Intergénérations (1)

A Sainte-Apollinaire (Côte-d’Or), près de Dijon, enfants et jeunes couples cohabitent dans un esprit d’entraide avec les anciens : cette résidence collective se veut une alternative à la maison de retraite et un exemple pour la réforme de la dépendance. Outre l’unité de vie pour personnes dépendantes, ce site de 1.2 hectares compte soixante-seize logements occupés à parité par des personnes âgées et des couples avec jeunes enfants, une halte-garderie, un relais d’assistantes maternelles, une salle des fêtes, un restaurant scolaire et un accueil de jour pour personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Pierre-Henri Daure, directeur des établissements de la Fedosad (Fédération des œuvres de soutien à domicile), à l'origine du concept de « Générations », au côté de la mairie de Saint-Apollinaire et de l'Opac (Office public d’aménagement et de construction) de Dijon, explique : « certains disent que ces petites unités de vie ne sont pas viables ou sont trop chères, moi je pense que c'est l'avenir. Le fait d'intégrer des petites unités de vie à la ville, ça banalise la dépendance, ça facilite les coups de main entre voisins, alors qu’une maison de retraite avec cent ou cent cinquante résidents d'un coup, ça fait peur ». Pierre-Henri Daure plaide pour « des unités de vie en réseaux, afin de mutualiser les moyens ». Pour Estelle, animatrice depuis deux ans à l’accueil de jour Alzheimer, les rencontres avec de jeunes enfants, « ça débloque des choses : nos papis et mamies s’assoient sur les petites chaises des enfants, les mots sortent et les enfants timides arrivent à créer des liens. Ça va dans les deux sens ».

AFP, www.lexpress.fr, 15 juillet 2011.

Intergénérations (2)

A Saint-Germain-du-Corbéis (Orne), le Conseil municipal des jeunes a initié un projet d’aide aux personnes âgées. « Puis Amandine a parlé de la maladie d’Alzheimer de sa grand-mère. Après des rencontres à l’accueil de jour Intermèdes pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, est né le projet de construire une jardinière pour stimuler la mémoire des anciens », explique le maire adjoint Catherine El Baz. « Très vite, il a fallu se  doter de l’expertise de spécialistes. L’association d’insertion professionnelle ARSA d’Alençon a étudié la faisabilité du projet », qui a mobilisé un chef d’équipe, un technicien, un menuisier, un ponceur, un vernisseur. L’équipe d’insertion a établi un cahier des charges pour la fabrication de deux jardinières en bois, faciles à déplacer, accessibles à des personnes âgées en fauteuil, avec des problèmes d’équilibre. Les jardinières ont été garnies de plantes aromatiques avec l’aide du conseiller municipal chargé des espaces verts et du potager pédagogique de l’école.

www.ouest-france.fr, 11 juillet 2011.

Intergénérations (3)

Agnès Houston, atteinte depuis quatre ans d’une démence de type Alzheimer, est vice-présidente du groupe de travail écossais sur la démence (animé par des personnes malades). Elle s’est intégrée à Project Ability, un groupe d’art-thérapie de Glasgow. Elle s’y est fait des amis et s’est découvert une fibre artistique. Mais l’activité a changé de lieu, et elle n’habitait plus dans la zone géographique desservie. « Je me suis sentie jetée et rejetée. Je voulais juste me cacher. Mais plusieurs semaines plus tard, j’ai décidé de demander aux autorités locales de m’aider à trouver un groupe similaire. Ils m’ont écoutée, mais ils n’ont pas compris mes besoins et la difficulté à trouver une activité adaptée à des personnes atteintes de démence. Leur philosophie était l’intégration. Mais cela ne marche pas pour tout le monde. Alan est aussi atteint de démence. Nous avons essayé tous les deux d’intégrer une classe d’art ordinaire pendant plusieurs mois, mais cela n’a pas marché pour nous. Nos besoins étaient différents. Nous recherchions un atelier d’art-thérapie alors que les autres participants voulaient améliorer leurs compétences artistiques ». « Un jour », poursuit Agnès, « je suis passée devant le lycée du coin, qui affichait un panneau Art et musique d’excellence. Et voilà ! J’ai contacté le professeur de dessin, qui m’a invité à parler aux élèves et aux professeurs. Tout le monde a ouvert les yeux. Ils ont écouté et répondu avec enthousiasme, et ont dit que nous pourrions travailler ensemble ». Les élèves se sont réellement impliqués : « mon grand-père est atteint de démence. Ce cours de dessin m’aide à m’amuser avec lui. Au début, j’avais peur de m’engager comme bénévole. Mais une fois que je m’y suis mise, la peur a disparu et je sais que ce sont des gens comme les autres », explique Michelle, une élève du lycée St Ambrose de Coatbridge. Alan, personne malade, apprécie : « l’art me relaxe. Il n’y a pas de pression, les enfants et les professeurs sont géniaux. On prend du bon temps, on s’amuse au lieu d’étudier l’art ». Donna, aidante, vient avec ses parents, tous deux atteints de démence : « on s’amuse beaucoup avec mes parents. J’aime aussi rencontrer les autres aidants. Les rires sont éclatants (brilliant laugh), et la réminiscence et les histoires utilisées pour la stimulation sont merveilleuses. Même si le professeur introduit le thème et les encouragements à parler (prompts), ce sont les personnes malades qui mènent l’atelier».  

Houston A. High school comes to the rescue. J Dementia Care 19(4) : 12. Juillet-août 2011.

Intergénérations (4)

Dans le cadre de la journée mondiale Alzheimer du 21 septembre, l’Association monégasque pour la recherche sur la maladie d’Alzheimer (AMPA), avec plusieurs autres associations (Trait d’Union à Cannes, France Alzheimer 06, le centre Speranza-Albert II et la filière gériatrique du centre hospitalier Princesse Grace), préparent, de Menton à Cannes, un lâcher de huit cents cerfs-volants. Les cerfs-volants ont été préparés par des ateliers de création au centre Speranza-Albert II, par groupes de deux, un patient et un enfant, la peinture des cerfs-volants étant prétexte à partager un moment d’affection et d’échange.

Monaco Matin, 27 juillet 2011.

Unité de post-urgences d’orientation gériatrique

Au CHU de Nancy, une unité de post-urgences d’orientation gériatrique de douze lits a été installée près du service de gériatrie. Elle propose, avec une équipe volontaire, une prise en charge rapide et spécialisée (gériatrie et gérontologie) des personnes âgées de plus de soixante-quinze ans, polypathologiques et fragiles, arrivées aux urgences de l’hôpital et nécessitant une hospitalisation courte pour faire une première évaluation. Le réseau CHU de Nancy précise que « la création de l’unité PUOG répond à la nécessité de gérer l’affluence croissante aux urgences de patients âgés de plus en plus fragilisés et de moins en moins autonomes, de compenser la suppression de lits liée aux réorganisations de l’hôpital, et d’éviter la dispersion de ces personnes et leur immobilisation en dehors de toute prise en charge médicale gériatrique. L’équipe comprend un praticien hospitalier, un assistant-attaché, un interne, une assistante sociale et une secrétaire, ainsi qu’une équipe paramédicale composée d’infirmiers diplômés d’Etat, d’aides-soignantes et d’agents de service hospitalier.

www.agevillagepro.com, 11 juillet 2011.

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