Ateliers créatifs : une bulle où on se sent bien

Depuis novembre 2011, Cécile Davidiaz, animatrice à la maison de retraite La Côte-Dorée à Beaune, et le peintre Bruno Cortot, organisent un atelier d’expression artistique pour des personnes désorientées, atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies apparentées. « Chaque jeudi, jusqu’à huit résidents viennent participer à l’atelier peinture. Il s’agit d’un moment d’apaisement pour la plupart d’entre eux, une petite bulle où ils peuvent parler et se sentent bien », confie Cécile Davidiaz, fière du travail réalisé par « ses protégés » : « certains résidents ont dessiné des tableaux en une heure, un autre a mis trois ans pour en réaliser un seul. Chacun évolue à son rythme et selon son humeur », explique-t-elle. Pour Bruno Cortot, « chaque séance est différente avec, à chaque fois, une découverte de leur côté mais également du nôtre. Au départ, nous discutons de tout, de leur passé, de leur vie ou de ce qu’ils aiment. Puis, ils se lancent dans la création. Certains ressortent des souvenirs à travers leurs dessins, d’autres s’expriment de manière abstraite. C’est une véritable découverte ». Le Lions-Club de Beaune a aussi participé à cette initiative en achetant du matériel. Après cinq ans de travail, les résidents ont exposé leurs œuvres à la Maison de l’intercommunalité de Beaune.

www.bienpublic.com, 13 janvier 2013.

Ateliers créatifs : le lien intergénérationnel

Rhiannon Lane, animatrice spécialisée dans la petite enfance, a vu un jour son grand-père, atteint de troubles de la mémoire, s’animer soudainement et se mettre à jouer avec sa petite fille de cinq ans. Elle lui apportait des objets avec lesquels elle pensait que tous deux pouvaient jouer ensemble ; parfois il pouvait participer, parfois non, mais il essayait toujours. Cela a donné l’idée à l’animatrice d’adapter des jeux pour enfants de maternelle à des adultes, dans le cadre d’ateliers créatifs. « Cela m’a frappée que les personnes atteintes de démence vivent « ici et maintenant », comme les jeunes enfants. » Avec le soutien de la Royal Society for the Arts, elle a conçu un atelier intergénérationnel de cinq semaines, associant une école maternelle et un service d’aide à domicile à Westminster.  La première semaine, les ateliers sont menés séparément dans chacun des groupes, pour que les participants se familiarisent avec les animateurs. Les enfants ont créé des poésies à l’intention des adultes, afin que ceux-ci créent une histoire à partager avec les enfants. Les quatre séances suivantes sont organisées en commun, sur les thèmes de la mer, de Wimbledon, du cirque et de l’espace. L’activité cirque, par exemple, comprenait l’échauffement de l’acrobate, des chansons sur le cirque, et une compétition de chamboule-tout. Une évaluation a été faite par l’Université du Middlesex, montrant notamment le développement de liens d’amitié entre les participants, le renforcement de l’estime de soi chez les personnes âgées et le sentiment qu’elles sont encore capables de faire quelque chose.

Lane R. Creating community across generations. J Dementia Care 2017 ; 25(1) : 22-23, janvier-février 2017.

L’action des bénévoles, en complément de celle des professionnels

L’Inattendu, le journal du pôle ressources de l’association les petits frères des Pauvres, consacre son numéro de décembre 2016 à l’accompagnement à domicile d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer. « Cette perspective pourrait éveiller en nous une triple peur : celle de se retrouver seul à domicile face à une personne dont nous aurions du mal à comprendre le comportement, et qui pourrait ne pas nous reconnaître la semaine suivante », résume Etienne Hervieux, directeur des ressources pour l’accompagnement. L’association a mis en place, fin 2007, sur la rive gauche de Paris, une action d’accompagnement à domicile (Aloïs) pour des personnes isolées, atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée, et leurs éventuels proches en difficulté. Il s’agit de les accueillir, les écouter, les informer, les orienter, les accompagner mais également les rassurer, par des visites régulières à domicile, des points téléphoniques réguliers et des sorties personnalisées et collectives. Mais, au domicile, interviennent des professionnels pour soigner, accompagner et apporter de l’aide (médicale, médico-sociale, juridique, économique…) Comment bénévoles et professionnels peuvent-ils agir de manière concertée pour une même finalité : améliorer le quotidien des personnes âgées isolées ?, s’interroge Alain Bérard, directeur adjoint de la Fondation Médéric Alzheimer. « Les représentations sociales du bénévole ont bien évolué en l’espace des sept dernières années », explique-t-il. « Le bénévole n’est plus l’amateur qui donne de son temps et qui, par son inexpérience, peut constituer un fardeau supplémentaire à gérer par le professionnel. D’un simple amateur, le bénévole est devenu un initié dont la reconnaissance et l’expertise s’acquièrent sur le terrain. » Allié précieux du professionnel, il doit cependant rester à sa place auprès de la personne accompagnée, pour éviter la confusion des rôles.

L’Inattendu, décembre 2016.

Retour haut de page