Échec et mat

« De par ses capacités cognitives stimulantes, le jeu d’échecs trouve sa place dans la prévention de la maladie d’Alzheimer », écrit la Fédération française des échecs, soutenue par le ministère des Sports. En juillet 2016, dans le cadre de la lutte contre la maladie d’Alzheimer, le centre d’investigation médicale appliquée (CIMA) et l’Université de Navarre avaient organisé à Pampelune (Espagne) un premier tournoi open international solidaire du jeu d’échecs (Jaque Mate - Torneo internacional solidario de ajedrez). Une deuxième édition aura lieu en juillet 2017. Les fonds recueillis seront destinés à la recherche sur la maladie d’Alzheimer. Doté de près de vingt mille euros, le tournoi se disputera à l’Université de Navarre, en parties rapides. 

Adopté

L’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) L’Age d’or à Beauvais (Oise) a adopté Moustique, un chat, à l’initiative de Montserrat Chambrelant, aide médico-psychologique. La décision a été prise en observant les effets bénéfiques de la présence de deux chats, au rez-de-chaussée de l’établissement, depuis plusieurs années. Dans l’unité spécifique Alzheimer, les personnes « ont souvent des moments d’angoisse au coucher ou à la nuit tombée. Nous avons donc eu l’idée de prendre un animal de compagnie pour les apaiser. » Le chat Moustique, adulte et habitué à rester en appartement, était candidat à l’adoption après la séparation de ses anciens maîtres. Il s’est bien adapté à sa vie au milieu des résidents, prenant même largement ses aises. L’animal a le droit de déambuler dans les pièces de vie et les chambres, pour le plus grand plaisir de certains. « Le matin, on le retrouve dans des lits et dans la journée, il peut rester plusieurs heures sur les genoux des résidents », constate l’aide médico-psychologique. Lors de la visite de la journaliste Camille Pineau, de La Voix du Nord, les conversations tournaient autour du chat. « J’ai peur qu’il s’échappe par une fenêtre ouverte », s’inquiète une dame. « C’est une présence », renchérit une autre. C’est surtout un créateur de liens entre les personnes âgées, toujours à chercher Moustique. « Sa présence détourne les conversations, y compris des familles. Au lieu de parler tout de suite de la maladie de leurs parents, ils arrivent en demandant où est Moustique. » À l’heure du coucher, le chat « calinothérapeute » est amené dans les chambres des résidents les plus angoissés, pour leur apporter un peu de calme et de relaxation. « Ça marche », observe la journaliste. « D’ailleurs, l’ensemble des activités proposées dans l’unité apaise considérablement les peurs des retraités, d’autant plus fragiles du fait de la maladie d’Alzheimer. L’unité n’a jamais recours aux psychotropes. »

Allo Alzheimer

Créé par AG2R La Mondiale, en partenariat avec l’Institut de la maladie d’Alzheimer et SOS Amitié Aix-Marseille, Allo Alzheimer (0970 818 806) est une antenne nationale d’écoute téléphonique. « Elle a pour vocation de soutenir et d’informer, à travers une écoute attentive et anonyme, les personnes touchées de près ou de loin par la maladie. L’antenne Allo Alzheimer met à disposition une équipe de bénévoles formés à l’écoute et aux spécificités de la maladie d’Alzheimer. » Le service est ouvert sept jours sur sept, de 20h à 22 h.

www.allo-alzheimer.fr, 20 juin 2017.

Buvons, buvons...

« C’est l’ennui qui prévaut : nos résidents, surtout ceux porteurs d’une maladie d’Alzheimer, se maintiennent à l’écart du flux de la vie, ne sachant pas comment s’occuper. Il n’y a pas assez de "vie" : le personnel d’animation, quand il existe, a des difficultés à satisfaire les personnes, avec absence de convivialité, rivalités entre résidents... L’infirmière est confrontée à des difficultés pour solliciter les résidents à s’hydrater quand on connaît la diminution de sensation de soif à cet âge. L’aide-soignante, qui vit le plus avec le résident, est évidemment confrontée à cet ennui. Quant à l’agent de service hospitalier, il a peu d’occasion de communiquer avec les résidents », écrivent Sophie Neguadi, du service de gériatrie du centre hospitalier de Béziers, et ses collègues de l’hôpital de Bédarieux (Hérault), en charge de soixante-six résidents de l’EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgés dépendantes). « Nous avons créé, à la place d’un lieu inexploité qui servait de réserve "bric à brac", un bistrot. Il s’agissait de redonner vie à ce lieu sans intérêt, à proximité d’un salon de coiffure et d’esthétique ainsi que d’une grande salle de spectacle. Ainsi, nous avons pu compléter des allures de village » expliquent les professionnels. « Béziers étant la capitale de l’Ouest-Hérault, grande région vinicole, la démarche a été celle de la construction d’un bar à partir de palettes - le bois a été offert par les commerces de Béziers ; des dons de familles et de soignants ont permis d’obtenir le mobilier et de faire la décoration. L’activité a été suivie par certains résidents et il y a eu volonté d’un travail interdisciplinaire soignant. Cette activité créative a abouti, en décembre 2015, à la création d’un bistrot sans alcool, dissuasif vis-à-vis des fréquentations de certains résidents de l’extérieur, et avec volonté d’hydratation non contrainte. L’envie de se mobiliser, de fréquenter le bistrot chaque jour, a ainsi été suscitée. L’ouverture a été facilitée certaines journées par les bénévoles de la Visite médicale des établissements hospitaliers et de la Croix-Rouge. » Pour sept des dix résidents de l’unité d’hébergement renforcée, le retentissement sur la charge en soins, variable mesurée par les soignants, est passée de « modéré » à « allégé ».

Neguadi S et al. Le Bistrot, ou cocktail de bienveillance en EHPAD. Rev Gériatr 2017 ; 42(4) : 251-252.  Avril 2017.  www.revuedegeriatrie.fr(texte intégral).

Des Trois-Rivières aux Trois Fleuves : l’approche Carpe Diem s’exporte en Chine

« Après la France, la Suisse et la Belgique, c'est maintenant au tour de la Chine de s'intéresser à l'approche développée par le centre de ressources Alzheimer Carpe Diem (Trois-Rivières, Québec) ». Sa fondatrice et directrice générale, Nicole Poirier, collabore avec un groupe chinois qui a pour mission de développer des maisons d'hébergement pour des personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer, pour les aider dans leur réflexion et dans la conception des plans de ces futures maisons. « Plusieurs pays qui font face au vieillissement de la population s'intéressent de plus en plus à notre modèle », remarque-t-elle. « Les Chinois sont reconnus pour être très respectueux de leurs aînés, mais ils se rendent compte que le respect et l'amour, ça ne suffit pas. Il faut aussi des connaissances et développer de nouvelles méthodes. On est petit, mais on rayonne beaucoup parce que notre approche peut s'appliquer partout. » La démarche Carpe Diem met en avant la mise en capacité des personnes malades : « on ne veut pas heurter l'estime de soi de quiconque. C'est la base de notre philosophie », explique Nicole Poirier. « C'est notre objectif et pour l'atteindre, on encourage les gens à accomplir des choses au lieu de leur proposer de les aider ou de le faire à leur place. Plus on aide quelqu'un et plus on fait les choses à sa place, plus cette personne perd son autonomie. »

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