueillir les enfants « chez eux ». De plus, cette structure s’ouvre régulièrement sur son quartier et les professionnels travaillent dans l’objectif d’en faire un « lieu de vie, un lieu d’envie ».

Mobilisation, soutien et renforcement des capacités sensorielles : Prix des donateurs de la Fondation Médéric Alzheimer (1)

La thématique 2017 récompense des initiatives exemplaires sur la mobilisation, le soutien et le renforcement des capacités sensorielles. Le Grand prix, d’un montant de 8 000 euros, a été décerné au Fil Rouge Alzheimer d’Aubagne (Bouches du Rhône), pour son intervention de socio-esthétique à domicile. Ces séances, gratuites, s’adressent à des personnes ayant des troubles cognitifs et refusant habituellement les soins proposés. Au fil des six semaines d’intervention, une relation de confiance se construit entre la socio-esthéticienne, la personne accompagnée et son proche aidant. L’intervenante favorise l’éveil sensoriel et le bien-être des personnes aidées, ce qui tend à les apaiser et à diminuer leurs douleurs physiques. Au-delà, ces séances permettent à la personne accompagnée et à son proche aidant de sortir de leur isolement et d’envisager plus sereinement la possibilité de nouvelles aides extérieures. Le premier prix, d’un montant de 6 000 euros, a été attribué à l’EHPAD Oihana de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), pour le développement d’une palette d’activités destinées à soutenir les capacités sensorielles. La démarche globale mise en œuvre favorise l’épanouissement des sens. Les activités (gymnastique douce, atelier musical, repas thérapeutiques, toucher-massage, séances de médiation animale, etc.), les formations suivies par le personnel, la création d’une salle Snoezelen (stimulation multisensorielle) ou d’un jardin thérapeutique sont autant de vecteurs pour faire émerger des émotions positives, des souvenirs et favoriser la communication. L’initiative mobilise les salariés et permet d’améliorer l’accompagnement au quotidien.

Mobilisation, soutien et renforcement des capacités sensorielles : Prix des donateurs de la Fondation Médéric Alzheimer (2)

Deux deuxièmes prix ex-aequo, d’un montant de 5 000 euros, ont été attribués. L’EHPAD du centre hospitalier Louis-Pasteur de Bollène (Vaucluse) a été récompensé pour son initiative Les sens en éveil, issu d’une démarche riche, variée et participative. Ateliers cuisine, jardinage, repas thérapeutiques, intervention d’une socio-esthéticienne, séances de médiation animale, « toilettes-massages », douches bien-être, ateliers de contes avec mise en scène et ambiance musicale, sont autant de pistes empruntées par cette équipe. Cette initiative originale aux multiples facettes améliore la qualité de vie des résidents et favorise le renouvellement des pratiques professionnelles. L’EHPAD La Source, de l’Association Isatis à Tours (Indre-et-Loire), propose des séances de socio-esthétique qui s’adressent en priorité aux personnes refusant les soins corporels. Individuelles ou collectives, ces séances favorisent le bien-être et l’apaisement des participants et constituent un support d’échange et de communication. Bien intégrée dans l’équipe, la socio-esthéticienne contribue également à l’enrichissement des pratiques de soin et d’accompagnement.

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